Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
11 avril 2006

 

A quoi servent les objectifs que l'on vous assigne pour l'année ? A pas grand chose et, surtout, c'est sans conséquence, avaient affirmé les responsables de la direction régionale. Ces déclarations étaient d'abord faites pour assurer un minimum de participation aux entretiens d'évaluation… dont le taux de réussite figure d'ailleurs dans les objectifs de chaque service et du directeur !

Pourtant, on a aujourd'hui une démonstration du but réel de ces objectifs : comme nous l'avions dit, il s'agit d'instaurer le salaire " au mérite ". Ainsi, la direction générale vient d'annoncer que l'INSEE n'a pas atteint deux objectifs que le Ministère des Finances lui avait assignés. Conséquence : la prime d'intéressement, d'un montant prévu de 150€, versée en mai à l'ensemble des agents de l'INSEE, ne sera que de… 120 € ! Vous direz certes que vous n'avez pas été consultés et informés de ces objectifs et que vous n'êtes pas responsables du fait que les chefs de l'INSEE n'ont pu les tenir. Eh bien tant pis ! Le ministre Breton considère l'INSEE " collectivement " responsable de ce non-respect. Et il faut savoir que cela risque d'être progressivement développé à chaque direction régionale, puis à chaque division et, enfin, à chaque agent. Ainsi, si les objectifs qu'on vous fixe sans consultation ne sont pas respectés, on vous paiera moins, sans s'occuper de savoir si l'objectif était réalisable ni pourquoi il n'a pu être atteint. Raison de plus de refuser ces objectifs et les entretiens d'évaluation qui vont avec.

Une suggestion toutefois : puisque l'inefficacité de notre direction coûte à chacun de nous 30 euros, nous proposons que les inspecteurs généraux de l'INSEE qui, en septembre dernier, ont réussi à se faire octroyer une hausse sensible de leur rémunération, vous en reversent une partie ! D'autant que pour eux, 30€ de perdu par incompétence n'est rien, ce qui n'est pas le cas pour la majorité du personnel.

Mais l'actualité, c'est aussi la réforme " Moyen terme " de l'INSEE pour 2010, même si la direction est très discrète sur le sujet. Ainsi, les premières orientations sur l'évolution des SAR réaffirment la priorité à la réduction des effectifs et, pour cela, la volonté de centraliser au sein de pôles de certaines fonctions : les achats, le contrôle de gestion (tableaux de bord, indicateurs, suivi des coûts) et la paie. S'ajouterait aussi l'externalisation de certains travaux. Parallèlement, la réforme du SED (voir les Collimateur de l'été 2005) entre en application par " petites touches " : les bureaux d'information ferment à tour de rôle, les publications papier diminuent progressivement, les " métiers " sont limités à trois ( !!!) et les publics aux principaux décideurs régionaux.

Et tout cela se fait sans concertation ! En effet, le comité technique paritaire de décembre chargé de discuter du Moyen terme n'a toujours pas eu lieu, mais la direction l'applique déjà. C'est du De Villepin pur jus : on décide, on applique, on discutera après !

Enfin, on apprend, au hasard des comptes rendus, l'existence d'un projet national visant à " homogénéiser les horaires variables " qui pourrait permettre, sous couvert de " contraintes techniques ", d'homogénéiser aussi les pratiques de chaque région. Ou encore, il se met en place dans chaque région un projet de mutualisation des moyens de l'Etat qui vise, par leur mise en commun, en fait, à réduire les moyens globaux de l'Etat. Les premiers domaines concernés sont la formation et les voitures de service. En parlant de moyens, contrairement à ce que la direction de l'INSEE PICARDIE a annoncé, il n'y aura au mieux qu'un C qui arrivera en détachement à la DR au lieu des 3 annoncés.

De tout cela, nous vous convions à en discuter en

ASSEMBLEE GENERALE
JEUDI 13 AVRIL
14H - CAFETERIA

N.B. : merci à celles et ceux qui, par leur action (manifestation, grève, soutien aux jeunes, etc.), ont contribué à la DR au retrait du CPE. Comme quoi rien n'est acquis, même un texte voté, quand on est uni et que l'on s'exprime. Cet exemple indique aussi que, comme on l'a fait par le passé (cas du CNGP), on peut obtenir des résultats similaires à l'INSEE, notamment à Amiens.