Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
18 novembre 2008

 

 1°) Metz, cela se précise

Fin novembre, Mrs Cotis et Duport doivent livrer leurs propositions pour la délocalisation de services de l'INSEE à Metz. On sait que le contenu du document provisoire a déjà été livré pour examen au Ministère et a été porté à la connaissance de certains députés. Mais plutôt que de spéculer sur des rumeurs, examinons les faits. Metz deviendra la plus grande direction régionale de l'INSEE avec 500 personnes. Cela a été confirmé à l'Assemblée nationale par P. Morel, rapporteur de la commission des Finances, le 12 novembre. A cette occasion, il a indiqué que " les implantations régionales regroupent une centaine d'agents pour les plus petites comme celle de Picardie, 250 pour les plus grosses. " Cette " sollicitude " pour la Picardie montre-elle qu'une croix a déjà été faite sur Ajaccio, Besançon et Caen, beaucoup plus petites qu'Amiens ?

De plus, les syndicats de l'INSEE sont allés voir la mairie de Metz. L'accueil fut très bon pour vanter les mérites de la ville (normal) et indiquer que… l'INSEE cherchait à louer 10000 m² de locaux près de la gare. En clair, pour lancer rapidement la délocalisation, on veut payer au prix fort des locaux en attendant l'aménagement des casernes. Comme quoi cette opération politique aura un coût élevé et n'a pas de sens !

Enfin, la contestation continue à prendre de l'ampleur. 52 cadres supérieurs (directeurs, chefs de départements (DG) et de services (DR)) ont lancé une pétition pour dénoncer cette délocalisation en soulignant ses risques pour la cohésion et la qualité de la statistique publique, et en demandant l "arrêt du projet.

Parallèlement, M. Cotis a reçu les syndicats de l'INSEE le 12 novembre. Il a indiqué qu'il n'était, pour l'instant, pas prévu que le rapport soit rendu public. Donc, il ne fera pas l'objet de concertation avant décision. Le projet actuel comporte un scénario central avec plusieurs hypothèses. De plus, si la mobilité géographique ne sera pas imposée au personnel, la " mobilité fonctionnelle " (c'est-à-dire celle liée à son travail) reste une " éventualité très forte ". On admirera la nuance ! Quant à l'aide à la mobilité, précisons que la délocalisation de l'INSEE n'est pas (encore ?) classée comme une opération de restructuration de l'État et n'ouvre donc pas droit à une prime et à l'aide à la mobilité du conjoint. Donc, la seule incitation qui existe pour l'INSEE est… la démission !

Enfin, l' " effort de la délocalisation " sera réparti (entre ministères et INSEE ?). Quant à l'impact sur les effectifs des DR, la réponse de la secrétaire générale est éloquente : les effectifs planchers actuels (100 en Picardie) sont virtuels et une DR peut fonctionner avec peu de personnes, exemple la Corse !!!

Compte tenu que le rapport ne fera l'objet de discussion, la mobilisation du personnel est la meilleure garantie de pression sur ses conclusions. Déjà, on a entendu à l'Assemblée nationale des députés de tous bords intervenant contre le projet, car ils étaient inquiets à propos des retombées pour l'emploi de l'INSEE dans leur région. Aussi, une nouvelle journée d'action du personnel de l'INSEE aura lieu le 25 novembre, juste avant la remise " officielle " du rapport Cotis-Duport.

2°) Salaires

Les médias ont largement relayé la propagande du ministère de la Fonction publique soulignant que les fonctionnaires allaient bénéficier d'une mesure de rattrapage de leur pouvoir d'achat de plus de 700€ en moyenne. La vérité est un peu différente.

La GIPA (garantie individuelle du pouvoir d'achat) ne concernera de 250000 personnes sur les 5,2 millions de fonctionnaires des trois fonctions publiques (État, Hôpital et collectivités territoriales), soit moins de 5% d'entre nous.

Pour être l' " heureux bénéficiaire ", il faut ne pas avoir eu d'aucune augmentation de salaire, autre que celles liées aux mesures générales, depuis 5 ans. Cela résulte notamment de l'absence des revalorisations des carrières, ce qui conduit à ne plus gagner d'échelons après souvent 30 ans d'ancienneté. En clair, toucheront la GIPA tous ceux et celles qui n'ont eu que la hausse générale du point d'indice depuis 2004, point d'indice dont le pouvoir d'achat a chuté de 9% par rapport à l'inflation depuis 2000, et de 3% pour la seule période Sarkozy (17 mois). L'objectif est de faire passer définitivement les hausses liées à l'ancienneté (changement d'échelon) comme un élément " normal " de rattrapage du pouvoir d'achat. Avec cette logique, un fonctionnaire au bout de 20 ou 30 de carrière aurait un pouvoir d'achat à peine plus élevé qu'en début de carrière. C'est particulièrement motivant ! Et ce n'est pas les 0,8% prévus pour 2009 qui vont améliorer la situation. Pourtant, la demande des syndicats de rouvrir le dossier des salaires reste toujours sans réponse du ministre.

Quand on sait que, parallèlement, les remboursements des frais de déplacement sont de plus en plus insuffisants pour couvrir les frais d'hôtel et de restauration (la CGT a exigé leur réévaluation), on voit que les fonctionnaires sont, moins que jamais, des " nantis ".

3°) Entretiens d'évaluation

Les entretiens d'évaluation vont commencer. Rappelons d'abord qu'ils n'ont aucun caractère obligatoire et que votre véritable " évaluation ", c'est toujours la note. En fait, cet entretien permet surtout de mener l'entretien de notation sans en parler, au point que l'entretien de notation est devenu facultatif, et seulement à la demande du noté. Aussi, n'hésitez pas à demander lors de l'entretien d'évaluation, si vous le faîtes, la " tendance " qu'aura votre notation, puisqu'il y a, dans l'entretien, un chapitre " Perspectives d'évolution " spécifique pour cela. D'autant que, dans les DR, la discussion sur la notation s'engage parallèlement aux entretiens. Aussi, on doit pouvoir vous dire si cette " évaluation " aura des conséquences (bonnes ou pas) pour vous. De même, vous pouvez poser la question de savoir si l'on pense à vous pour passer au choix dans le grade supérieur, si on envisage de vous confier d'autres responsabilités, etc. Après tout, puisque ces entretiens sont définis comme un moment pour " dire ce qu'on n'a pas pu dire avant ", (ce qui est d'ailleurs bien dommage !), autant en profiter. Parmi les questions que l'on peut poser, il y a aussi les perspectives d'évolution de votre travail, de votre division. Enfin, si on fixe des " objectifs individuels ", n'hésitez pas à les noter et, au besoin, à les mettre en cause s'ils vous paraissent déconnecter du sujet. Tout (et n'importe quoi) n'est pas faisable et un recours devant les CAP est toujours possible. De même, ne laissez pas passer, dans le compte-rendu, des commentaires avec lesquels vous êtes en désaccord.

4°) Effectifs

La DR de Picardie ne bénéficie que d'un poste de B en mutation. Des candidats se sont renseignés pour ce poste. Mais, quel que soit le résultat, cela sera insuffisant pour combler les départs de la DR, suite à la dizaine de demandes de départs par mutation souhaités. Espérons que les effectifs provenant du CEFIL seront suffisants pour combler les départs possibles (3 à 4, peut-être). Notons simplement qu'avec la délocalisation à Metz, l'ampleur de la mobilité entre DR (sauf pour Metz) risque de se réduire et que le CEFIL servira à l'avenir à remplir, en priorité, la DR messine !