Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
1er février 2005

 

 1°) Locaux

Les réformes de la Fonction publique passent, la langue de bois reste. Ainsi, on est en train de réécrire l'histoire du relogement des Services sociaux.
En effet, le point de départ de cette affaire est l'extension de la Trésorerie située au 1er étage d'Amiens 2, qui souhaite louer 300 m² de locaux au 3ème étage d'Amiens 2 pour créer une salle de repos et une salle d'archives. Mais, comme elle n'a besoin que 100 m², elle cherche un autre locataire pour occuper les 200 m² restants. D'où l'idée d'y transférer les Services sociaux.
Idée géniale avec un léger problème : vu le coût, l'accord du ministère sera difficile à avoir. Aussi, il faut présenter l'affaire autrement. Ainsi, le déménagement des Services sociaux devient impératif car " l'INSEE souhaite récupérer les locaux de la délégation des services sociaux, pour répondre à des besoins de superficie liés à un accroissement de ses effectifs ". Dans le compte rendu du conseil d'administration de ces services sociaux, on apprend même que " l'INSEE voit croître ses effectifs : de 80 à 115 en 2005 !
Naturellement, avant cette " demande ", il n'a jamais été question, pour l'INSEE PICARDIE, de récupérer ces locaux. De plus, il n'est pas prévu d'accueillir 25 personnes en 2005. On aura déjà beaucoup de mal à atteindre l'objectif prévu de 115 personnes à la DR, soit 3 personnes de plus qu'actuellement !
Mais peu importe la réalité. Il faut des locaux pour le Trésor, donc, tous les moyens sont bons. Y compris en payant au prix fort : pour l'INSEE, les simples prémices (frais d'aménagement des nouveaux locaux du Trésor et étude des travaux pour reloger la divisions RP et une salle de réunion) s'élèvent à 65.000 euros. Presque l'équivalent de 3 ans de location des locaux RP et salle de réunion avant même d'avoir fait la moindre chose ! Et le plus cher, les travaux, reste à venir. Cela montre qu'une fois de plus, il n'y a pas d'argent, sauf pour les caprices de la direction.
En tout cas, deux grands absents dans cette affaire : la concertation (nulle) et la prise en compte des conditions de travail des personnes concernées par le déménagement, tant côté RP que services sociaux.

2°) Entretiens d'évaluation

Malgré la forte " communication " autour du sujet, la direction de l'INSEE ne peut masquer ses difficultés à propos des entretiens d'évaluation. Pourtant, c'est devenu LE projet prioritaire de la direction, avant même certains travaux. Globalement, les refus d'entretien sont importants, mais minimisés volontairement par la direction, y compris à l'INSEE PICARDIE où la dizaine de refus déjà enregistrés a été traduite (selon la police, comme on dit) par 2 ! D'ailleurs, pour répondre à une question posée par certains, on a connaissance de ses objectifs 2005 sans être obligé de faire l'entretien. Mais les réactions de ceux qui les ont acceptés sont aussi intéressantes : objectifs " folkloriques ", " irréalistes " pour certains, " je n'en sais pas plus sur ce que je ferai cette année ", " mon objectif : réussir ce que je fais depuis des années, je ne suis pas plus avancée " pour d'autres.
Et la notation là dedans. Vous qui avez atteint plus que correctement vos objectifs 2004, serez-vous pour autant mieux noté(e) ? Pour la moitié d'entre vous, on le sait d'avance : c'est non. Pas de bonification. Pourtant, ce système d'objectifs est fait pour justifier cette note, ce qui montre son absurdité. En tout cas, si votre note (bientôt connue) ne vous satisfait pas, vous pouvez toujours demander à votre chef de service son avis sur la question des fois qu'il n'est pas jugé utile d'aborder ce thème avant. Mais, pour ce sujet, on sait déjà que l' " incitation " à avoir un entretien sera beaucoup moins forte. Ce n'est pas dans les " objectifs " de la direction de l'INSEE.

