Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
2 décembre 2004

 

1°) Budget

Fin septembre, faute de crédits délégués, c'était la pénurie budgétaire à l'INSEE PICARDIE. Aujourd'hui, selon nos sources, il reste au moins 30.000 sans affectation ! Certes, cette information n'est pas officiellement confirmée, mais c'est simplement parce qu'il n'y a plus d'informations officielles à la DR. En tout cas, le passé nous montre que ces surplus budgétaires de fin d'année étaient souvent une source de gabegie, dont le système vidéo de l'entrée ou le salon d'accueil dans le hall commun avec la Chambre des Comptes sont autant de témoignages.

Aussi, nous souhaitons que les dépenses de ces crédits prennent en priorité en compte les besoins les plus anciens exprimés par le personnel et que les choix soient réalisés dans la transparence et clairement communiqués. Telle ne semble être la volonté de la direction, puisque, toujours selon nos sources, la moitié de la somme disponible serait affectée à un besoin exprimé par la seule direction, à savoir le remplacement du système d'accès aux locaux.

Un nouveau système est en effet envisagé. D'ailleurs, il aurait pour seul avantage (pour la direction) de pouvoir contrôler toutes les entrées et sorties individuellement ! Si l'on ajoute que les consignes vont être rappelées pour le remplissage et le contrôle des fiches d'attachement, on voit que ce qui a été prioritairement retenu du guide du " manager ", c'est l'aspect contrôle !!! Pour la définition et le contenu du travail, il y a moins d'empressement

A noter qu'en matière de sécurité, il serait en revanche plus urgent d'empêcher l'eau (pluie ou lavage des trottoirs) de pénétrer dans l'escalier d'accès au parking car cela le rend glissant et multiplie les risques d'accidents. De même, il faut revoir le système de fermeture de la porte d'accès.

2°) Locaux

Pour " économiser " la location des locaux où se trouvent la division RP et la salle de réunion, la direction de l'INSEE PICARDIE voudrait transférer cette division dans les locaux actuels des Services sociaux. En effet, les Services sociaux pourraient déménager à Amiens 2. Sauf que le Conseil d'administration des Services sociaux du 23 novembre a émis d'importantes réserves sur ce projet.

En effet, le point de départ de cette affaire est l'extension de la Trésorerie située au 1er étage d'Amiens 2, qui souhaite louer 300 m² de locaux au 3ème étage d'Amiens 2 pour créer une salle de repos et une salle d'archives. Mais, comme elle n'a besoin que 100 m², elle cherche un autre locataire pour occuper les 200 m² restants. D'où l'idée d'y transférer les Services sociaux.

Idée géniale avec un léger problème : le coût, notamment pour l'INSEE. D'une part, les locaux à louer sont à aménager : 80.000, dont la moitié pris en charge par l'INSEE PICARDIE au motif que les Services sociaux libéreraient ainsi des locaux appartenant à l'INSEE. D'autre part, il faut rajouter le loyer annuel de 28.000 euros (plus les locations de places de parking), auquel l'INSEE participerait encore. De plus, si les locaux du 3 rue Vincent Auriol n'étaient plus loués, il faudrait recréer une salle de réunion au sein de la DR, même si certains envisagent de l'installer à la place de la salle d'accueil (ex BI). Faire de tels travaux seraient onéreux. Enfin, l'INSEE devrait réaménager totalement les locaux des Services sociaux avant de s'installer, sans qu'un budget pour cette opération soit aujourd'hui prévu. Bref, un coût énorme, dont une bonne partie est supportée par l'INSEE.

Face à ce projet, le conseil d'administration des Services sociaux a convenu, les syndicats ont trouvé un peu " cher " le fait, au départ, de payer une salle de repos et d'archives. Ils ont demandé que l'administration revoit sa copie, en cherchant, si l'on veut vraiment reloger les Services sociaux, des locaux appartenant à l'Etat, afin d'avoir un projet moins coûteux. Ce double langage de l'administration est d'ailleurs intolérable : quand c'est un projet proposé par le personnel, c'est toujours trop cher car on est en période de restrictions budgétaires, quand l'initiative vient de la direction, il y a toujours des crédits pour faire n'importe quoi !

L'argument des restrictions est d'ailleurs aussitôt avancé pour justifier le non-remplacement de M. Dumont qui quitte les Services sociaux. Bref, on a de l'argent pour des locaux coûteux, mais pas pour le personnel. Là encore, la direction ne va pas jusqu'au bout de sa logique : elle veut donner des locaux plus grands aux Services sociaux au moment où ses effectifs passent de 6 à 5 !!!

