Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
6 novembre 2007

 

1°) La paye quitte Amiens en 2009

La réunion nationale Syndicats-Direction de l'INSEE du 30 octobre a examiné le projet d'évolution des SAR d'ici 2010. Celui-ci confirme, en particulier, que les 2 pôles actuels de mutualisation de la paie (Caen et Clermont) géreront chacun la paie de 6 DR en 2008 et qu'en 2009, ce système de pôles serait généralisé à toutes les DR. Cela pourrait conduire à créer un pôle (ou 2) supplémentaire. Certaines DR se positionnent déjà pour récupérer ce travail pour tout le grand nord-est. Mais pas Amiens ! C'est vrai, on n'a pas besoin de cela !

Rappelons aussi qu'en 2008, il a aussi un audit, par l'Inspection générale de la DG, de notre dernier pôle à Amiens, le CNGP, audit qui s'est conclu dans certaines DR par la fermeture des pôles. Cette hypothèse n'est pas à écarter quand on sait que la politique de la DG est de tout recentrer dans les grandes DR, les travaux (voir chapitre Action régionale) comme les pôles non administratifs.

2°) Effectifs

Nous sommes actuellement 98 à l'INSEE PICARDIE, loin des 110 personnes prévues en 2010 et des 115 atteints à la mi 2005. La seule perspective est un poste de B ouvert en mutation à Amiens. Nous n'aurons en effet aucun en C par mutation, malgré le fait que nous ayons été l'une des rares DR à ne pas avoir un des 57 postes de C issus du concours 2007 ou de PACTE. La seule perspective est de boucher les trous non pourvus lors de la campagne de mobilité interne par les 3 contrôleurs reçus au concours interne, à condition qu'ils veuillent bien revenir en Picardie. Pour eux, en dehors de la paie de B, rien ne risque de changer par rapport à leur départ 6 mois plus tôt, puisqu'ils feront leur retour à des postes très voisins de ceux qu'ils ont quitté. Une drôle de façon de reconnaître la promotion interne ! Donc, au mieux, 102 personnes pour la mi 2008.

Dans le même temps, il y aura 2 départs en retraite en B et un certain nombre de départs suite à mutation (B et C), à moins qu'on ne les bloque faute de remplacement. Bref, la situation pourrait encore se dégrader si, en plus des 4 B (3 internes et un (peut-être) par mutation), plusieurs autres B n'étaient pas affectés dès mars 2008 à Amiens.

Or, la décision du nombre de postes de B dans chaque DR sera prise avant la fin de l'année 2007. C'est pourquoi nous vous proposons une pétition en ce sens afin que le solde des mouvements (mutations de B et C, affectation des Cefiliens et retraites) soit au minimum positif de 3 personnes pour atteindre un effectif de 105 à Amiens mi 2008. Nous demandons également que cette mesure de solde positif, après mobilité, de 3 personnes soit reconduite en 2009 et 2010, afin d'atteindre les 110 personnes prévues en 2010. Naturellement, nous demandons, en parallèle, une évolution similaire de la charge de travail.

3°) Action régionale : vers un nouveau moyen terme ?

En octobre, le CODIR, soit 5 directeurs de grandes DR et un directeur de moyenne DR, ont commencé une réflexion sur l'évolution de l'action régionale. Celle-ci a été complétée par une note du directeur de la diffusion et de l'action régionale à la DG aux directeurs régionaux.

Cette pensée se caractérise par le fait qu'on se situe déjà au-delà de 2010 qui était, jusqu'alors, la date limite des réflexions de l'INSEE. De plus, elle s'organise beaucoup autour des PSAR (pôles de service de l'action régionale), dont la place est évoquée avec insistance pour proposer de la renforcer encore : positionnement par rapport aux SSM (services statistiques ministériels), intervention dans les études nationales/régionales.

Si l'on n'y prend pas garde, un tel schéma pourrait conduire, petit à petit, à une recentralisation et une concentration de l'action régionale au niveau interrégional autour des PSAR et donc des grandes DR. Un tel schéma pourrait alors servir à justifier un regroupement des fonctions d'action et d'études régionales dans les plus grandes DR, au détriment de l'activité des SED des petites et moyennes DR.

