Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
17 février 2009

 

 1°) Il ne doit pas y avoir de dénonciation d'agents !

Une note de la direction de l'Insee est parue le 30 janvier 2009. Adressée aux directeurs et chefs de département de la DG, aux directrices et directeurs de directions régionales, et aux chefs de centres informatiques, elle rappelle les perturbations induites par les actions des agents contre le projet de délocalisation de la statistique publique, et notamment les blocages informatiques, perturbations de réunions, etc. Argumentant du fait que la direction de l'Insee va négocier des mesures d'accompagnement avec le ministère, et qu'elle allait en informer les représentants du personnel, elle appelle à dénoncer toute action contre le projet. " Dans ce contexte, je vous demande de m'informer de toutes les actions manifestement en infraction par rapport au droit de la Fonction Publique ; je souhaite aussi être informée de toutes les situations qui vous paraîtraient susceptibles de nuire à l'image et à la réputation de l'Insee. "

Même s'il n'y a pas formellement appel à dénoncer les agents qui font ces actions, la demande faite à la hiérarchie " intermédiaire " est claire. Elle doit désormais choisir son camp. Les actions en cours ont pour but d'empêcher le démantèlement de la statistique publique, au niveau national comme local, ce qui serait inévitable avec le projet de délocalisation. Ne laissons pas la direction de l'Insee faire croire que nous cherchons à " nuire à l'image " de nos institutions ! Tout au contraire, nos actions visent à une statistique publique forte et de qualité.

Soutenons les actions, les agents qui les font, et les membres de la hiérarchie pour ne pas dénoncer les agents ! Aussi, nous vous appelons à signer la pétition qui dénonce… l'attitude de la direction nationale.

2°) Programme de travail 2009

La direction de l'Insee Picardie a élaboré son programme de travail pour 2009. Il ne pourra réussir que s'il est conçu avec l'ensemble du personnel et… partagé. Aussi, c'est l'occasion de rappeler quelques principes.

D'abord, le projet met l'accent sur le regroupement de divisions, fusion au SAR, " rapprochement fonctionnel " au SES. Or, derrière ces mesures présentées de façon très administrative, il y a des personnes qui sont toujours à leur poste et que l'on pousse un peu vite vers la sortie, pour tout remerciement des bons services rendus ces dernières années. Et on arrive à ce paradoxe que l'on veut obliger certains à bouger, tandis que d'autres sont devenus soudain " irremplaçables " à leur poste… jusqu'à la délocalisation voulue de leurs travaux.

D'autre part, les travaux ne doivent résulter d'une simple déclinaison des consignes nationales. Ils doivent d'abord prendre en compte la réalité locale. Ainsi, en matière d'études, la nécessité absolue de partenaires pour engager un travail n'est pas la règle adoptée aujourd'hui par toutes les DR. De plus, cela nous priverait d'études sur des thèmes importants pour la région (tels les revenus, les inégalités sociales, la pauvreté, etc.) faute de financements, financements qui, d'ailleurs, vont se réduire. En effet, certains partenaires potentiels adoptent la même logique que la direction de l'Insee (se " recentrer sur le cœur de métier ") et la statistique n'en fera peut-être plus partie. De plus, en alignant (à la hausse) nos tarifs d'étude sur ceux du privé, on risque de nous demander aussi de faire comme certains cabinets d'étude, c'est-à-dire d'aligner aussi les résultats sur ceux attendus ! De plus, il faut continuer à raisonner en terme de processus d'étude, dont font partie les publications. Or, externaliser leur fabrication rompt cette chaîne et, par la même occasion, l'Insee Picardie abandonnerait un savoir-faire que beaucoup nous envie, tant à l'Insee que dans les autres administrations.

Enfin, pour pouvoir travailler efficacement, il faut avoir une vue claire sur l'avenir, un discours transparent. Quelle confiance avoir dans le futur, quand on parle d'abord de maintenir le CNGP à Amiens alors que, dans le même temps, on fait tout pour réduire sa charge de travail et que, 2 mois plus tard, on reconnaît (enfin)… qu'on souhaite l'envoyer à Metz ? Qui croire quand on présente le départ d'Olée comme une conséquence de la délocalisation à Metz, mais que, dans une réunion de ce début d'année, les responsables nationaux des travaux assurent que " dès juin 2008, on revenait sur un principe de base antérieur, à savoir la nécessité d'une expertise locale sur le système productif et l'emploi et le maintien d'une compétence "entreprise" dans toutes les DR ", acté depuis 2004 ? De plus, il est dit que " il apparaît nécessaire de gérer une période de transition avant l'éventuelle concentration des activités Olée en un lieu unique. Il faudra probablement des regroupements intermédiaires ". En clair, le travail pourrait partir plus rapidement qu'on ne l'affirme d'Amiens.

3°) En bref

* Entretiens d'évaluation. Vous avez été plus nombreux que les années précédentes à prendre notre avis sur la façon dont se sont déroulés les entretiens d'évaluation. Les remarques et divergences portaient aussi bien sur le contenu des objectifs qui vous étaient assignés, leur rédaction, la non prise en compte du contexte de travail pour discuter des résultats passés, le compte rendu des entretiens qui ne respectait pas les propos tenus, etc. Suite à ces discussions, vous avez obtenu certaines modifications. Nous vous encourageons à continuer à faire remonter vos interrogations, mais aussi à échanger avec vos collègues, afin de vérifier qu'il n'y a pas de disparités de traitement ou de discours différents entre membres d'une même équipe. Tout ceci est important, car le jugement qui est porté sur vous, juste ou non, peut influer votre avenir. Par ailleurs, nous demandons à la direction à veiller à ce que certains " dérapages " observés cette année ne se reproduisent plus.

* Le 19 mars, un nouveau rendez-vous. Après le succès de la journée de grève et de manifestation du 29 janvier, les syndicats ont rappelé au Président de la République leur attentes pour la rencontre prévue le 18 février. Dans la Fonction publique, trois points sont soulignés : l'arrêt des suppressions d'emplois, l'augmentation significative de la valeur du point et la réévaluation de l'ensemble de la grille indiciaire pour améliorer la carrière des agents et le retrait de projets porteurs de lourds reculs pour la population et les personnels, et qui se traduisent notamment par des délocalisations et des fermetures massives de services de proximité. Si les réponses n'étaient pas à la hauteur des attentes, une nouvelle journée d'action aurait lieu le 19 mars.