Syndicat CGT
INSEE PICARDIE

Compte rendu de la réunion Syndicat CGT - Direction de l'INSEE PICARDIE du 18 mai 2004

 

1°) Réorganisation de la diffusion

La direction a présenté et justifié sa réforme de la diffusion à l'INSEE PICARDIE avec la mise en place du service INSEE Contact à partir du 15 juin en Picardie, c'est-à-dire la fin de la réponse téléphonique et à Internet à Amiens. Cela aurait pour conséquence d'élargir notre " offre de service ", en allant plus vers l'extérieur " porter " l'offre, tout en maintenant l'accueil du public. La " concertation " avec le personnel du SED aurait permis de mieux définir certains postes : poste de communication externe, conception et réalisation des publications Intranet-Internet réparties sur l'ensemble de la CREAO et non sur un poste. Bref, hormis un certain malaise dû au changement, tout va bien.

Nous avons fait remarqué qu'il était impossible de discuter d'une réforme déjà actée. De plus, plutôt que de la réforme, l'important est de parler de ses conséquences. D'une part, cela conduit à supprimer des postes de travail et rien ne garantit du travail pour tous dans les postes restants. D'autre part, ceux qui ont décidé la réorganisation ne seront plus là pour l'assumer et l'avis de ceux qui leur succèdent n'est pas pris en compte. Or, une organisation, c'est autant les personnes qui y participent que la structure elle-même. Il est vrai qu'à l'INSEE, les personnels sont de moins en moins pris en compte.

Il en va de même pour les publics. L'expérience du service INSEE Contact (PIC) montre une perte importante d'appels téléphoniques. Il est vrai que le " service " se limitant à renvoyer sur Internet, on ne rappelle pas 2 fois ! De plus, les PIC renvoient sur les PAPI (sorte de Relais de l'INSEE) les personnes qui, comme 70% de la population, n'ont pas Internet. Mais, là encore, les centres d'appel que constituent les PIC donnent des listes de lieux mais sont incapables de répondre aux demandeurs sur la localisation du PAPI plus proche ! Enfin, c'en est fini du travail d'assistance et de conseil à l'usager. Seul désormais compte de faire de la publicité pour nos produis et cibler les " vrais " acteurs du débat public (d'où l'hypothèse de ramener le BI dans le bureau CREAO, voir § 4 sur les locaux).

Refusant cette réforme réalisée sans concertation, nous avons simplement demandé quelques engagements à la direction :

* il y aura-t-il maintien des effectifs et du travail pour toute la diffusion dans les 3 ans à venir ? REPONSE : Comme l'accueil physique devrait encore diminuer (on fait tout pour !), que l'on ne connaît pas les résultats du portage de l'offre, pas d'engagement sur la charge de travail. Pour les effectifs, ils seront maintenus, sauf si la direction générale décide de fermer les BI !

* les publications écrites seront-elles maintenues ? En effet, nous sommes inquiétés de la note de la DG demandant une " harmonisation des offres d'abonnements " (plus qu'une seule offre en région) et du fait qu'elle indique que s'abonner aux " 4 pages " papier est " coûteux ". A noter qu'on avait abandonné, il y a quelques années, les revues pour les " 4 pages " pour aller à l'essentiel. Désormais, l'essentiel semble se résumer à rien ! Il faut enfin savoir que ces directives DG sont la déclinaison du plan ADELE (Administration ELEctronique) de Raffarin en février dernier : tout sur Internet pour faire des économies et supprimer des emplois. Or, on sait que le tout Internet signifie souvent un moindre travail de mise en forme des publications, avec la mise en ligne de textes non maquettés. REPONSE : pas d'informations en ce sens mais l'abandon est possible. Si tel est le cas, la charge de travail de fabrication serait maintenue.

* le nombre de sources pour lesquelles les personnels de diffusion des DR auront le droit de réaliser des produits sur mesure pour répondre à des demandes précises risque d'être limité. L'équipe de la DR, qui a un savoir-faire en ce domaine, pourra-t-elle continuer quand même ? Il en va de l'intérêt du travail et de la reconnaissance de l'investissement réalisé pendant des années. REPONSE : la direction espère que cette possibilité restera offerte et a fait remonté à la DG des remarques en ce sens.

2°) Travaux de la DR

Plus généralement, nous avons abordés l'ensemble des travaux de la direction régionale (DR). En effet, sachant que 3 personnes supplémentaires arriveront en septembre (2B et 1 C non INSEE), il nous apparaît important d'obtenir du travail pour tous (sauf si on mise sur une baisse des effectifs dans les prochaines années, faute de remplacement des mutés !). Or, parallèlement, le pôle " Bassin parisien " disparaît du fait de l'INSEE (que deviennent ceux qui y travaillaient ?) et une récente note ne classe plus " Insee en Direct " parmi les pôles. D'ailleurs, le nouveau choix de la DG est d'aller vers la concentration des pôles autour d'équipes importantes. Enfin, le retour du pôle CNGP doit être, pour nous, l'occasion d'y affecter les effectifs à la mesure de la charge de travail (y compris pour la régie).

