Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
3 juillet 2007

 

 1°) Ca déménage aux frais du contribuable

A l'INSEE Picardie, après la mobilité, on change les locaux. C'est traditionnel, chaque directeur veut marquer son passage. N'allez pas chercher de logique à ces changements : il n'y en a pas. On prend prétexte d'une nouvelle organisation pour, sans concertation, décider de ce qui est le mieux pour le " bien " de tous. Histoire de bien rappeler que la direction pense et le personnel exécute ! Sauf qu'en fait, ce sont ces changements de bureaux qui vont concrétiser une organisation défaillante. Pour preuve le fait que l'on doive d'abord discuter d'attribution de bureau et pas de travail ! En clair, on place les gens sans s'occuper de ce qu'ils font !

Le pire, c'est que cela va engendrer des travaux coûteux. Mais, la direction s'en moque car, avec la LOLF, c'est l'argent prévu pour des effectifs que l'on n'aura pas qui servira à payer la note. Eh bien, nous proposons de " responsabiliser " un peu cette direction afin qu'elle assume financièrement ses décisions : que les frais engendrés par ces changements de locaux (cloisons détruites ou construites, câblage, déplacement de câbles, etc.) soient pris en charge par les membres du comité de direction, et non de la DR. C'est un " objectif " qui permettra d'éviter des dépenses inutiles et réalisable car chacun d'entre eux touche un rattrapage de prime de plusieurs centaines d'euros (par mois !).

Enfin, cette restructuration de locaux est aussi l'occasion de mettre la DR en conformité avec les objectifs : réduire la voilure des travaux et locaux, préparer le passage sous le seuil de 100 personnes qui nécessitera l'abandon de nouvelles missions. Cela permettra de réaliser (et dépasser même) sans problème le volume des réductions d'effectifs prévues. Cela nous positionnera mieux pour l'objectif déjà annoncé par plusieurs directeurs régionaux pour 2015-2020 : il y a quelques DR en trop pour faire face aux réductions d'effectifs à venir, quand les départs en retraite seront beaucoup plus nombreux qu'aujourd'hui !

2°) SIRENE : le charme est rompu

La direction de l'INSEE avait indiqué que le regroupement de la gestion SIRENE dans quelques DR permettrait une plus grande efficacité du service rendu au public. Une fois de plus, les faits lui donnent tort.

Ainsi, on a exigé du personnel plus de travail : stock de liasses minimum, créations au jour le jour, rappels réguliers pour la mise à jour des enquêtes, traitement du courrier, etc. Face à cela, les outils et applications informatiques n'ont cessé de se dégrader, sans que les problèmes ne soient jamais résolus. Aussi, les personnels (Dijon, Toulouse) ont engagé une action consistant à ne plus traiter les créations, ne plus répondre au téléphone… La première réponse de la direction est de ne plus exiger que les objectifs fixés soient tenus. Au-delà des problèmes informatiques du moment, les personnels SIRENE demandent que soient abordés ceux liés à l'organisation, aux effectifs et aux missions : En clair, ils posent la question de l'évolution du service que l'on peut rendre au public. A suivre…

N.B. : Bonne nouvelle ! On annonce le démarrage du pôle " Accueil téléphonique SIRENE ". Vous sachez, celui que la direction avait indiqué comme possible à Amiens lors de son " show " de l'encadrement à Berny en octobre dernier. Il démarrera le 1er novembre… à Insee Info services !

3°) Effectifs : la baisse continue

Le 3 juillet a eu lieu le comité technique paritaire (CTP, réunion syndicats-direction de l'INSEE au plan national) sur l'activité de l'INSEE en 2006. Le rapport présente notamment l'évolution des effectifs depuis 1991 (p 192), soit aux origines du profond mouvement dit de " Réforme de l'État ". Voici le résultat…

Côté perspective, Hébert, le n°3 de l'INSEE, prédisait au milieu de 2005 une diminution de 500 personnes à l'Insee à l'horizon du moyen-terme 2010 de l'institut. En supposant que son point de départ était le 1/1/2005, et son point d'arrivée au 1er janvier 2010, on voit qu'au 1er janvier 2007 (soit les 2/5ème du chemin), on a déjà perdu plus de la moitié des effectifs prévus par la prédiction (273 postes perdus, pardon " rendus ", sur 500). En clair, la baisse des effectifs sera, si rien n'est fait, plus importante que celle affichée !

4°) Restructuration du Minefi

Le Minefi a été scindé en trois. Le ministère du Budget et des Comptes reprend une très importante partie des effectifs : Impôts, Comptabilité Publique (" Trésor "), et Douanes. L'Insee se retrouve avec la DGCCRF une des plus grosses directions du ministère de l'Économie de l'Emploi, qui récupère aussi de l'ex-Ministère de l'emploi les DRTEFP, et un service statistique la Dares. Les arrêtés précisent pour les ministères des pratiques de droits de tirages dans d'autres ministères que les leurs : actuellement, impossible à dire comment cela va fonctionner, mais le ministère de l'immigration jetable a un droit de tirage sur l'INSEE pour des statistiques sur les immigrés etc.