Certes, la réflexion n'en est qu'à ses débuts. Mais dans un contexte INSEE de plus en plus centralisateur, l'idée pourrait faire son chemin, poussée par la volonté de diminuer les effectifs. Raison de plus pour chacun, au sein des SED notamment, d'intervenir dans la réflexion proposée pour faire valoir d'autres conceptions de l'action régionale, de faire aussi entendre le point de vue des utilisateurs. Cela renvoie à l'idée de la nécessité d'une activité INSEE de proximité et de la prise en compte des acteurs de terrain.

4°) Salaires

Le ministre de la Fonction publique vient d'annoncer 4 " mesures en faveur de notre pouvoir d'achat " pour nous démontrer que nous allions gagner finalement 2,4% de pouvoir d'achat en 2007. Et dire que nous ne le savions pas, ignorants et mauvais comptables de notre argent que nous sommes !

En fait, les 4 mesures se résument à une prime de sommet de grade pour les A (700€ bruts) et les B (400€ bruts), pour celles et ceux qui n'ont plus de progression d'échelon à espérer. Cela représente 2% des fonctionnaires car… les C ont été oubliés ! On est loin d'une mesure de révision générale du déroulement des carrières, surtout à un moment où veut rallonger la durée minimale de cotisation retraite. Le reste consiste au paiement très partiel de jours de RTT non pris, c'est-à-dire simplement la rétribution d'un dû !

Rappelons que la seule augmentation générale de nos salaires obtenus en 2007 est de 0,8% en juillet dernier. Mais le ministre ajoute à ces mesures, la refonte des grilles indiciaires de C et de certains B, l'avancement dû à l'ancienneté (changement d'échelon) et, en prime, les mesures liées à l'action sociale. Résultat : la fiche de paye des fonctionnaires va augmenter en 2007 de 3,7% pour une inflation prévue de 1,3%. Total : +2,4% de pouvoir d'achat pour nous. CQFD !

Une telle méthode, tant sur la forme que sur le fond, est inacceptable. Le ministre nous fait passer dans l'opinion pour des nantis qui nous plaignons à tort. Mais son calcul montre clairement qu'il reprend d'une main ce qui est dû ou obtenu de l'autre. Ainsi, les mesures en faveur des C et B sont à payer par nos salaires actuels et futurs. De même, l'ancienneté est à payer par ceux qui ne changent pas d'échelon ou de grade. Enfin, les quelques mesures sociales nouvelles (comme le remboursement d'une partie du coût du transport en commun) sont comptées comme un gain de pouvoir d'achat pour tous, alors que c'est simple alignement sur le privé !

Le calcul du gouvernement a été moins compliqué pour accorder 140% de hausse de salaire du président de la république !

Ce refus du gouvernement de répondre aux exigences salariales, tout en supprimant massivement des emplois, montre qu'il choisit clairement le conflit plutôt que la négociation. C'est pourquoi l'ensemble des syndicats de la Fonction publique appelle à faire grève et à manifester le mardi 20 novembre.

5°) En bref

* Élections des représentants en CAP. Le personnel de l'INSEE aura à renouveler ses représentants dans le cadre des élections professionnelles. Pour l'INSEE Picardie, vous pourrez voter le 22 novembre prochain à la DR, où un bureau de vote sera installé. Pour celles et ceux absents ce jour-là, ils auront la possibilité de voter par correspondance à la DG, à condition que leur vote arrive à la DG le 4 décembre au plus tard. A noter que les listes CGT-SUD sont les seules à présenter des candidats dans toutes les catégories de personnel, conformément à notre engagement de défendre tous les agents de l'INSEE.

* Suppression de Données sociales. Officiellement, Données sociales, qui est un ouvrage référence important de l'INSEE pour de nombreux publics, n'est pas supprimé. Il est, dit le comité de direction de la DG du 2 octobre, simplement " réparti " dans une foule de publications où l'on pourra y retrouver de petits morceaux de son ex-contenu. Or, ce qui faisait l'intérêt et le succès de Données sociales, c'était justement de rapprocher tous ces " petits bouts " en un tout, qui donnait force et cohérence à sa synthèse.