Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
7 janvier 2005

 

 1°) 2005, année de nouvel accroissement des inégalités ?

D'un côté, les impôts qui, contrairement au message gouvernemental, ne baissent pas. Ainsi, l'accent est mis sur la baisse de l'impôt sur le revenu. Sauf que la moitié des foyers fiscaux ne paye cet impôt. De plus, les deux tiers des allègements sont allés aux 10% des Français les plus riches et la tranche d'imposition la plus élevée est passée de 56,8% en 1997 à 48,09% en 2004. Et encore, grâce aux multiples déductions et dégrèvements accordés, ce taux ne concerne plus que 0,5% des foyers fiscaux !

Enfin, si la part de l'impôt sur le revenu dans le total des recettes fiscales est passée de 19,4% en 1996 à 16,9% en 2004, celle de la TVA, que tout le monde paye et qui est le plus inégalitaire des impôts, est passée de 45,0% à 47,3% !

Dans le même temps, la décentralisation reporte les dépenses de fonctionnement sur les collectivités locales (communes, départements, régions), si bien que les impôts locaux explosent. Cela permet d'observer que la baisse de l'impôt sur le revenu est, en fait, plus que compensée par la hausse des impôts locaux et celle des cotisations sociales.

De l'autre, un pouvoir d'achat en baisse. Ainsi, de 2000 à 2004, le recul de la valeur du point d'indice de la Fonction publique est de 5%. Cela correspond, en perte cumulée, de un mois à un mois et demi de salaire sur la période. Cette baisse est telle que la part du budget de l'Etat (principalement composée des salaires et retraites) a diminué de 26,9% du PIB (les richesses créées dans le pays) en 1983 à 17,9% en 2003.

Cette évolution veut faire accepter le principe suivant : désormais, dans la Fonction publique, il faudrait attendre uniquement les changements d'échelon ou de grade pour espérer voir son salaire augmenter ! Et encore, de peu parfois : en bas de la grille de la Fonction publique, il faut 3 ans pour gagner environ 17 euros de plus !

De plus, depuis ce 1er janvier 2005, la hausse des cotisations sociales va diminuer nos ressources : -0,2% de baisse avec le calcul de la CSG sur 97% du salaire et non plus 95% et jusqu'à -1% de pouvoir d'achat en moins avec prélèvement du " régime additionnel ", c'est-à-dire la cotisation retraite de 5% sur une partie de nos primes (celle dont le montant ne dépasse pas 20% de notre salaire).

Donc, soyons clair : les 1% de hausse de notre salaire proposés par le ministre de la Fonction publique pour 2005, non seulement sont inférieurs à l'inflation prévue (2%) et, bien sûr, ne compensent pas le recul du pouvoir d'achat accumulé depuis 5 ans. Mais elle ne permettra même pas de compenser les augmentations de cotisations sociales de 2005 !!!

2°) Action le 20 janvier

Les mesures prises budgétaires dans la Fonction publique remettent en cause ses missions. On le voit bien, y compris à l'INSEE, les restructurations ou " réformes " conduisent souvent à supprimer ou externaliser des travaux. Ces choix sont faits, non pour satisfaire mieux les besoins des usagers, mais d'abord pour supprimer des emplois. Aux Finances, il est prévu de supprimer 2262 emplois en 2005, près de 6000 en 3 ans. La conséquence de ne remplacer qu'un départ en retraite sur deux, c'est, outre l'abandon de missions, de bloquer de plus en plus la mobilité géographique. Sans maintien ou ouverture de postes, il est clair qu'il faudra 5,10 ou 15 ans pour pouvoir quitter une région. C'est aussi le risque, pour les régions moins attractives comme la Picardie, de voir ses effectifs fondre au point de ne plus pouvoir réaliser, à l'INSEE comme dans les autres administrations, les tâches essentielles.

Cette gestion purement comptable du service public se fait sur le dos du public mais aussi de ses personnels : pouvoir d'achat en baisse, conditions de travail dégradées, etc.

C'est pour ces raisons, pour changer les orientations de la Fonction publique, en particulier aux Finances, que les organisations syndicales appellent à faire grève jeudi 20 janvier 2005.

3°) Les objectifs de la direction de l'INSEE PICARDIE

La direction de l'INSEE veut fixer des objectifs individuels à chaque agent de l'INSEE. Outre le fait qu'elle n'a pas le succès escompté pour cette opération, il faudrait, pour être crédible, d'abord qu'elle se l'applique à elle-même. Aussi, faute d'initiative en la matière, nous en proposons quelques-uns uns à la direction de l'INSEE PICARDIE. Ce sont des objectifs à satisfaire, bien sûr, à court et moyen terme :

* Atteindre les 115 personnes à l'INSEE PICARDIE et maintenir ce niveau d'effectifs dans le temps : cela favorisera les mobilités, tant internes qu'externes.

* Développer de nouveaux travaux. L'accroissement des travaux permettra de proposer une diversification des tâches et des postes offerts en interne et d'élargir la gamme des productions de l'INSEE dans le cadre de notre mission de service public. Ce développement suppose, naturellement, un engagement de ne pas réduire parallèlement les travaux déjà existants en Picardie, par abandon du travail ou son regroupement dans une autre DR.

* Créer un nouveau pôle de compétence à Amiens, en conservant ceux qui existent déjà : renforcer le CNGP comme prévu initialement, élargir le champ d'Insee en Direct, puisque celui ne correspond pas aux nouveaux critères des pôles de compétence (taille minimale de 5 à 6 personnes notamment), avec une consigne de ne pas mettre de " pôles de compétence dans les DR de petite taille ".

4°) Etrennes

Dans un contexte de restrictions budgétaires, il est toujours étonnant de voir certaines dépenses. Nos locaux ont 16 ans. Mais déjà, il faut refaire la façade. C'était indispensable, elle partait en morceaux ! 9.000 . Il y a 5 ans, on installait les Services sociaux dans nos locaux. Aujourd'hui, on les déménage. Résultat : l'INSEE va payer une partie de la nouvelle installation des Services sociaux (40.000 ) et va financer une étude pour installer la division RP et une salle de réunion dans nos locaux (25.000 ). Et puis, un jour peut-être, on fera des travaux (plusieurs centaines de milliers d'euros) et on déménagera. Une opération qui, quand on fera le total, aura sans doute coûté 10 à 15 ans de loyer des locaux RP et salle de réunion actuelle. Pour, sans doute, revoir à nouveau l'aménagement des locaux dans 5 ans Rentable, non ?