Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
18 septembre 2006

 

1°) Des salaires à hauteur du coût de la vie

Un des thèmes forts de cette rentrée est celui du pouvoir d'achat : hausse des carburants et des modes de chauffage, poids de plus en plus lourd des frais de logement, etc.

Une nouvelle fois, notre pouvoir d'achat recule. Et le petit coup de pouce récent sur les primes ne masque pas la faiblesse de la revalorisation de nos salaires en 2006 : la hausse des salaires dans la Fonction publique est limitée à 0,5%, avec pour seule perspective d'ici la fin d'année un point d'indice en plus en novembre, alors que l'inflation devrait être voisine de 2% ! De même, le gouvernement propose un " chèque " transport dont ne bénéficieront que les fonctionnaires venant à leur travail en transport en commun. Pour limiter les effets de la hausse des carburants, ce gouvernement s'est bien gardé de taxer les supers profits des compagnies pétrolières ou de mettre en œuvre une véritable politique alternative de transport.

En tout cas, cela montre que l' " accord " salarial signé par une minorité de syndicats début 2006 ne répond pas aux besoins de la majorité des fonctionnaires. Aussi, il est urgent de reprendre les négociations sur ce sujet.

A noter que, si la majorité des fonctionnaires perd du pouvoir d'achat, la vie n'est aussi dure pour tous. Ainsi, cet été, les chefs de service du Minefi (Ministère des Finances), c'est-à-dire en région les directeurs dont celui de l'INSEE PICARDIE, ont eu une " petite " NBI d'un montant de 80 à 120 points d'indice d'un coup selon les cas. C'est à rapprocher des 10 à 15 points qui sont accordés à une personne de catégorie C ou B à l'INSEE… quand elle touche une NBI !

Enfin, cette préoccupation du pouvoir d'achat a de nouveau mis en évidence la nécessité pour l'INSEE de revoir ses travaux sur l'indice des prix pour faire un véritable indice du coût de la vie. Il y va de la crédibilité.

2°) Effectifs : la chute

Aujourd'hui, l'INSEE PICARDIE compte à peine plus d'une centaine de personnes. On est loin des 115, chiffre atteint il y a moins de 2 ans. D'ailleurs, on commence à voir ici ou là des bureaux vides. De plus, la direction a renoué avec les bonnes vieilles méthodes dirigistes en mutant d'office un agent qui n'avait rien demandé, de plus hors période de mutation. Cela prouve une nouvelle fois les limites de ces campagnes de mobilité et, souvent, leur manque de transparence. La raison de cette mutation, qui pourrait bien ne pas être la dernière, est que, faute d'effectifs, des tensions apparaissent sur certains travaux. C'est aussi le résultat, il faut le rappeler, de l'échec du renfort en C promis et annoncé par la direction au printemps 2006. Aussi, l'annonce par la direction de l'INSEE du maintien des effectifs en Picardie rend plus que nécessaire de préciser l'année de référence. En effet, en 2 ans, on est passé de 115 à 110, puis 105 et bientôt 100 ou moins ? Bref, en peu de temps, on est en train d'annuler le développement de l'INSEE PICARDIE obtenu, il est vrai, en grande partie grâce à l'action de ses salariés, notamment celle de mars 2001 (journée de grève lors de la visite du directeur général à Amiens).

3°) Travaux de l'INSEE : la qualité au second plan

A propos des travaux de l'INSEE et de leur évolution, voici deux exemples significatifs de la façon actuelle d'agir de l'Institut.

On se souvient que la direction générale (DG) de l'INSEE voulait fermer le centre national informatique (CNI) de Lille. Motif : l'INSEE devait concentrer ses moyens informatiques et réduire ses effectifs. L'action des personnels du CNI a heureusement permis le maintien d'une division informatique forte à Lille. Aujourd'hui, le comité informatique de la DG vient de " souligner la difficulté du CNI à trouver les moyens humains pour assurer le maintien des équipes de maintenance de certaines applications ". A moyen terme, le CNI se consacrera aux enquêtes Ménages. Dans la période transitoire, " le CNI aura des difficultés à assurer les besoins de maintenance ou à faire face à des circonstances exceptionnelles (…) La question se posera à nouveau à partir de 2008 ". En clair, la direction dit qu'il est à craindre que l'application bête et méchante de sa réforme pour réduire à tout prix les effectifs ne sera pas sans conséquences sur les travaux et leur qualité. Alors, une suggestion : si on craint un effet trop négatif, pourquoi maintenir encore cette réforme ?

