Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
12 juillet 2005
100 personnes à l'INSEE PICARDIE en 2010 ?

Comme d'habitude, la nouvelle est conservée secrète par la direction de l'INSEE PICARDIE. Jusqu'au bout, elle aura donc refusé la transparence et la discussion sur le Moyen terme à l'INSEE et ses conséquences en Picardie. Aussi, c'est par d'autres directions régionales (DR) que nous avons appris que l'objectif 2010 pour la DR était de réduire les effectifs à 100 personnes. En clair, avec 15 personnes en moins, le projet Moyen terme a pour but d'effacer ce que nous avons gagné avec celui d'INSEE 2004 (+20 personnes).

Ainsi, pour la 1ère fois depuis sa création en 1967, l'INSEE PICARDIE pourrait connaître une réduction d'emplois. D'après nos sources, cela toucherait tous les services, mais en priorité le SED qui représenterait la moitié de la baisse. Il est également envisagé la suppression d'environ 3 postes au SES et au SAR.

La réduction d'effectifs prendrait deux formes : le non-remplacement de tous les départs (retraites, mutations, réussites aux concours) et le regroupement de divisions. Soyons clair : contrairement aux propos apaisants de la direction de l'INSEE de Picardie, dès cette année, aucun des postes libérés par un départ ne serait remplacé dans les mois à venir. De plus, dans des DR comparables à la Picardie, il est ainsi prévu de regrouper Cartographie et Recensement, Comptabilité et Logistique et de réduire le nombre de divisions aux Etudes.

De même, les travaux les plus exposés à ces réductions de postes sont EPURE, la diffusion et l'Informatique. Ainsi, tout laisse à penser que, dans la lignée de la suppression du Centre national informatique (CNI) de Lille, non seulement le chef de la GIIR ne serait pas remplacé à Amiens, mais on pourrait encore y supprimer un à deux postes ! De même, il est envisagé de réduire les effectifs consacrés aux secrétariats et aux publications.

Naturellement, cela ne sera pas sans conséquence sur nos travaux. Pour un nombre de plus en plus important d'entre eux, il s'agira de n'être plus qu'un relais de pôles nationaux, tant au niveau administratif, études ou production.

Le contenu et l'intérêt des travaux vont naturellement s'en ressentir. De même, la mobilité, que l'on vante tant, deviendra de plus en plus difficile car, d'un côté, en Picardie, on voudra conserver des effectifs pour assurer un travail minimum, de l'autre, les DR d'accueil potentiel ne devraient pas remplacer une bonne partie des postes libérés. A titre d'exemple, Amiens a tout intérêt au maintien du CNI de Lille car sa suppression signifierait la fin, pour un bon moment, de toute ouverture de postes à la DR de Lille !

Enfin, on mesure toutes les limites du discours sur la promotion interne, la " responsabilisation " des cadres. Cette réforme va totalement à l'opposé de cette idée : la réduction du nombre de divisions à une dizaine à Amiens va conduire à moins de possibilité de responsabilités pour l'encadrement intermédiaire et les contrôleurs remplaceront de plus en plus les adjoints administratifs, vu la raréfaction des concours de C. Le tout avec des tâches au contenu appauvri. C'est ce qu'on appelle motiver le personnel !

Pourtant, très peu de DR souhaitent l'organisation que veut imposer le groupe de réflexion " Moyen terme ", dont fait partie le directeur de l'INSEE PICARDIE. Ainsi, à titre d'exemple, la concentration des enquêtes de Tourisme dans un pôle n'est pas souhaitée par les intéressés. C'est le résultat d'un questionnaire auprès des chefs de SES concernés. Les raisons invoquées sont les faibles gains de productivité que provoquerait ce regroupement et, en revanche, une crainte sur la qualité des résultats produits par le pôle et la dégradation des relations avec les partenaires locaux. Bref, personne ne veut de ce regroupement des enquêtes, pourtant déjà envisagé !

La seule tâche qui devrait échapper en Picardie à ce recul historique de la statistique en Picardie est le CNGP. Ce travail qui, pour la direction générale il y a quelques années, ne devait surtout pas rester en Picardie, devrait gagner de nouvelles compétences. Cela nous rappelle qu'en 2001, les directions de l'INSEE d'Amiens et Paris s'étaient mises d'accord pour sa suppression. Et, si le CNGP est toujours à Amiens, cela est dû d'abord au personnel de la DR qui avait montré par l'action son refus d'une telle perspective. C'est ce qui nous fait dire que, comme en 2001, le plan de réduction des travaux et effectifs envisagé par la direction de l'INSEE PICARDIE et la direction générale n'est pas acquis. En effet, le personnel a son mot à dire, même si tout est fait pour ignorer son avis.

En bref :

Le 7 juillet, une réunion syndicats - direction (comité technique paritaire, CTP) s'est déroulé au Ministère des Finances. En communiquant " moderne ", le Ministre n'a pas voulu discuter et s'est contenté d'énoncer les mesures qu'il souhaitait prendre. Parmi celles-ci, la réduction de 2600 emplois au Ministère des Finances en 2006 (la moitié des emplois de la Fonction publique !), grâce surtout à moins de moyens contre la fraude économique et financière (laissons les riches s'enrichir) et moins de moyens pour les contrôles liés à la consommation (qualité des produits et services). Il y a aussi la signature de contrats pluriannuels de performance ( !), qui, à l'INSEE, devraient porter sur la période 2007-2009 (sans doute pour garantir que le service public se dégrade comme prévu !) et la création d'une prime d'intéressement d'un montant maximum de 150 euros par an pour les " agents qui auront atteint les objectifs fixés par leur direction " (résultat de la nouvelle méthode notation-évaluation). C'est, en clair, le début de l'instauration du salaire " au mérite " avec une prime que Sarkozy avait fixée à 400 euros. Notre mérite a donc déjà perdu beaucoup de sa valeur en 6 mois ! Enfin, pour faire passer la pilule de l'abandon de missions de service public, le ministre promet une prime pour les " agents concernés par les réformes les plus significatives ", autrement dit, ceux qui vont perdre leur travail.