Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
4 mai 2009

 

1°) Le point sur les projets de délocalisation à Metz et de Moyen terme 2015

Comme nous l'avons fait jusqu'alors, nous continuons à vous informer sur le projet de délocalisation de l'Insee à Metz et sur celui du Moyen terme 2015, puisque, officiellement, les deux sont liés. Notre information provient de différentes sources vérifiées et recoupées, et est une garantie de transparence que n'offre pas toujours l'information de la direction de l'Insee. Rappelons simplement, à ce propos, que ce sont les syndicats qui ont annoncé le projet messin début septembre 2008 et le rapport Cotis fin novembre (avant la direction l'obligeant à le rendre public) et qu'il a fallu 2 mois à la direction de l'Insee Picardie pour reconnaître le départ du CNGP à Metz que nous avons dévoilé dès le début décembre. Autre exemple du manque de transparence de la direction de l'Insee : le comité des pôles devait mener une évaluation du pôle CNGP en 2009. Mais à l'Insee, pas besoin d'évaluation ! On a donc décidé la délocalisation… et suspendu l'évaluation, plutôt que de savoir si cela fonctionnait bien ou non. Et dire qu'on nous vante les mérites de l'entretien d'évaluation !

a) Travaux

La discussion sur la répartition des travaux entre DR se fera notamment lors du séminaire des chefs SES fin mai à Poitiers et sera validée par les interrégions qui doivent se réunir courant juin (le 19 pour l'interrégion Nord-Est). Cela a été l'un des points de discussion de la réunion des chefs SES de cette interrégion qui s'est tenue les 8 et 9 avril à Amiens (cela a été confirmé par plusieurs participants) !

D'ailleurs, les autres directions régionales (DR) ont déjà fait la liste des travaux qu'elles prévoient pour 2015 (pour beaucoup, l'objectif affiché est en réalité 2012 !). Ainsi, le directeur de Lille a officiellement dit que tous les pôles et travaux du SES de la DR du Nord-Pas-de-Calais seraient conservés hormis les enquêtes Tourisme qui seraient délocalisées, ainsi que la fabrication des publications qui serait, soit externalisée, soit concentrée dans un pôle. Mais il pense plutôt à la première solution car " la Picardie n'est pas favorable " à une expérimentation de la seconde solution. Cela confirme ce que nous avons proposé depuis 2005 : la création d'un pôle Publications est tout à fait possible à Amiens à condition de ne pas la refuser… pour favoriser le privé. En tout cas, d'autres DR y sont favorables... et risquent de récupérer un pôle qu'Amiens, bien placé pour son savoir-faire reconnu, laisserait volontairement échapper ! Une remarque sur les propos du directeur de Lille : outre le fait qu'il a fait ses déclarations en public, il ne subit plus la pression de la hiérarchie car il part bientôt en retraite ! D'où sa " liberté " de parole…

De même, le directeur de Poitiers a annoncé au personnel que sa DR conserverait le pôle " Lifi ", indiquant que, pour lui, c'était important car les DR ayant un pôle auront plus de chances d'être pérennisées ! Cela confirme, là encore publiquement, ce que nous ne cessons de dire. Cela montre l'importance de conserver à Amiens le pôle CNGP et de se positionner sur d'autres comme celui des publications ou même les travaux sur le Bassin parisien qui sont relancés… en DR d'Île-de-France. Or, la DR de Picardie a longtemps été le siège du pôle Bassin parisien.

Par conséquent, il est urgent que la direction de l'Insee Picardie se positionne publiquement, comme le font toutes les DR, sous peine de voir les travaux lui passer sous le nez.

b) Effectifs et publics

La présence ou non de pôles jouera aussi sur l'évolution future des effectifs. Les différentes informations ont en effet confirmé que l'objectif est bien de réduire de moitié les effectifs de SAR de l'ensemble des DR. Pour l'atteindre, la direction compte sur le non-remplacement des départs en retraite et le départ des informaticiens. Pour cela, la direction de l'Insee va offrir aux informaticiens quittant leurs postes et donc leur prime TAI, soit une indemnité exceptionnelle de reconversion, soit une indemnité différentielle qui permettrait de maintenir la rémunération actuelle de la personne dans son nouveau poste non informatique, indemnité qui serait réduite au fur et à mesure de l'évolution de carrière due aux changements d'échelons ou de corps et aux augmentations de salaire.

En Picardie, si l'on ajoute cette réduction des effectifs du SAR à celle qui serait due aux départs des travaux du SES, la DR aurait un effectif inférieur à 80 personnes, mettant en cause sa pérennité. D'où l'urgence de modifier les projets de la direction.

Et c'est là que, parallèlement à vos actions multiples, les publics de l'Insee Picardie interviennent. Pourtant, la direction de l'Insee, tant nationale que locale, a choisi de faire " sa " réforme sans prendre l'avis, ni des personnels, ni de ses publics. Ainsi, nous avions suggéré, il y a 6 mois, lors de la rencontre CGT - Direction de l'Insee Picardie de consulter le conseil économique et social de Picardie, qui regroupe l'essentiel des " décideurs " de Picardie, sur ses besoins en information statistique. Cela n'a pas été fait car… l'objet principal du Moyen terme 2015 n'est pas de satisfaire de nouveaux besoins des demandeurs ou de développer de nouveaux travaux.