De même, pour développer les partenariats pour élargir les travaux de la DR ou en créer de nouveaux, il faut mener une politique dynamique et s'en donner les moyens ce qui ne nous semble pas être toujours le cas : exemple de l'extension de l'enquête IVQ, non exploitation du rapport du CESR sur les besoins statistiques, etc.

La direction estime que la sous-charge de travail de la DR n'est très importante et que cela est du en partie au fait d'avoir des équipes performantes que, du coup, on n'arrive pas à occuper à plein temps ! De plus, elle souhaite développer une plus grande flexibilité du personnel en fonction du travail disponible. Pour les pôles, elle reconnaît que c'est bien la DG qui refuse de poursuivre le pôle, attendant une clarification de l'organisation des partenaires et une demande de travaux clairement exprimée. En attendant, la DR va essayer de se positionner sur un nouveau pôle, plutôt de production (enquêtes coût de la main d'œuvre et structure des salaires ?)

3°) Règlement intérieur

La direction informe qu'une mise à jour du règlement intérieur est en cours. Il s'agit, dit-elle, simplement de tenir compte de l'évolution de la législation comme, par exemple, le compte épargne temps, le congé parental, la cessation progressive d'activité, etc.

L'examen des modifications confirme cela. Toutefois, de petits changements n'ayant rien à voir avec l'évolution de la législation ont été introduits. Ainsi, la fin de la plage variable passerait de 18H30 à 19H. Pourquoi pas, sauf qu'il est dommage que les horaires de la DR varient selon les besoins des différentes directions, pas selon les demandes des personnels. Les dispositions relatives à la fermeture de la DR, avec crédit d'une heure, les veilles de fêtes légales sont introduites dans le règlement intérieur. Enfin, rien n'étant indiqué pour certains cas comme les retards des moyens de transport, la direction souhaitait que cela soit examiné et arbitré par chaque chef de division. Nous nous y sommes opposés, demandant que cela reste du domaine du service du personnel, afin d'éviter un traitement différent pour une même situation. Du coup, la décision n'a pas été actée.

Plus généralement, cette dernière proposition va dans le sens de faire assurer plus de gestion administrative aux chefs de division (voir le nouveau système de notation) pour les impliquer plus dans les choix faits (sans eux !) par la direction.

4°) Locaux

L'INSEE Picardie dispose de 50.000 € pour faire des études et la promesse de 250.000 € pour faire des travaux afin de réaménager les locaux. Cela est indépendant du ravalement de façade qui devrait avoir lieu bientôt et des travaux de la salle informatique qui permettraient à chacun de pouvoir accéder aux imprimantes, seul l'accès aux serveurs étant alors sécurisé.

L'objectif du réaménagement est, dit la direction, d'accueillir correctement les 120 personnes (à terme) de la DR et de favoriser le rapprochement des personnes d'un même service. Quatre hypothèses vont être étudiées :

* Le RP reste dans ses locaux actuels et une porte donnant sur la cour intérieure serait percée.

* Le RP irait à la place des locaux des Services sociaux qui devraient être entièrement réaménagés. Il faudrait aussi reloger les Services sociaux.

* Le RP et le Bureau d'information (BI) réduit cohabiteraient dans les locaux actuels du BI et une salle de réunion serait créée au sous-sol.

* Le RP irait dans les locaux de l'actuel BI (salle d'accueil et bureaux) qui irait à la place de la CREAO. Le SED (hors BI) serait regroupé au 3ème étage et les locaux communs (mutuelle, visioconférence, syndicat, cafétéria, salle de réunion) seraient au sous-sol (y compris les Rendez-vous de l'INSEE !).

De toutes ces propositions, seule la première nous satisfait. C'est celle qui garantit le plus de surface de locaux et demande le moins de dépenses. Quant aux 3 autres solutions, elles s'inscrivent, pour nous, dans une logique de réduction de dépenses (il faudrait faire l' " économie " de la location des locaux RP) avec réduction des surfaces et des travaux, notamment au BI, ce qui confirme nos inquiétudes à propos de la réforme du SED et de l'absence d'engagement de la direction en la matière (voir le 1°)).

