Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
17 janvier 2006

 

1°) Salaires

Le 12 janvier 2006, le ministre de la Fonction publique a fait, pour la première fois depuis le début des négociations en septembre dernier, une proposition pour la hausse de nos salaires en 2006. Il s'est contenté d'offrir 0,5% au 1er juillet 2006 et des mesures mineures qui ne s'adressent qu'à une minorité de salariés (amélioration des débouchés de C en B et revalorisation de l'indice plancher de la catégorie B).

L'ensemble des syndicats a jugé inacceptable ces propositions, demandant une revalorisation des salaires de 1,8% pour 2006 (montant de l'inflation prévue) et la dissociation des mesures sociales (places en crèches, aides au logement et à la garde d'enfants, etc.) de cette hausse. La logique du ministre est en effet de compter dans la hausse des salaires ces mesures, tout comme il veut considérer les passages d'échelon et de grade comme une augmentation du salaire de base. Avec ce système, seuls ces passages permettraient de maintenir son pouvoir d'achat avec, pour conséquence, un salaire en fin de carrière ayant un pouvoir d'achat à peine supérieur à celui qu'il avait 30 ou 40 ans plus tôt. D'ailleurs, c'est avec cette logique qu'on arrive à ce que le SMIC de la Fonction publique soit parfois inférieur au SMIC légal !

Comme le faisait remarquer un syndicalisme lorsque l'ensemble des syndicats a claqué la porte de cette mascarade, " le ministre est passé, pour nos salaires, directement à la deuxième démarque des soldes. "

Et ce désaccord ne tient même pas compte du retard du pouvoir d'achat de 5% sur ces 6 dernières années, même s'il s'est un peu résorbé en 2005. En effet, grâce aux grèves de début d'année, nous avions obtenu une hausse de 1,8% pour 2005. La hausse des prix n'étant que de 1,5%, nous avons tous gagné, pour la 1ère fois depuis très longtemps, du pouvoir d'achat. Comme quoi la grève paye ! On comprend que certains médias, si prompt à dénoncer ces " gêneurs " de grévistes, gardent le silence sur le sujet.

2°) Visite de l'Inspection générale

Comme à chaque visite du directeur général ou de l'Inspection générale, la CGT de l'INSEE PICARDIE a toujours souhaité avoir une rencontre pour dialoguer de l'avenir de l'INSEE, de l'INSEE PICARDIE en particulier. Comme il ne fallait évoquer que des sujets " ne dépendant pas du niveau local ", nous avons abordé trois thèmes : la réponse à la demande régionale, en particulier à travers les enquêtes, les pôles de compétence en région, la place et le rôle des directions régionales, en particulier en Picardie, à l'horizon 2010.

Pas de révélations mais certaines réponses, en rappelant les choix de la direction de l'INSEE, montrent que la statistique régionale n'est pas la priorité du projet pour 2010.

Ainsi, pour être mieux à l'écoute de nos publics en région, nous avons demandé le développement des RIES (réseau d'informations économiques et sociales) qui, piloté par l'INSEE, répertorient l'ensemble des demandes et planifient les travaux à faire en coordonnant les différents intervenants possibles pour y répondre. Ce système permet à la fois d'élargir la vision des besoins en information et, pour l'INSEE, de garder sa place, plutôt que d'être noyé au sein des services de la Préfecture. Cela a même abouti, dans certaines régions, à la création par l'Etat et le Conseil régional d'un comité, un CRIES, pour se donner les moyens de réaliser plus d'enquêtes et d'études.

Par ailleurs, nous avons connu, en Picardie, des impossibilités récentes, faute de financement, d'obtenir en Picardie des extensions d'enquêtes sur des sujets pourtant sensibles pour la région, comme l'illettrisme ou le logement. Nous avons proposé que la DG mette à disposition de toutes les DR, une fois tous les 5 ans environ, des crédits pour réaliser des enquêtes d'initiative régionale ou des extensions d'échantillons d'enquêtes nationales pour, justement, répondre à ces besoins évidents mais non financés. Un comité national pourrait valider la pertinence et le choix de ces projets.

