Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
6 juillet 2005

 

  1°) Moyen terme 2010 à l'INSEE : le SERRE-VIS public !

Soyons clair, l'objectif du projet moyen terme de l'INSEE 2010 est prioritairement de réduire les effectifs de l'INSEE au-delà des demandes du ministère de tutelle. En effet, si l'on a une idée des " objectifs 2006-2007 " du gouvernement, rien n'est décidé au-delà. Donc, la baisse envisagée, au moins 10% en 5 ans, est un choix purement interne. Rien n'oblige à se fixer un tel but, sauf à plaire au pouvoir en place. Ajoutons une deuxième priorité de ce projet : confier encore plus de travaux au privé !

Pourtant, contrairement à ce qu'affirment des campagnes de désinformation, les Fonctionnaires ont déjà donné pour participer à l' " effort " national, qui ne conduit d'ailleurs qu'à accroître les inégalités et les injustices. Ainsi, la part des richesses produites dans le pays, mesurée par le PIB, consacrée aux rémunérations des agents de l'Etat ne cesse de reculer. Entre 1999 et 2003, elle est passée de 4,38 % à 4,25 % (0,13 points qui représentent quelque 2 milliards d'euros, soit près de 3 % de la masse salariale).

Quelques aspects du projet dont la direction ne souhaite pas informer le personnel.

* Action régionale : le dégraissage. Lors de la réunion des chefs SED de juin, la tendance était à " pronostiquer " entre 100 et 200 personnes en moins dans les " front offices territoriaux ", comptant actuellement 800 personnes. Selon le chef de l'action régionale à la direction générale, ce n'est pas " traumatisant ", son seul problème étant la reconversion des agents ! En clair, l'action régionale est en première ligne des réductions d'emplois et de missions.

D'ailleurs, il est tout aussi clairement dit que la priorité n'est plus d'élaborer notre programme de travail en ce domaine en fonction des attentes des demandeurs. C'est à eux de s'adapter à notre offre, qu'on ne modifie en plus qu'à la marge. Cette situation peut paraître paradoxale quand, dans le même temps, il est pratiquement interdit dans les directions régionales de l'INSEE de travailler sur certains domaines, où l'on a pourtant des statistiques, sans avoir trouvé un partenaire ou signé une convention. Cette attitude est suicidaire car elle conduit à ne plus répondre positivement à des organismes importants qui, progressivement, se détournent de l'INSEE pour, ainsi, laisser la place aux bureaux d'études privés !

* SES : le marchandage. Comme pour le projet INSEE 2004, l'un des enjeux du moyen terme à l'INSEE est de regrouper de nouveaux travaux dans de pôles. Il est question des enquêtes Tourisme, Entreprises, ECMOSS, etc. D'une part, la décision est prise sans faire le bilan des regroupements précédents, qui ne donnent pourtant pas toujours des résultats satisfaisants (SIRENE par exemple) et sans information des personnels concernés. D'autre part, cela conduit à mettre en concurrence les directions régionales entre elles, avec un résultat plus qu'incertain quant à la charge de travail qui restera au sein des SES, sa variété, son intérêt.

* SAR : la concentration. Au nom d'hypothétiques gains de productivité, il faudrait centraliser dans quelques directions régionales certaines tâches. Toutes les tâches administratives sont concernées. Cela conduira à diminuer le nombre de divisions du SAR, à réduire les personnels qui ne deviendront que de simples relais, à appauvrir leur travail, à engendrer des gâchis. Un exemple : en 1999, la centralisation des marchés de location de voitures pour le recensement a abouti à des tarifs 30% PLUS CHERS que les marchés locaux !

* Informatique : la sous-traitance. Même si les orientations de cette activité ne sont pas encore totalement définies, on sent bien que l'on va aussi vers la réduction des moyens. C'est déjà le cas avec la baisse importante des moyens consacrés au renouvellement du parc informatique ou la fermeture des ateliers de saisie. Pourtant, cette politique a des effets négatifs. Deux exemples du recensement de la population : d'un côté, l'INSEE a créé et mis à disposition des communes un outil informatique pour les aider à suivre la collecte. C'est simple, ça fonctionne et l'INSEE assure l'assistance. En revanche, pour les acteurs INSEE du recensement, on a pris une application privée pour l'adapter. Résultat : d'importants retards dans la mise en place, une ergonomie et un fonctionnement inadaptés aux besoins, mais des centaines d'heures et de milliers d'euros perdus ! A tel point qu'aujourd'hui, deux après son lancement, on envisage de trouver des solutions propres à l'INSEE. A noter aussi que la direction avait décidé de supprimer le centre informatique INSEE de Lille, sans discussion. Une première mobilisation des personnels a obligé le directeur général à les recevoir jeudi 7 juillet. A suivre…

