Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
2 mai 2006

 

 1°) L'INSEE PICARDIE en 2010 : parlons (enfin) vrai

La langue de bois est toujours de mise à l'INSEE PICARDIE dès qu'il s'agit de parler de l'avenir de la direction régionale (DR) en 2010. Durant l'été 2005, un projet a été élaboré en cachette par le comité de direction de la DR. Ensuite, on a nié longtemps que l'INSEE PICARDIE était destiné à recevoir un pôle de compétence SAR : " non, non, on aura un pôle SES ". Pourtant, le 25 avril 2006, la direction générale (DG) a confirmé cette option et, par courrier du 26 avril (censuré par la direction de l'INSEE PICARDIE au nom de la transparence !), la DG lance un appel à candidature, avec réponse pour le 3 mai ( ! ! !), pour la création de 2 pôles (achats et contrôle de gestion) et un site de mutualisation de la gestion de la paye. Et cet appel est envoyé aux DR d'Auvergne, Basse-Normandie, Franche-Comté, Limousin, Poitou-Charentes… et Picardie et les pôles seront installés en septembre !

De même, le personnel de Marseille vient d'apprendre par un courrier du chef de l'Action régionale à la DG à leur directeur la fermeture de leur espace libre consultation (appelé aussi BI). Passons sur la méthode qui caractérise, comme à Amiens, le manque d'information et de concertation de la direction locale. Dans le courrier, il est dit aussi que, pour la fermeture du BI de Marseille, c'est " en cohérence avec les orientations générales que nous allons proposer à l'ensemble du réseau (des DR) : conserver un accueil physique, (…), orienter les demandeurs d'informations statistiques vers le point d'accès Internet le plus proche ". En clair, c'est la mise en application du rapport (non publié) d'il y a un an, élaboré par un groupe de travail comprenant le directeur de l'INSEE PICARDIE, et que nous vous avions dévoilé. En clair, c'est la fin de l'accueil et du service public de la réponse à la demande statistique. Cela sera confié à d'autres, y compris au privé qui, un jour ou l'autre, feront payer ce service.

Aussi, compte tenu de ces informations publiques, dont pourtant aucune n'est officiellement en circulation dans la DR, il est temps d'arrêter de parler vrai. Ainsi, pour la campagne de mobilité interne, les souhaits de mouvements ont été nombreux. Il est normal, par simple respect des personnes, qu'elles sachent ce que va devenir leur poste dans les années qui viennent, quel sera le contenu exact de ceux pour lesquels elles postulent.

Au SAR, le travail ne sera pas le même si on a un pôle ou si l'on devient un simple correspondant de pôles. Au SED, les tâches seront différentes si le BI est fermé, la documentation regroupée en pôle, le contenu du chargé d'étude redéfini. Au SES, on est en train de revoir en forte baisse les équipes OLEE et d'autres travaux pourraient encore être regroupés (tourisme, ECMOSS,etc.).

Tout cela a des conséquences. Il est temps d'en parler, plutôt que de faire de la " communication " que les faits contredisent aussitôt.

2°) En bref

* Indemnités de déplacement, la chute libre. Deux faits. Notre indemnité de repas (15,30€) est figée depuis le 1er juin 2002. Dans le même temps, les prix de la restauration ont augmenté de 9,8%. De même, notre indemnité de nuitée est figée depuis le 1er septembre 2001, alors les prix d'une chambre d'hôtel a cru de 17,4% sur la période. Se loger en province ou à Paris sans dépasser l'indemnité presque impossible. Aussi, la CGT revendique un système de revalorisations périodiques, rapprochées, des indemnités de remboursement des frais de déplacement, intégrant l'évolution des prix. Et il y a urgence !

* Vers la fin de la notation ? Le ministre de la Fonction publique a demandé une mission sur la notation. Dans la lettre de mission, il est dit que " parmi les pistes possibles, pourrait être envisagée la suppression de la notation et son remplacement par la seule évaluation, sur laquelle la reconnaissance de la " valeur professionnelle " serait fondée sans faire à un mécanisme de notation ". En clair, il est suggéré de renforcer le système de note à la tête du client, par le seul responsable hiérarchique, sans garde-fous, basé sur l'entretien d'évaluation. Une nouvelle preuve que ces entretiens n'ont rien d'innocent, puisqu'on veut, à terme, leur faire jouer le rôle de sélection de ceux (environ 10%) à qui on augmentera le salaire annuel, au détriment de tous les autres.

* Le ridicule ne tue pas. Extrait du comité de direction national de l'INSEE du 18 avril 2006 : " la collecte du recensement de la population 2006 s'est très bien passée dans l'ensemble, y compris sur le champ des sans-abri et des habitations mobiles ". Or, le bilan dressé par les acteurs eux-mêmes du RP montre que le point faible de la collecte 2006 a justement été le recensement des sans-abri, où l'on est loin des chiffres attendus. C'est un exemple supplémentaire du refus de la direction de l'INSEE de prendre en compte la réalité pour imposer uniquement son opinion, même si elle est erronée.

* Précarité. L'image du fonctionnaire gagnant peu mais ayant la sécurité de l'emploi vient d'en prendre un sacré coup. En effet, une étude du ministre du Travail montre qu'en 2002, 16% des personnels de la Fonction publique d'Etat sont employés en contrats courts (CDD, vacations, contrats aidés,...). Cette proportion est supérieure à ce qui existe dans le secteur privé (12% de contrats courts seulement). Voilà une idée reçue qui est donc démentie. Cette précarité ne cesse de progresser (elle était de 11% en 1990) et est encore plus forte dans la Fonction publique territoriale (21%) !

* Ca gaze pour GDF. Le gouvernement prépare " sérieusement " la privation de Gaz de France (GDF). Bien que les bénéfices de GDF aient déjà augmenté de 29% en 2005 (1,74 milliards d'euros quand même), il faut faire mieux en 2006 pour donner de bons dividendes aux actionnaires privés. D'où une nouvelle hausse du gaz de 5,8% au 1er mai, ce qui fait +25% en 9 mois ! Et pour être sûr que le patron de GDF va gâter les actionnaires, le gouvernement vient d'ajouter à son salaire (310.000 euros par an !) un bonus qui peut aller jusqu'à 40%. Et dire que le ministre trouve la demande d'augmentation de nos salaires pour 2006 d'1,8% (le montant de l'inflation) injustifiée !