Dans le cas des RIES, la réponse a été la non intervention : là où de tels réseaux existent, l'INSEE n'ira pas contre, là où ils n'existent pas, il ne fera rien pour. Bref, il n'y a pas de volonté de mieux connaître tous les besoins en région. Pour les crédits " relais " de l'INSEE pour des enquêtes ou extension d'échantillon, la direction de l'INSEE pense que le financement par des partenaires externes de telles enquêtes est indispensable car c'est le signe de leur intérêt et engagement. Aussi, pas d'argent hors INSEE, pas d'enquêtes, et tant pis si elles offriraient une meilleure proximité et réactivité à l'INSEE.

Il est vrai que, pour ce qui est des travaux, le chef de l'Inspection générale pense qu'au moins 80% dépendront de la demande européenne, ce qui ne laissera que peu de place aux préoccupations régionales. Pourtant, suite à notre demande, il n'est pas opposé au développement des études d'impact, malgré leur contestation par le MEDEF, à condition que les parties concernées soient volontaires.

Enfin, il a confirmé que la DG étudiait bien la création d'un pôle SAR à Amiens pour compenser partiellement la baisse des effectifs. Car, et c'est l'autre confirmation, il est bien prévu une réduction des effectifs de la DR, " plus légère que les 10% en 5 ans programmés au plan national pour l'INSEE ". Mais comme on ne dit pas quel seuil servira de référence à cette baisse (la situation 2004 de la DR (115) ou le niveau actuel de 105), on voit bien que le résultat final n'est pas le même. Il est clair en tout cas que si les effectifs de la DR ne remontent pas rapidement (avec les travaux correspondants !), la cible sera plutôt 100 que 110 !

3°) En bref

* Un jour de congé en moins ! Par arrêté du 27 décembre 2005, le gouvernement a décidé que la journée de solidarité au ministère de l'économie, des finances et de l'industrie consisterait à retirer un jour de congé à tous les agents, jours attribués lors de la mise en place de la réduction du temps de travail (12) à compter de 2006. De ce fait, nous n'aurons plus que 41 jours de congé au lieu de 42 ! C'est la manière autoritaire du gouvernement de répondre au refus massif de cette journée de travail forcé et gratuit, financée uniquement par les salariés, qui s'était exprimé lors du lundi de Pentecôte 2005 !

* Juniors et seniors. La visite du chef de l'Inspection générale de l'INSEE a été l'occasion d'exhumer quelques éléments de l'enquête " Intergénérationnelle " à l'INSEE datant d'il y a 2 ans, notamment une diapositive opposant juniors et seniors, les dynamiques aux " usés ". La direction s'est empressée de rectifier le tir : cela ne visait pas le personnel. Selon nos sources, c'est vrai : l'exercice ne concernait que le comité de direction de l'INSEE PICARDIE. A vous de retrouver qui est l' " esprit vif ", le " fatigué " ou encore celui " engoncé " dans ses habitudes. Le gagnant recevra un vidéoprojecteur, le second, un micro portable

* L'Etat vit aux crochets de ses agents. Non seulement le gouvernement nous propose une misère pour la hausse de nos salaires en 2006, mais les remboursements des déplacements de janvier se font attendre. Ce qui est présenté comme un problème technique lié à la LOLF fait que celles et ceux qui se sont déplacés en 2006 seront remboursés de leur frais au mieux à la fin du mois ! C'est tout bénéfice pour l'Etat puisque c'est comme si les agents concernés lui offraient un crédit gratuit d'un mois.

* Le 6 décembre a été rayé du calendrier de l'INSEE. Comme le romancier Georges Perec qui a écrit " La disparition " sans utiliser la lettre la plus courante de notre alphabet, le " e ", la direction de l'INSEE, à travers son Intranet ou les vux de son directeur, fait comme si le comité technique paritaire (CTP) du 6 décembre 2005 avait adopté son plan " Moyen terme " pour l'INSEE en 2010. Sauf que la réunion n'a pu se tenir, une bonne centaine de salariés de l'INSEE ayant accompagné les syndicats pour signifier leur refus de son contenu, à savoir la baisse des missions et effectifs de l'Institut ! Il faut vraiment bien chercher pour savoir que tout est reporté à une date inconnue, sauf pour l'examen des pôles SAR au printemps (voir point sur la visite de l'Inspection générale). C'est un nouvel exemple du manque de transparence à l'INSEE où la communication remplace de plus en plus l'information. La différence ? On ne dit que ce qui " arrange ", allant de l'omission d'informations jusqu'à leur déformation.