Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
14 juin 2004

 

1°) C'est le bins à la DR !

L'une des caractéristiques actuelles de l'INSEE PICARDIE est le manque de transparence dans son fonctionnement. Ces derniers jours, l'exemple des locaux et mutations internes est significatif : certains personnes ont changé de bureaux au fil des jours et des bruits de couloir, sans concertation avec les intéressé(e)s, ni aucune réunion ! D'ailleurs, des personnes de la DR sont toujours sans domicile fixe ! Même chose pour les matériels : on faisait de belles listes, mais rien ne suit derrière.

A noter à propos de locaux, l'autre " grand projet " (aménagement du sous-sol) a déjà du plomb dans l'aile : les 50.000 d'études ont été réduits à 20.000 pour permettre à la DR de PACA d'avoir un peu d'argent pour passer ses marchés de travaux, pour cause de restrictions budgétaires !

De même, la direction régionale s'est portée volontaire pour tester en 2005 la nouvelle organisation budgétaire, la LOLF. Il s'agit de planifier à l'avance toutes les dépenses 2005. Cela impose donc de préparer dès maintenant le budget de l'an prochain. Sinon, en cas de mauvaises prévisions, on sera obligé de prendre sur le budget d'un autre travail (ou non) pour combler un manque de crédits pour un travail donné. Autant dire qu'une information sur le sujet et des réunions de préparation de ce budget sont nécessaires rapidement, mais rien n'est prévu en la matière !

Enfin, les réunions de service, de l'ensemble des personnes comme des chefs de division, sont rares autant que les comptes rendus de ces réunions et ceux du comité de direction (un tous les 2 mois !). Bref, l'information ne circule pas, les échanges pour le travail ou l'organisation sont partiels ou inexistants. D'où des dysfonctionnements, des incompréhensions. Espérons que, pour s'améliorer, la direction de la DR s'inscrira à la formation " conduite de projet ", prévue à la fin du mois à la DR !

La direction de l'INSEE, pour imposer ses réformes, veut nous faire croire que tout le personnel est sur la même galère. En matière d'information, ce n'est vraiment pas le cas !

2°) Succès de la grève des enquêteurs de l'INSEE

Depuis 5 semaines, les enquêteurs de l'INSEE étaient en grève. En effet, la majorité de ceux qui font l'ERCV (enquête sur les ressources et conditions de vie des ménages, enquête européenne) ne transmettaient plus les enquêtes réalisées. Ils protestaient contre la faiblesse de rémunération de cette enquête. En effet, elle est longue et difficile. La direction de l'INSEE l'a d'ailleurs reconnu puisqu'elle avait déjà légèrement augmenté les tarifs de rémunération. Mais ces propositions avaient été jugées nettement insuffisantes. Le mouvement a donc duré et est resté très suivi (80% des enquêteurs).

Le fait de bloquer les questionnaires a privé les enquêteurs de rémunérations puisqu'ils sont habituellement payés chaque mois en fonction des questionnaires renvoyés. Malgré une paie égale à zéro en mai, ils ont continué. Ils ont même décidé de retarder la retransmission d'autres enquêtes (Enquête Emploi en Continu notamment).

Face à cette situation, la direction de l'INSEE a fini par céder. Vendredi dernier, ils ont obtenu les rémunérations suivantes (entre parenthèses le tarif initialement proposé par l'INSEE) :

* 30,45 pour un questionnaire avec 1 questionnaire individuel (22,3)

* 35,74 pour un questionnaire avec 2 QI ;(26,4)

* 41,38 pour un questionnaire avec 3 QI; (31,0)

* 47,02 pour un questionnaire avec 4 QI. (35,8)

Rappelons que les enquêteurs de l'INSEE (environ 35 en Picardie, 800 au plan national), sont les premiers représentants de l'INSEE sur le terrain puisque ce sont eux qui vont chez l'habitant collecter les informations que nous mettons en forme et utilisons. Leur rôle est donc essentiel. Pourtant, ce sont des travailleurs précaires, payés à la pige et recrutés en CDD, alors qu'ils travaillent pour l'INSEE depuis des années (7 ans en moyenne). Ils sont considérés comme des travailleurs intermittents de droit public et leur protection sociale (congés maladie, accidents du travail, maternité, chômage, etc.) est désastreuse. Comme pour le spectacle, ce sont des intermittents sans qui rien ne pourrait se faire mais qui ne sont pas du tout considérés par l'INSEE.

3°) La diffusion à l'INSEE

A compter de ce mardi 15 juin, la diffusion à l'INSEE PICARDIE va se résumer presque à un numéro : le 0 825 889 452 ! C'est facile à retenir (on voudrait éliminer nos publics qu'on ne s'y prendrait pas autrement) et c'est payant. Bref, au nom de la modernisation du service public ( !), on fait moins de service public. De qui se moque-t-on ?

En effet, à partir de ce mardi, l'INSEE PICARDIE ne prendra plus en charge la réponse à la demande téléphonique et Internet des Picards. Comme d'autres directions régionales avant, ils devront appeler ce numéro pour s'entendre dire d'aller sur Internet. Vive le progrès.

D'ailleurs, le premier bilan de cette expérience montre que " le public ne comprend pas toujours la nouvelle politique de l'INSEE " et s'interroge sur le fait que " l'INSEE ne délivre plus de chiffres par téléphone ". Se pose aussi la question de la qualité de la réponse apportée : les usagers " demandent une aide " qu'on ne leur fournit pas, certains ont " de très grandes difficultés à se retrouver " sur le site de l'INSEE, " 10% des usagers s'expriment de manière véhémente ", agacés de ne pas avoir de réponses précises à leur demande. Il est vrai que la direction demande une orientation du public rapide, voire expéditive !

Se pose enfin la question des publics perdus dans la nature, qui paraît loin d'être négligeable.

Pour les personnels travaillant dans les centres d'appel (DR de Rouen, Strasbourg et IIS), il ressort un sentiment d'appauvrissement technique de leur travail et le regret d'avoir moins de contact avec le public. Enfin, on " constate une nette diminution de la demande de produits sur mesure ", qui est pourtant l'une des parties les plus intéressantes du travail. Bref, le sentiment dominant est que le travail s'appauvrit avec, par ailleurs, de mauvaises conditions de travail et une formation jugée insuffisante par les intéressé(e)s, ce qui n'est pas rassurant pour la réponse donnée aux usagers.

A quoi on peut ajouter le problème des ex-Relais de l'INSEE qui devraient offrir un accès gratuit à Internet et une assistance à ceux qui ne peuvent venir dans les locaux de l'INSEE ou n'ont pas Internet. Les résultats montrent que ces conditions sont en fait rarement réunies et que les centres d'appel sont incapables de les localiser. Pour l'INSEE, ces PAPI, PADI et autres PARI ne sont visiblement pas une priorité. Quant au portage de l'offre, les premiers résultats sont plus qu'aléatoires.

Résultat de cet ensemble : une diminution importante de la charge de travail en matière de diffusion, une démotivation des personnels concernés et des publics de moins en moins satisfaits. Mais n'est-ce pas le vrai but de la réforme ?

4°) Salaires

L'augmentation de nos salaires est toujours de 0,5% pour 2004 après 0% en 2003. Pourtant, rien que depuis janvier, la hausse des prix est de 1,5% (+0,4% en mai) et de 2,6% sur un an ! Il y a urgence à augmenter nos salaires.