Enfin, notons que la direction de l'INSEE PICARDIE semble ne pas se sentir engagée par la décision du conseil d'administration : elle fait comme si le départ des Services sociaux était acté, montrant son peu d'attachement au dialogue social. Nous demandons que cette décision soit respectée et, par conséquent, qu'aucune initiative ne soit prise avant le début mars, date du prochain conseil d'administration.

3°) Effectifs

L'objectif des effectifs de l'INSEE PICARDIE est de 115 personnes. Par conséquent, nous demandons à ce qu'il soit atteint. Concrètement, cela veut dire que les départs déjà annoncés - 3 contrôleurs en mutation, 1 adjoint en retraite - et ceux peut-être à venir (CAP de mutation d'adjoints le 9 décembre), doivent être remplacés. Cela a une double importance. D'une part, cela est nécessaire pour maintenir et développer les travaux de l'INSEE. D'autre part, moins de postes, c'est aussi moins de mobilité, tant interne qu'externe, possible.

De plus, la priorité doit être de maintenir ces effectifs dans le temps. On sait très bien que certains travaux ne pourront continuer à se poursuivre que si la DR a une taille minimale. Ainsi, on ne pourra mobiliser chaque année 25 superviseurs du recensement que s'il existe un effectif suffisant pour pouvoir renouveler régulièrement ces postes. Parallèlement à ce maintien des effectifs, nous demandons un projet de programme de travail à moyen terme pour qu'il y ait une véritable visibilité sur l'évolution de la DR, et non une gestion à l'année.

4°) Salaires

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Renaud Dutreuil, refuse d'augmenter nos salaires. Pourtant, ceux-ci ont perdu 5% de leur pouvoir d'achat depuis 2000. Pire, il refuse même de discuter du sujet. Il considère en effet que les changements d'échelon et de grade suffisent. En clair, il considère que personne employée à l'INSEE à 1300 par mois en début de carrière devrait rester toute sa carrière à ce niveau, puisque les changements d'échelon, de plus en plus espacés dans le temps, couvrent tout juste l'évolution des prix. C'est sans doute cela la nouvelle politique de motivation dans la Fonction publique.

En tout cas, l'ensemble des syndicats refuse cette logique qui conduit à un appauvrissement des fonctionnaires. Il suffit de voir l'accroissement du nombre de demandes d'aide et dossiers de surendettement arrivant aux Services sociaux pour mesurer les difficultés croissantes rencontrées par le personnel. Aussi, les syndicats demandent l'ouverture de véritables négociations. Faute de réponse rapide, des actions sont prévues pour janvier.

A noter que notre ministre a une haute estime de nous. Voici quelques unes de ses déclarations : " Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement ". Pour liquider " les back office, c'est facile, on sait comment faire, avec Eric Woerth (secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat) : on prend un cabinet de conseil et on change les process de travail, on supprime quelques missions. ". Mais une chose le gène : " Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics ". On pourrait rajouter : malgré ses décisions !

5°) Notation

Incontestablement, l'évaluation - notation ne passe pas à l'INSEE. Inquiète de la réaction du personnel (boycott des entretiens, refus des comptes rendus, etc.), elle accentue la pression sur l'encadrement. C'est (presque) devenu le dossier n°1 de la direction : demande de bilans réguliers aux directeurs, pressions sur l'encadrement qui refuse le système,

A l'INSEE PICARDIE, on est en train de classer les agents dans des cases pour la future notation 2005 : ceux qui seront favorisés pendant 4 ans, ceux qui le seront un peu moins, ceux qui ne le seront pas du tout et ceux qui pourraient même reculer. On observe à cette occasion que l'INSEE veut faire " table rase du passé ". En effet, on demande aux chefs de division de déterminer les " agents susceptibles de bénéficier d'un avancement accéléré " sans donner d'informations sur la situation des années antérieures, et sans assurance que cela suivit par la direction. Rappelons-le que c'est cette direction seule qui détermine en définitive les personnes les mieux notées.

Le classement du personnel en quatre catégories est faite pour préparer les entretiens d'évaluation. Comme quoi, malgré les négations de la direction, notation et évaluation sont très liées et que l'évaluation ne sert qu'à justifier, après coup, la notation.

N.B. Petite question à ne pas poser au cours des réunions PAT ou autres : les personnes du service qui quittent la DR seront-elles remplacées ?