De même, à Insee Infos Service (IIS), l'un des 3 centres d'appel de l'INSEE, on a réduit le nombre de lignes téléphoniques car le volume d'appels reçus diminue. De plus, le taux d'abandons atteint les 5%. Il est évident que le fait de renvoyer les personnes vers d'autres partenaires ou Internet décourage. Les demandeurs, vu la difficulté des demandes mais aussi la multitude et la complexité des informations, souhaitent un suivi et un accompagnement dans leur démarche que l'Insee fournissait autrefois, mais plus maintenant. C'est ce qu'on appelait jadis le service public ! Aujourd'hui, on met en ligne des chiffres, sans explication ni communication. Cela nous vaut de plus en plus de remarques des médias. Ce fut notamment le cas pour les estimations départementales de population mises en catimini sur le site Internet de l'INSEE en même temps que les résultats régionaux issus du recensement : on a fait une conférence pour annoncer les seconds sans dire un mot des premiers. Cela a eu un écho très négatif quand la presse s'en est aperçue.

Nous reviendrons bientôt sur d'autres travaux, concernant notamment l'INSEE PICARDIE.

4°) En bref :

* Crédits. La fin de l'année approche. Comme nos effectifs se sont réduits, il va sans doute y avoir des crédits non utilisés, prévus pour payer le personnel, qui vont être transférés pour le fonctionnement. C'est ce que nos poètes de l'administration ont baptisé la " fongibilité asymétrique ". S'ajoutera peut-être un solde de crédits de fonctionnement 2006. Aussi, pour être sûr que cette enveloppe financière aille bien à ce qui est prioritaire, nous vous incitons à rappeler ou faire remonter vos besoins. N'hésitez pas !

* Communication. Il y a belle lurette que l'INSEE ne communique plus sur ses projets, en particulier sur les restructurations internes. Tout est devenu secret, au point que le CTP (réunion nationale, en principe de " concertation " syndicats-direction de l'INSEE) du 6 décembre 2005 devant discuter de l'organisation de l'INSEE en 2010 n'a pas eu lieu et… n'a jamais été reconvoqué comme il aurait dû l'être ! Du coup, le magazine vidéo de l'INSEE " CVS " est victime de ce manque de volonté d'échanger : il ne sera réalisé qu'une seule fois cette année au lieu de 4 d'habitude. Un premier pas vers sa disparition, annonçant la fin de la communication interne (digne de ce nom) à l'INSEE ?

* A la recherche des chômeurs disparus. L'économie française va bien, dit notre ministre des Finances. Sauf que le pouvoir d'achat est en berne et que peu d'emplois sont créés. Malgré tout, le chômage officiel diminue : 252000 chômeurs en moins de la fin 2004 à la mi 2006. Or, durant cette période, seuls 127000 emplois supplémentaires ont été créés. Cherchez l'erreur ! Les départs en retraite n'expliquent pas tout. Il faut y ajouter la hausse des emplois aidés, celle des radiations de chômeurs et le basculement d'un nombre important d'entre eux vers le RMI. Autant d'éléments qui montrent que la baisse actuelle du chômage est plutôt le résultat de mesures factices que d'un mouvement de fond.

* Règlement intérieur. Depuis quelques temps, le règlement intérieur fait l'objet, à l'INSEE PICARDIE, d'interprétations toutes personnelles qui ont conduit, selon les cas, à refuser le report de temps partiel, l'obtention d'une veille de concours ou d'un congé sans certificat, ou de rendre difficile l'accord de jours de déménagement ou l'application d'une mesure parce que certains critères ou délais étaient légèrement dépassés, etc. En fait, une telle façon de faire mène à privilégier de plus en plus les mesures administratives plutôt que la négociation et le dialogue. Il n'y a rien de tel pour démotiver. Aussi, il serait temps d'arrêter de faire une interprétation tatillonne et restrictive du règlement intérieur !