5°) Budget

Faute de chiffres, nous n'avons pas pu discuter de l'état d'avancement des dépenses, encore moins de savoir quelle serait notre marge de manœuvre cette année. On peut toutefois être inquiet quand on sait les fortes restrictions qui ont touchées l'informatique, que les reports de crédits 2003 ont été retirés et le fait que, si 80% de notre budget 2004 nous ont été délégués, on parle d'un éventuel nouveau gel budgétaire. De la même façon, les dépenses de déplacement ou d'affranchissement sont suivies de près. Aussi, nous avons demandé à reparler rapidement du sujet avec informations chiffrées à l'appui.

En matière budgétaire, l'INSEE Picardie s'est portée volontaire pour expérimenter en 2005 la LOLF, autrement dit la nouvelle gestion budgétaire qui globalise les crédits. Concrètement, cela veut dire que l'ensemble des demandes de crédits 2005 devra être validé en septembre 2004. Sachant que ces demandes supposent des choix en matière d'orientations de travaux, nous avons là aussi demandé une réunion rapide sur le sujet et une information du personnel. Cette préparation du budget est d'autant plus importante que, une fois fixé, on ne pourra plus toucher au budget 2005. Cela signifie que, si pour un travail donné, on s'aperçoit en 2005 que les moyens manquent, soit on ne fera pas, soit on prendra sur un autre travail ou des fournitures !

6°) Formation

Le bilan 2003 de la formation à l'INSEE Picardie montre une hausse du nombre de personnes n'ayant pas suivi de formation, mais le nombre global de formations reste important. Plus inquiétantes sont les perspectives 2004. En effet, la faiblesse du budget (9000 €) ne permettra pas de faire appel à beaucoup d'intervenants rémunérés. De même, les 3 orientations définies par la direction de l'INSEE PICARDIE (qui les connaît à la DR ?) sont le déploiement d'OCRE (politique des intermédiaires et du " Service universel ", communication, outils informatiques), la maîtrise des nouvelles technologies (Intranet, Outlook, Internet, gestion du courrier et des congés), le management autour des contrats d'objectifs par service (séminaire conduite de projet, évaluation de projets et animation de réunion pour les chefs de division, pilotage des travaux, conduite d'entretiens d'évaluation). Outre le fait qu'elles reprennent pour partie les objectifs 2003, notamment pour les priorités 1 et 2, ces orientations privilégient de plus en plus l'organisation au détriment des formations techniques. De même, les formations organisationnelles se font surtout pour répondre aux besoins de la direction et la hiérarchie, non au fonctionnement courant. Si bien qu'on peut douter que le personnel retrouve ses souhaits ou besoins de formation dans les orientations 2004 telles que la direction de l'INSEE Picardie les a définies !

Une des raisons est sans doute aussi que la concertation avec le personnel sur leurs besoins en formation a été insuffisante au sein des services, voire inexistante parfois.

Enfin, nous avons demandé que la formation générale, de moins en moins présente, soit développée. Cela peut aider tant pour les concours que pour le travail quotidien. De même, nous avons souhaité que des formations comme les stages de conduite, les formations à la pédagogie et au partenariat, soient élargies à de nouvelles personnes de la DR et pas limitées en fonction d'un travail précis.

A noter que les préparations à certains concours internes (contrôleur principal à Rouen) vont se faire en interrégion … s'il y a assez de frais de déplacement ! Cela pose le problème de ceux qui ne peuvent se déplacer.

7°) Divers

* Vacataires : nous avons demandé que la direction de l'INSEE Picardie réponde rapidement aux candidatures recueillies pour les postes de vacataires. En effet, des jeunes ont postulé pour plusieurs emplois et souhaitent savoir si l'INSEE les retient ou non. La direction, qui a réaffirmé son choix de ne plus privilégier les enfants du personnel, souhaiterait tester les candidats. Faute de temps et de critères, cela ne se fera pas cette année. La direction s'engage à donner sa réponse fin mai et choisit de ne prendre que 2 vacataires pour un mois chacun.

* Mutations : lors de la réunion, le choix de la direction n'était pas arrêté. De plus, les critères ainsi que la méthode (personnes devant postuler car leur poste est supprimé, postes nouveaux non ouverts, sollicitation de candidats pour des postes qu'ils n'ont pas demandé, etc.) n'offrent pas des conditions de transparence suffisante pour pouvoir discuter du sujet.

* Autres : faute de temps, la discussion s'est limitée aux sujets choisis par la direction, sauf sur l'adéquation de la charge de travail et des effectifs (du travail pour tous) car nous avons insisté sur ce point. Mais nous aurions souhaité parler du budget, de la notation - évaluation et de son organisation à Amiens, du conflit des enquêteurs qui demandent une juste rémunération de l'enquête ERCV (enquête sur les ressources et conditions de vie), de l'hygiène et la sécurité, ou encore discuter de sujets avant que tout soit déjà bouclé (réforme du SED, priorités de la formation). Bref, revenir à la racine du dialogue social où il y a d'abord dialogue et non monologue !