Mais, c'est officiel, le périmètre de l'ex-Minefi demeurera valide pour les CTP et CHS (hygiène et sécurité) ministériels. L'action sociale, la prise en compte de l'hygiène et la sécurité avec le réseau des CHSDI ne sont pas remises cause dans l'immédiat. A suivre…

5°) Chiffres du Chômage

Les États Généraux des chiffres du chômage et de la précarité, que la CGT a contribué à organiser fin mai, ont été un bon succès. Devant l'audience rencontrée, le collectif " Autres Chiffres du Chômage " va continuer ses publications. De plus il participe au groupe de travail du CNIS sur ce sujet, qui a débuté le 11 juin, et qui est censé rendre les conclusions de ses travaux en novembre. Mais le gouvernement tente de court-circuiter le CNIS. Ainsi, après une intervention jamais vue sur l'avancée de la date de publication du taux de chômage fin mai, il en remet une louche : il commandite auprès de l'inspection générale des Finances, et celle des Affaires sociales, en lien avec l'inspection générale de l'Insee, une mission sur les raisons des problèmes de calcul du chiffre du chômage. Les conclusions devront être rendues fin juillet, se moquant ainsi du rapport du CNIS.

Pendant ce temps, au sein de l'Insee, il n'y a pas eu de moyens supplémentaires alloués afin d'entamer des travaux spécifiques sur l'enquête Emploi. Par ailleurs, la note de conjoncture de l'INSEE utilise un chiffre de l'enquête Emploi pour…le 1er trimestre 2007, au niveau de 9,4%, soit un niveau très supérieur au chiffre " officiel " du chômage !

6°) En bref

* Sociétés de nettoyage. Pour se mettre en conformité avec la loi, les DR d'Orléans et de Rennes ont cessé le pointage des agents de nettoyage. A quand le respect de la loi à Amiens ? De plus, le secrétaire général a admis que le marché ministériel du ménage a causé de sacrés problèmes. La première conséquence est la nécessité pour beaucoup de directions de passer des avenants (plus coûteux, forcément) pour que la propreté soit correcte. Ces fonds feront qu'au bout du compte cela aura coûté plus cher…que l'économie annoncée de 30% pour le marché !

* Concours. Le concours d'attaché en interne spécial est relancé, au moins la réflexion. Sauf que l'on a loupé l'occasion de la réforme du statut d'attaché pour l'introduire. De même, le nombre de postulants au concours d'attaché principal devenant trop important, la direction prévoit de faire la sélection en deux étapes : un écrit puis un oral au lieu d'un oral seul aujourd'hui. A suivre…

* Postes de cadres A à l'INSEE Picardie. Suite à la campagne de mobilité, nous avions interrogé la direction nationale de l'INSEE sur le fait que la direction de l'INSEE PICARDIE proposait de " créer " des postes de A, normalement gérés au plan national. Le chef-adjoint de l'Unité Gestion des carrières de la DG nous a donné raison en précisant que " le seul moyen pour qu'un poste soit labellisé "A UGC" est qu'il soit proposé dans une campagne nationale A UGC. Ce n'est pas le cas à ce stade du poste nouveau de chef de la division "Appui à l'action régionale" ni du poste existant de chef de la division "Réalisation des produits de diffusion". C'est pourquoi nous souhaitons qu'il soit mentionné explicitement sur les descriptifs de ces postes qu'ils ne sont pas reconnus comme A par l'UGC (d'où la note complémentaire du directeur régional). Ces deux postes pourront éventuellement être labellisés A UGC à l'occasion de la prochaine campagne nationale de mobilité des A (2008), soit par redéploiement ou redéfinition d'un poste A UGC existant, soit par création nette dans le cadre des arbitrages sur les postes de A en comité de direction INSEE, dans le cadre de la campagne nationale. ". Cette réponse indique donc que ce n'est pas à un directeur régional, tel un petit roi local, de reconnaître et nommer les A. Cela ne peut se faire que dans un cadre national en respectant des règles, notamment le passage en CAP. C'est aussi une garantie pour celles et ceux qui occupent ces postes d'être sur des postes reconnus nationalement.

* Factures impayées. L'INSEE PICARDIE a demandé à EDF de ne pas avoir de frais s'il payait ses factures en retard ! Sans doute, la direction anticipait-elle déjà les importantes dépenses qu'elles comptent engager pour ses " aménagements " de locaux, prévoyant des fins de mois difficiles. En tout cas, EDF, en bon service privé qu'il devient, a refusé. Pour les actionnaires, un sou est un sou !