* Qualité : le double langage. Moins de moyens et personnels conduisent forcément à améliorer la qualité ! C'est le discours de la direction de l'INSEE. Sauf que les faits la contredisent. Ainsi, dans le souci de réduire les effectifs, la DG envisage de confier au privé une tâche du recensement : le flashage. Pourtant, elle avait insisté, il y a 2 ans, sur l'absolue nécessité que cela se fasse à l'INSEE pour fournir un fichier de contrôle aux tâches suivantes, qui sont déjà confiées au privé. Aujourd'hui, tout cela est oublié. Pire, c'est la société que le fichier INSEE devait contrôler qui se verra confier le travail ! On a tellement confiance dans le privé qu'on lui confie le propre contrôle de son travail !

2°) Effectifs

L'INSEE PICARDIE va connaître une réduction importante de ses effectifs d'ici la fin de l'année. Du coup, mi-mai, la direction a demandé à bénéficier de détachements. Certaines des demandes de détachement datent de plus de 6 mois. Mais, comme la demande de l'INSEE PICARDIE n'a été formulée que 3 semaines avant la CAP du 10 juin décidant des détachements, cela est apparu tardif et non prioritaire à la DG. Conséquence : le 10 juin, Amiens n'avait rien. La direction d'Amiens a voulu malgré tout entretenir le doute jusque récemment, sachant pourtant que la CAP était la seule réunion pouvant valider cette demande.

3°) En bref

* Bureaux : ça déménage. Il est prévu un réaménagement des bureaux du SES depuis un bon mois. Ce n'est ni le premier, ni le dernier. Par contre, il a toutes les peines du monde à aboutir, et ce n'est pas la faute des agents concernés, car ils n'ont pas été associés à la réflexion ! Résultat : on risque d'arriver à une décision dans la précipitation, sans concertation, avec déménagement en plein milieu des congés, sans peut-être les intéressés eux-mêmes. Tout ce qu'il ne faut pas faire. Vive le management à l'INSEE PICARDIE !

* Centres de préparation aux concours 2006 : le grand vide. En 2006, l'INSEE PICARDIE ne sera centre d'aucune préparation aux concours, ni contrôleur (interne normal ou spécial), ni principal. C'est la seule région de France à n'avoir aucun centre de préparation pour au moins un concours ! La seule solution sera d'aller dans une région autre le préparer ou de l'avoir dès cette année. Difficile de croire que la formation est une priorité de l'INSEE PICARDIE, alors que pourtant la Picardie se distingue pourtant par un bon taux de réussite au concours.

* Contrôleur au choix : tous candidats. La direction générale de l'INSEE a modifié, sans concertation avec les représentants du personnel, le 17 juin 2005 le mode d'établissement de la liste des proposables à la nomination dans le corps des contrôleurs. Jusqu'à présent, tous les agents C remplissant les conditions statutaires (40 ans et 15 ans de service) étaient proposables. La DG voulait ajouter une fiche de candidature avec deux engagements de la part de l'agent : un sur sa mobilité, l'autre sur sa participation au stage de 2 mois au Céfil. Suite à l'intervention des syndicats demandant la suppression de la fiche de candidature, la direction a finalement enlevé le passage sur la mobilité. En effet, tant que le statut n'a pas été modifié, elle ne peut changer la procédure. Les syndicats ont redemandé l'annulation de cette fiche de candidature. Nouveau refus. Aussi, nous demandons à tous les proposables de faire acte de candidature.

* Tracasseries administratives. La dernière période a été consacrée par la direction de l'INSEE PICARDIE à tenter de remettre en cause les quelques droits du personnel de la DR. Cela continue. Aujourd'hui, il s'agit de supprimer les crédits d'heures accordés lors des impondérables de transport. Une nouvelle fois, on y consacre plus de temps qu'à régler les problèmes de fond de cette DR. Une chose est sure : on voudrait démotiver le personnel qu'on ne s'y prendrait pas autrement ! Alors une suggestion : si l'on veut faire de réels gains de " productivité " au sein du SAR pour le " moyen terme ", qu'on arrête de perdre son temps avec de telles tracasseries !