Aussi, nous avons demandé à nos partenaires ce qu'ils pensaient des choix envisagés par la direction de l'Insee. Les premiers à répondre sont ceux du tourisme qui, le comité régional du tourisme de Picardie, le comité départemental de la Somme et le maire-adjoint chargé du tourisme à Amiens, ont signé la pétition demandant " le maintien au sein de la direction régionale de l'Insee Picardie d'un système d'enquêtes et d'études de l'activité touristique performant ". Si leur avis n'était pas pris en compte, il serait difficile à la direction de l'Insee de continuer à affirmer que les réformes en cours se font pour le " bien " de nos publics. D'autant que nous avons sollicité d'autres publics qui vont aussi, dans les prochaines semaines, donner leur avis !

De même, en interne, nous savons parfaitement que la réforme des SAR va pénaliser le personnel. Sur le fond, quand la direction dit que rien ne va changer pour les agents, c'est avoir peu de respect pour le travail de proximité qu'accomplissent les personnes effectuant ce travail actuellement au sein de la DR. En matière administrative, on sait parfaitement qu'avec le nouveau système, le temps de prise en compte et de traitement des problèmes ne sera pas le même qu'aujourd'hui ! Et pour la forme, la solution d'avenir qu'on nous propose est en fait un retour en arrière de 25 ans pour la DR d'Amiens, quand elle dépendait de Reims !

c) Metz

La direction de l'Insee avait assuré que le dossier serait bouclé fin mars. Elle repousse maintenant (réunion du 28 avril) l'échéance à fin juin. La raison en est le coût du projet de délocalisation, estimé à 200 millions d'euros, soit plus que le budget du recensement de la population pendant 5 ans ( !). C'est pourquoi il a du mal à être financé dans le contexte actuel. D'ailleurs, ce sont les difficultés budgétaires qui ont retardé à fin septembre ou octobre toutes les CAP prévues en juin pour les passages en contrôleurs 1ère classe et en AAP 2ème et 1ère classe : Faute de prévisions budgétaires, l'Insee ne peut programmer le nombre de postes offerts lors de ces CAP ! Cet exemple concret prouve bien qu'il y a mieux à faire que de dépenser de l'argent pour une délocalisation.

2°) En bref

* Concurrence. L'Insee semble avoir abandonné définitivement les statistiques régionales en matière de santé. A tel point qu'en Picardie, il y a eu une extension de l'enquête Santé, enquête Insee, la rendant significative pour la région. Eh bien, une bonne partie de son exploitation et de sa diffusion a été assurée par l'OR2S et non l'Insee ! Cela montre bien que c'est l'Insee, qui, en abandonnant le terrain statistique, crée sa propre concurrence ! Et c'est rentable ; aujourd'hui, l'OR2S de Picardie emploie 16 personnes, dont 10 rien pour faire des études ! En clair, son service Études est presque aussi fourni que le service Études de l'Insee Picardie qui doit traiter tous les domaines !

* A la recherche des emplois disparus. Les actions menées par le personnel de l'Insee Picardie contre la délocalisation et le Moyen terme ont un bon écho dans les médias et chez nos publics. Trop sans doute puisqu'il a été décidé de ne pas présenter publiquement la publication sur les estimations d'emploi picard. Cela est exceptionnel, d'autant qu'il n'y a pas foule de publications à présenter… La raison en est qu'il aurait été difficile de valoriser un travail en disant en même temps au public que, désormais, ce travail, qui demande proximité et contact avec les partenaires de terrain, risque d'être réalisé depuis Metz !

* Enquêteurs dans l'action. Il n'y a pas que les salariés titulaires de l'Insee qui combattent le projet de délocalisation à Metz. Plus de la moitié des enquêteurs Insee mène une action en ne rendant leurs enquêtes que juste avant la date limite. Leur objectif est d'empêcher la création d'un centre d'appel téléphonique à Metz qui prendrait une partie de leur travail ainsi que celui des divisions Enquêtes Ménages. De plus, l'ensemble des études menées montre que cette méthode à un impact sur les taux de réponse et donc la qualité des enquêtes. Leur mouvement continue, d'autant qu'ils obtiennent déjà des résultats : l'augmentation annuelle de leur rémunération est désormais alignée sur l'indice des prix… ce qui est loin d'être le cas de notre point d'indice salarial !

* Gestion du temps et des absences. Début octobre, un nouveau logiciel sera mis en place à l'Insee pour gérer le temps et les absences. Progrès oblige, il sera… moins performant que ce que nous avons actuellement en Picardie ! Il faudra revenir pour certaines absences au bon vieux papier. Pas très moderne et écologique tout cela ! Il est vrai que ses véritables objectifs sont de réduire les effectifs et d'harmoniser à terme les règlements intérieurs. Et si on le boycottait ?

* La statistique mène à tout. Jan Fischer est depuis quelques semaines Premier ministre de la république tchèque et, à ce titre, à la tête de l'Union européenne, puisque son pays la préside jusque fin juin. Il était jusqu'en mars le directeur de l'Office tchèque des statistiques. Ce lien entre statistiques et pouvoir a provoqué des interrogations sur la réalité du code de bonne conduite de la statistique européenne en ce pays et son indépendance du pouvoir.