Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
1 juin 2006

 

1°) La formation est-elle encore une priorité à l'INSEE PICARDIE ?

En matière de formation, des décisions prises récemment à l'INSEE PICARDIE nous font douter que la formation y soit une priorité. En effet, outre un budget très restreint et, en tout cas, non conforme aux besoins de la direction régionale, le temps consacré à la formation est de plus en plus souvent remis en cause ou contesté.

Le premier cas est celui des personnes préparant des concours internes (contrôleur, contrôleur principal). Le choix que les préparations se fassent hors Picardie est celui de l'INSEE, pas des candidats. Ainsi, dans la région, certains sont obligés, selon les cas, d'aller à Lille, Rouen, Paris pour ces préparations. Certes, la réussite des candidats sera individuelle, mais elle bénéficiera aussi à la DR. Il est donc indispensable que ces formations soient encouragées. Tel n'est pas le cas aujourd'hui. En effet, pour les personnes allant par exemple à Rouen actuellement, on ne compte qu'un déplacement aller-retour, même lorsqu'ils en font parfois 3 dans la semaine. Aussi, nous demandons que le temps réel de déplacement soit crédité. Cette décision ne ferait d'ailleurs que se conformer aux pratiques d'autres DR confrontées à pareille situation. Dans ce domaine, la CGT demande aussi, au plan national, une rotation des centres de préparation afin que ce ne soit pas toujours les mêmes DR qui soient obligées de se déplacer, pour garantir l'égalité des chances entre candidats.

Le second cas concerne l'accès aux formations. Nombre des nouveaux contrôleurs arrivés en mars à la DR ont été affectés aux Etudes. Le fait pour eux de connaître l'outil cartographique MapInfo est donc important. D'ailleurs, cette formation était jusqu'en 2005 incluse parmi celles dispensées à Libourne. Pas en 2006. Aussi, il était intéressant de profiter de la mise en place d'une formation MapInfo à Amiens début juin pour compléter, s'ils le désirent, le cursus de ces nouveaux chargés d'études. Eh bien non ! On a estimé que, début juin, ils étaient toujours en stage et que leur période d' " adaptation " à leur futur poste ne commençait que… début juillet ! Autrement dit, pour trois semaines, la DR se retranche derrière une interprétation administrative des textes, bête et étroite. Tant pis pour l'intérêt des personnes et des services. Le pire est que des places resteront libres. Aussi, nous demandons que cette décision soit revue.

Le troisième cas concerne les formateurs. Récemment, on a refusé (même si la situation a été revue par la suite) de créditer des heures de formation en DR (hors Picardie) à un formateur national. En gros, on jugeait qu'il devait faire sa formation hors de son temps de travail, ce qui est parfaitement contraire au statut de formateur interne. En effet, cela signifierait que, s'il est hors temps de travail, il n'est pas couvert sur le plan professionnel et ne doit pas être rémunéré pour cela. Par conséquent, nous demandons la garantie écrite que tout formateur de la DR réalisant une formation au titre de l'INSEE, dans la région ou en dehors, soit crédité de ses temps de formation et de déplacement. C'est d'ailleurs la pratique à l'INSEE, un formateur INSEE étant toujours lié à l'Institut, d'autant plus qu'il a signé un contrat de formateur. En ce domaine, ne pas prendre en compte le temps réellement passé par les formateurs pour la réalisation de leur formation (transport et exécution) serait contraire au statut du fonctionnaire (pas de travail missionné hors du temps de travail). Mais, en décourageant ainsi les bonnes volontés, ce serait aussi contraire aux orientations de l'INSEE, qui envisage de créer un indicateur de formation comptabilisant le nombre de formateurs nationaux que les DR mettront à disposition du réseau INSEE de formation.

2°) Echange un pôle contre deux travaux

La foire aux travaux continue à l'INSEE. On solde même. Faute d'avoir trouver des volontaires pour accueillir le pôle " Achats " au sein des DR où les pôles SAR sont prévus (dont la Picardie), on a ouvert l'appel d'offre à toutes les DR. Mais l'une d'entre elles n'aura ce pôle qu'à condition que " une ou de ses activités puissent être reprises par une des trois DR suivantes : Franche-Comté, Limousin, Picardie ". En clair, si vous voulez vous débarrasser d'un travail, pensez à la Picardie ! On est loin du message officiel du comité de direction de la DR de Picardie d'il y a un an qui nous promettait des lendemains qui chantent. Désormais, dans la vaste braderie actuelle de l'INSEE, on sait ce qui nous attend : le reste dont les autres ne veulent plus. Motivant, non ? Pourtant, il est possible de s'investir dans de nouveaux travaux. Nous avons fait des propositions, tant au plan local que national. Osera-t-on enfin les prendre en compte ?

3°) Fête des mères

La direction de l'INSEE PICARDIE a décidé de supprimer la demi-journée " fête des mères " au nom d'une orthodoxie administrative qui laisse rêveur. D'abord, la forme : par souci du secret qui caractérise la direction, la note n'a pas été mise sur l'Intranet. Sur le fond, il est intéressant de voir motiver une décision par un décret de 2000 alors que la note signale elle-même que la mesure existait encore en octobre 2005 sans que personne n'ait jamais fait de remarque ! Ensuite, dans ce même décret, il est écrit que " la durée de travail effectif est fixée à 35 heures par semaine ", ce qui n'a jamais été le cas à l'INSEE. Preuve que nous ne respectons toujours pas ce texte. De plus, la modification du règlement intérieur abrogeant cette mesure a été approuvée par la seule direction. C'est l'occasion de rappeler que, lors de la dernière réunion CGT-Direction de l'INSEE PICARDIE (il y a plus d'un an), la direction avait confirmé les rares " avantages " du règlement intérieur de la DR (fête des mères, heure veilles de fête) pour les remettre en cause sitôt la réunion finie ! Enfin, à propos de la discrimination homme-femme, le problème est facile à régler : il suffit d'accorder une demi-journée " fête des mères " et une demi-journée " fête des pères " ! D'ailleurs, dans d'autres DR plus " ouvertes ", ce type d'avantages perdure, sous des formes variées, sans que cela ne gêne qui que ce soit, pas même le chef de SAR local !

4°) Lundi de Pentecôte

En 2005, le gouvernement a pris la décision d'imposer une journée gratuite de travail aux seuls salariés. Le résultat fut, d'une part, que plus de la moitié des salariés ont refusé l'an dernier de travailler le lundi de Pentecôte et, d'autre part, que les premiers bénéficiaires de cette mesure ont été les employeurs et pas les personnes âgées et handicapées. Bref, cette journée, ce n'est pas de la solidarité, c'est de l'arnaque !

Dans un certain nombre d'entreprises, les salariés ont obtenu depuis que leurs employeurs versent la contribution solidarité sans contrepartie sur leur temps de travail ou sur leur rémunération. Le 5 juin 2006 s'annonce lui aussi comme le prolongement de ce refus du travail forcé. La CGT, la FSU et Sud ont décidé d'appeler à manifester ce lundi de Pentecôte (10H - Bourse du Travail) pour réaffirmer ce refus et le rétablissement de ce jour férié. Car il est clair que si l'on ne maintient pas la pression, les promesses de revenir sur cette décision (comme nous redonner notre 42ème jour de congé aux Finances pour compenser le lundi de Pentecôte chômé) seront vite oubliées…