Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
18 janvier 2007

 

 1°) Moyen terme

En 2007, nous allons nous trouver à mi-chemin du plan INSEE 2010 (aussi appelé Moyen terme) de la direction de l'Institut. C'est l'occasion de faire un premier bilan. Force est de constater que, bien qu'aucune communication ne soit faite par la direction de l'INSEE PICARDIE sur le sujet, les perspectives pour la direction régionale ne sont pas réjouissantes. Le développement promis du CNGP plafonne, l'accueil du public paraît voué à la fermeture à plus ou moins court terme, la pression est forte pour faire un sort aux publications papier. Face à cela, rien de neuf et de concret : l'éventualité de récupérer des travaux dont veut se débarrasser l'Ile-de-France, une vague promesse de rester dans les dernières DR à faire de l'ECMOSS et la création d'un pôle sans plus d'engagement, ni sur le contenu, ni sur le calendrier. En clair, on attend des travaux qui ne viennent pas et, au mieux, on risque d'aller vers une DR où il y aurait de moins en moins de diversité dans les travaux.

Du point de vue effectif, après la baisse enregistrée ces dernières années, il n'y a pas de volonté affichée de compenser ce recul. Pour 2007, le nombre de contrôleurs venant de Libourne (2 personnes) correspond juste au nombre de B devant quitter Amiens par mutation. Quant au nombre d'adjoints administratifs, c'est encore l'inconnu car on ne connaît toujours pas le nombre de postes au concours de 2007 et donc encore moins ceux qui seront affectés à Amiens.

2°) Pouvoir d'achat : la baisse continue

Certains ministres et cadres de l'INSEE, y compris à Amiens, voudraient nous convaincre que notre pouvoir d'achat est en hausse. Il est vrai que, quand on a gagne entre 5000 et 6000 euros par mois, on n'a pas les mêmes préoccupations et valeurs que la " base ". Mais la réalité vécue montre l'inverse. Deux exemples : les sénateurs ont voté un amendement demandant que leurs indemnités soient désormais fonction de l'indice des prix et non de celui du traitement des fonctionnaires ! En clair, le retard de nos payes par rapport à l'évolution des prix est tellement important que ces élus ne veulent même plus dépendre du traitement des fonctionnaires ! De même, en fin d'année, le prix de la pomme de terre a augmenté de 40,5% en un an, celui de la pomme de 30%. La pomme et la patate deviennent des produits de luxe !

Quant à notre pouvoir d'achat, il faut savoir qu'entre le 1er janvier 2000 et le 1er octobre 2006, la valeur du point d'indice de la Fonction publique a perdu 5,6% par rapport à l'indice des prix (6,6% par rapport à l'indice avec tabac). Cela correspond à 11,478 € de perte cumulée par point d'indice. Pour une personne à l'indice 300, cela fait une perte de 3443,40 euros de pouvoir d'achat à niveau d'indice constant !

En effet, la conséquence de ce recul est que l'évolution du pouvoir d'achat provient désormais uniquement des changements de grade ou des promotions. En résumé, ceux qui vous disent que votre pouvoir d'achat se maintient considèrent qu'il faudrait rester toute sa carrière presqu'au même salaire que lors de son embauche. Cela signifie la fin de la prise en compte de l'ancienneté et de l'augmentation de la qualification. Quelle motivation !

C'est sans doute ce qui fait le succès de la pétition intersyndicale CGT, FO, FSU, UNSA, SUD, lancée pour obtenir un coup de pouce pour nos salaires : plus de 150000 pétitions ont déjà été remises au Ministre de la Fonction publique. Cela l'a obligé à réagir en accordant une hausse de 0,8% au 1er février au lieu des 0,5% prévus. Deux choses. Cela rend caduque l'accord minoritaire qu'il avait signé avec la CFDT, CFTC et la CGC proposant une hausse de nos salaires de 1,2% en 2006. Mais cela ne fait que 1,5% pour 2006, ce qui ne compense pas notre retard de pouvoir d'achat. C'est pourquoi les syndicats CGT, FSU, FO, UNSA, SUD proposent une journée d'action le 8 février sur laquelle nous reviendrons.

3°) Le CESU se transforme en billet de Monopoly

La CGT n'a pas revendiqué la mise en place du CESU (chèque emploi service universel) pour remplacer la prestation garde d'enfant qui existait avant. Il suffisait d'augmenter son montant et d'améliorer ses conditions d'octroi pour en faire une prestation efficace. Ce qui se passe aujourd'hui avec le CESU est tout le contraire ; le CESU n'est accepté que s'il est agréé par les gestionnaires d'équipements de la petite enfance, municipalités ou associations. Comme cette décision doit être prise par le conseil d'administration de chaque organisme et n'est pas obligatoire, il faudra des années pour que la mesure soit applicable ! Cette mesure de mise en place du CESU sans l'assurance qu'il soit accepté comme moyen de paiement montre le manque d'anticipation des décideurs et va pénaliser financièrement des milliers de familles pendant des mois. Et dire que c'était une mesure prévue pour faire " passer " la baisse de notre pouvoir d'achat en 2006 !

