Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
2 octobre 2006

 

L'encadrement, c'est-à-dire les chefs de service et de division de l'INSEE PICARDIE, est invité le jeudi 5 octobre, par la direction, à passer une journée au bord de l'eau à Berny-sur-Noye, tous frais payés, pour " définir ensemble une stratégie collective " dans le cadre du projet " Moyen terme à l'INSEE ".

Il est donc à noter qu'à cette date, la direction régionale (DR) sera livrée à elle-même et… ne s'en portera sans doute plus mal, montrant que nul n'est indispensable. Ensuite, cette petite journée festive (transport en bus, location de salle, repas picard offert, etc.) a un coût d'environ 1600 €. Si l'on ajoute le prix des 22 journées de travail de l'encadrement, près de 2000 €, cela fait environ 3600 €. Ca fait déjà cher le moment de réflexion !

Sur le fond, il faut savoir que ce projet Moyen terme de l'INSEE à horizon 2010 est engagé depuis plus de 2 ans. Il a déjà fait l'objet de propositions de la direction régionale de Picardie, gardées secrètes mais révélées dans le Collimateur du 20 septembre 2005 (consultable sur le site de la CGT INSEE PICADIE). Ces propositions se caractérisaient par le fait qu'elles avaient été réalisées par le seul comité de direction, sans concertation avec qui que ce soit. C'est pourtant à ce moment là, il y a un an, que le personnel dans son ensemble, et pas seulement l'encadrement, aurait du être associé à la réflexion ! Cela aurait évité que les scénarios alors élaborés, qui ne visaient qu'à répondre à une logique purement comptable au niveau des effectifs, n'aient d'autre ambition que, pour maintenir un certain niveau de travail à Amiens, de " piquer " des travaux à d'autres régions, faute d'idées neuves à l'INSEE !

De plus, pour engager une concertation ou une réflexion même tardive, il faut au moins que chacun ait la même connaissance des données de base et que le " jeu " ne soit pas faussé. Jusqu'alors, force est de constater que les rares informations sont surtout venues de " fuites " syndicales issues de documents non divulgués ou d'échos provenant d'autres DR. D'après ces documents, qu'en est-il aujourd'hui du moyen terme à l'INSEE ?

Il y a des faits incontournables puisque écrits dans des rapports, rendus publics ou non, dont beaucoup ont été réalisés avec la participation active du directeur de l'INSEE PICARDIE.

· On peut citer, pour l'action régionale, la mutualisation des moyens, consistant en " la fermeture des bureaux d'information (BI) réalisée ou en voie de l'être ", " la quasi-disparition de certaines tâches du type vente/facturation/perception " et la " réorientation des fonctions documentaires vers la simple veille régionale " (groupe de travail moyen terme sur l'action régionale). Cela est effectivement en cours, la fermeture des BI ayant été retardée dans certaines DR comme Amiens, car, en général, on ne sait pas que faire des personnels concernés !

· Au SES, on veut, de façon arbitraire, diviser par deux les moyens consacrés à EPURE et réduire les effectifs des divisions OLEE. De même, le réseau enquêteurs entreprises semble devoir être maintenu en l'état jusque 2008-2009, c'est-à-dire dans 10 DR, mais la décision de retirer ce travail dans 4 DR n'est pas exclue et, par ailleurs, " le dispositif actuel (6 DR disposant aussi de l'enquête ECMOSS, dont Amiens) pourrait être revu à un horizon plus lointain (après 2009) en allant vers une concentration " ! On peut ajouter la volonté de fusionner les divisions RP et SIG, selon une logique plus administrative que fonctionnelle. Enfin, le projet initial de ramener de 6 à 3 le nombre des DR gérant l'enquête ECMOSS est-il toujours d'actualité ? La question mérite réponse quand on sait qu'à Toulouse, pour freiner la réduction vertigineuse prévue des effectifs et travaux, certains évoquent déjà la piste d'un pôle ECMOSS dans cette DR pour, justement, 2009. Ce n'est pas rassurant.

· Pour le SAR, la politique des pôles devrait conduire, à l'INSEE PICARDIE, au regroupement des services administratifs en 2 divisions, ressources humaines et services généraux, au lieu de 4 aujourd'hui mais aussi à réduire le contenu de certains postes. Par ailleurs, le CNGP reste loin de la charge de travail et des effectifs prévus initialement (8 personnes !)

· Enfin, si le développement des travaux est fondamental, il dépend de la cible 2010 des effectifs de l'INSEE PICARDIE pour les réaliser. En ce domaine, la réponse actuelle est simplement qu' " il y aura maintien de ces effectifs ". Mais à quel niveau : 115 comme prévus et atteints en 2004 ou 100 comme aujourd'hui ?

Force est donc de constater qu'avant toute réflexion sur l'avenir de la DR, il serait bon de savoir ce qui est réellement envisagé par la direction de l'INSEE, tant national que régional, et comment se traduira à Amiens les orientations décidées au plan national. De plus, faute de travaux nouveaux, la seule perspective est de récupérer les tâches que la DR de Saint-Quentin-en-Yvelines ne veut plus. Selon les deniers échos, elle serait prête à nous " déléguer " la gestion de la Seine-Saint-Denis sans problème ! De toute façon, quel que soit le travail, on sait qu'une délégation peut être inversée du jour au lendemain. L'histoire de la DR est jalonnée de tels événements : enquêtes Tourisme envoyées à Poitiers puis de retour à Amiens, SIRENE implanté à Amiens puis transféré à Lille, CNGP parti à IIS puis revenu à Amiens, etc. De plus, ce n'est pas l'accumulation de travaux disparates qui fait un programme de travail. En particulier, la saisonnalité des travaux et leur cohérence doivent aussi être prises en compte !

Les orientations prévues à la fin des années 90 pour 2004 avaient envisagé un réel développement de l'INSEE PICARDIE. Cette logique d'expansion s'est confirmée par la création tant de travaux que d'emplois. Il est vrai que la grève à l'INSEE PICARDIE en mars 2001 à l'occasion de la visite du directeur général de l'INSEE avait favorisé la concrétisation de ces promesses lors des 3 années qui ont suivi. Aujourd'hui, presque 3 ans après 2004 et à bientôt 3 ans de 2010 (objectif du projet moyen terme), on est au contraire dans une logique de régression, avec pour seule perspective de gérer la " pénurie ".

Pourtant, lors de la visite de la visite du chef de l'Inspection générale en 2005 à Amiens, nous avions fait des propositions de développement d'enquêtes, de création de pôles, de coopérations dont l'INSEE PICARDIE aurait pu profiter. Cela est resté sans suite, sans réponse même. Aussi, nous attendons de la direction des propositions et des actes pour inverser cette tendance.