3°) Nettoyage des locaux

Pour " faire des économies ", le ministère de l'Economie souhaite " globaliser " ses marchés de nettoyage des locaux. En clair, au niveau de chaque région, les administrations des Finances devront harmoniser leurs pratiques et contrats pour obtenir les meilleurs prix. Si l'idée peut paraître bonne, cela ne sera pas sans conséquence. Ainsi, si à terme, les marchés de nettoyage sont globaux, ils ne pourront qu'être offerts à des sociétés d'envergure régionale ou nationale. Toutes les petites sociétés seront écartées. Même si l'expérience de l'INSEE PICARDIE montre que, souvent, ces sociétés sont peu respectueuses des conditions de travail et des droits de leurs salariés pour gagner des marchés face aux grandes entreprises du secteur, on ne peut que s'inquiéter de cette évolution qui, de fait, va favoriser les grandes entreprises (mais n'est-ce pas l'objectif ?). De plus, cette volonté de l'Etat de tirer les prix vers le bas se fera toujours sur le dos des salariés de ces entreprises : ils devront faire plus et mieux en moins de temps sans être mieux payés ! Enfin, les besoins spécifiques de nettoyage d'un lieu ou d'une entreprise seront sans doute plus difficiles à faire prendre en compte.

4°) Divers

* Prime de " performance ". L'ex ministre des Finances, Sarkozy, a instauré une prime de performance. Son but est de mettre en concurrence les administrations des Finances et, au sein de ces administrations, les équipes entre elles. L'équipe la plus méritante gagnerait 400 euros pour l'année pour chacun des membres la composant ! Demain, à cause de ce système, le directeur régional pourra ainsi distribuer ses bons points, au détriment des autres naturellement. Car, cette mesure se fera en effet à coût constant. Aussi, cela pourrait conduire à supprimer les NBI locales, ces points d'indice attribués pour un an (10 par mois pour un C, 15 pour un B) pour des travaux désignés par les directeurs des DR. Ce système de NBI était déjà injuste (on prend l'argent pour le donner à certains seulement), mais nous avons veillé justement, à l'INSEE PIXARDIE, à ce que cette NBI locale permette d'essayer de " rattraper " celles et ceux qui étaient systématiquement exclus des NBI nationales. Sans doute qu'on a jugé à la DG ce système pas assez discriminant.

* Coucou, vous êtes surveillé(e). L'Etat a mis en place la charte Marianne, visant à " un accueil facile, courtois " et une " réponse compréhensible dans le délai annoncé ". Cette politique dont le slogan pourrait être " faire plus et mieux à effectifs réduits, en étant payé moins " va être testé dans 3 régions, dont la Picardie. Des appels, visites, courriers ou courriels " mystères " vont être réalisés par la Sofres (heureusement qu'il y a le public pour enrichir le privé !). Ce sera peut-être l'occasion, pour le ministre, de s'apercevoir que l'usager INSEE atterrit à l'autre bout de la France et se voit renvoyer sur Internet, en toute courtoisie.

* Election en CAP. Suite aux décès et promotions de certains élus de catégories B, de nouvelles élections pour désigner les représentants du personnel de catégorie B (contrôleurs 1ère et 2ème classe et contrôleurs principaux) en commission administrative paritaire (CAP) aura lieu, en DR, le 29 mars 2005. Pour les absents ce jour là, il y a possibilité de voter par correspondance. Nous y reviendrons avec, notamment, une présentation de nos propositions et candidats.

* Lolf story. Petite histoire suite à la mise en place de la gestion globalisée du budget annuel de la DR (la LOLF). Le chef de SAR : " tu pars quand en retraite ? ". L'ancêtre : " j'sais pas, on verra ". Le chef de SAR : " Faut savoir. C'est important. Si tu pars avant la fin de l'année, je pourrai utiliser ta paye non dépensée pour réparer la fuite des toilettes, si tu pars cet été, on pourra refaire aussi les bureaux ! Alors, décide-toi. " L'ancêtre : " Comme le ministre de la Fonction publique a dit que les retraités de son ministère étaient une charge pour la société, j'vais rester. ". Tant pis pour les travaux !

* Sous-traitance à tout va. Lors d'une demande de connexion à Internet à l'INSEE, il y a un filtrage sur le contenu des sites. Si vous voulez aller sur les sites d'extrême droite ou sur ceux pour boursicoter, pas de problème ! Il est vrai que l'INSEE, avec son habitude de tout sous-traiter, a confié cette mission de filtrage à France Télécom ! Pourtant, il pourrait modifier les sites autorisés ou interdits. Mais, dit-il, ce n'est pas sa " mission ".

* T'as pas 100 balles pour ma mission. On savait que notre ministre de la Fonction publique avait du mal à " apprécier " notre réalité. Mais le fait de vivre au crochet de l'Etat qu'il critique tant lui fait oublier qu'avec 38,11 euros de frais de mission, " ses agents " ont bien du mal à trouver à se loger correctement en déplacement. Alors, à quand une réévaluation des indemnités de déplacement.