4°) Carrières des B et C (rappel)

De nouvelles grilles indiciaires sont parues pour les catégories B et C. Vous les trouverez sur le site de la CGT INSEE PICARDIE, rubrique " Les droits des salariés de l'INSEE ". Elles ont pris effet au 1er novembre 2006. Il s'agit de la mise en place d'une timide révision des carrières qui visait à faire accepter la nouvelle baisse du pouvoir d'achat en 2006. Pour la catégorie C, le changement est faible et consiste en la création d'un échelon supplémentaire dans chaque grade et création de l'échelle 6 pour les AAP. Pour la catégorie B, il s'agit de la revalorisation des 9 premiers échelons de contrôleur 2ème classe et les 2 premiers de 1ère classe (voir tableau ci-après). Pour cette catégorie, il a aussi été institué une " indemnité de sommet de corps " de 500 € (versée une seule fois) que toucheront les agents stagnant depuis 5 ans au dernier échelon de la catégorie B. Or, la perte de pouvoir d'achat pour ces personnes depuis 5 ans est de… 5344,43 €, soit 10 fois plus que le " gain " proposé ! Cette " indemnité " est avant tout un moyen de refuser de créer de nouveaux échelons pour tenir compte de la durée réelle des carrières des B, qui risque d'être de plus en plus longues !

Échelons B classe normale

Augmentation de l’indice

1

6

2

4

3

12

4

7

5

14

6

16

7

12

8

9

9

6

Échelons B 1ère classe

Augmentation de l’indice

1

10

2

2


5°) Nettoyage des locaux

Suite à l'appel d'offre centralisé au ministère des Finances pour le nettoyage de nos locaux, c'est la société ONET qui a repris le marché depuis le 1er janvier 2007. Nous ne regretterons pas la précédente société, JPB Services, qui, chaque année ou presque, se trouve condamnée par le tribunal des Prud'hommes pour non-respect du code du travail. Mais la nouvelle société n'est pas meilleure puisque, suite au renouvellement du marché à l'INSEE de Rennes, elle en a profité pour licencier une employée, comme l'avait fait JPB Services voici 6 ans. C'est illégal, les sociétés sont condamnées, mais cela leur permet d'éliminer des salariées anciennes, jugées " trop chères " car la justice ne réintègre que rarement les personnes et l'amende est souvent dérisoire par rapport au préjudice subi par la personne qui perd son emploi. D'où la revendication de la CGT d'inclure des critères sociaux et environnementaux pour déterminer le choix des prestataires de service. De même, la CGT a demandé à connaître le contenu du contrat signé afin de voir ce qui est réellement demandé aux personnels et le service attendu. Car, à force d'obtenir des prix de plus en plus bas, c'est le service rendu qui se dégrade et qui conduit à mettre la pression sur les salariées de l'employeur pour leur faire plus que ce qui est prévu.

6°) En bref

* Parking. La mise en place du stationnement payant dans les environs de l'INSEE PICARDIE a été l'occasion pour beaucoup d'entreprises installées rue Vincent Auriol de louer à leurs salariés des places de parking supplémentaires. Une idée que devrait reprendre la direction de l'INSEE PICARDIE : quelques places en plus ne feraient pas de mal et ne sont pas d'un coût élevé comparé au budget restant en fin d'année. Cela est d'autant plus important que la perspective d'un " chèque-transport " dans la Fonction publique pour inciter l'utilisation des transports en commun paraît en panne !

* Locaux. La pétition au sujet du mauvais entretien des locaux, reprise dans toutes les administrations ou sociétés hébergées dans le bâtiment où nous sommes a eu pour conséquence d'améliorer un peu la situation et de faire traiter certains problèmes qui trainaient depuis des mois. Cependant, on peut penser que cela ne durera pas très longtemps. En effet, la principale décision de l'assemblée des copropriétaires a été de… refaire les peintures à l'entrée du garage !!! Une preuve de plus du décalage entre ceux qui dirigent et la réalité du terrain. N.B. : un souhait pour 2007. Quand il y aura un problème dans nos locaux, espérons qu'ils seront résolus aussi vite que quand il s'agit de régler celui d'un directeur à la porte de son bureau !

* Services sociaux. Nous avions obtenu depuis des années à l'INSEE PICARDIE, au nom de l'égalité de traitement des agents, que les personnes à temps partiel puissent aller au spectacle de Noël sur leur temps de travail en reportant leur mercredi après-midi à un autre jour. Cela a été refusé en décembre dernier par la direction de la DR. Comme nous disions dans le dernier Collimateur à propos du forum " Bien être au travail ", l'action sociale n'est décidemment plus une priorité pour la direction.