Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
20 septembre 2005
Notre saga de l'été à l'INSEE : deuxième épisode.
" Comment le comité de direction a voulu régler votre avenir en 2010 "


CONFIDENTIEL DEFENSE

C'est devenu la tradition à l'INSEE de Picardie : dès que l'information est importante, on ne communique plus !

Pourtant, fin juillet, le comité de direction de l'INSEE PICARDIE a défini les orientations qu'il souhaitait pour la direction régionale (DR) en 2010. Naturellement, contrairement à d'autres régions, personne n'a été associé à cette réflexion.

Ainsi, lorsqu'il s'agit d'éviter certaines tâches parfois difficiles à la direction (" évaluation " des personnes, rappel à l'ordre), on " responsabilise " l'encadrement intermédiaire, mais dès qu'il s'agit d'imaginer l'avenir de la DR, on l'ignore totalement. Mais il est vrai que le résultat de cette réflexion n'est pas favorable au personnel de la DR, y compris pour l'encadrement intermédiaire !

Pour résumer les choix du comité de direction, dans tous les cas à Amiens, il y a baisse des effectifs. Ce serait la première fois qu'une telle situation se produirait à l'INSEE PICARDIE depuis sa création. En clair, il s'agit d'une orientation totalement inverse à tout ce qui s'est fait jusqu'alors à Amiens. Autant dire que le directeur est loin d'atteindre les objectifs que nous lui avions fixés pour 2005 : comme aucun des cinq n'a été atteint cette année, l'évaluation va être facile…

Voici les " ambitions " pour l'INSEE PICARDIE en 2010 (c'est ainsi qu'est présentée la réponse du comité de direction !)

1°) Un premier scénario. Il fait passer la DR de 115 à 101 personnes en 2010. Il prend en compte ce qui est appelé des " gains de productivité ", en fait, la réduction des missions et/ou de la qualité des travaux et comprend :

Pour le SAR (y compris le pôle CNGP), il est envisagé de ramener les effectifs de 31 à 28. Cela conduit au regroupement des services administratifs en 2 divisions (ressources humaines (réunissant Logistique et Budget) et services généraux (réunissant Personnel et MVRH)) au lieu de 4 aujourd'hui. L'informatique resterait composé de 5 personnes, dont un chargé du développement. Par conséquent, la direction renonce au remplacement du poste vacant de chef de l'Informatique, contrairement à ce qu'elle avait fait croire un moment. Le CNGP aurait un cadre A en plus, poste déjà prévu pour 2006, et dont l'utilité laisse à désirer…

Pour le SED, les effectifs seraient réduits de 34 à 29. La documentation serait supprimée (réorganisée en pôles interrégionaux), la diffusion ramenée de 17 à 13 personnes : il n'y aurait plus qu'1 cadre A au lieu de 2, le deuxième étant transféré aux Etudes, les publications revues pour ne " conserver des publications papier (que) pour nos partenaires privilégiés (tant pis pour les autres) et développer des publications Web ". De plus, le groupe national de travail sur l'Action régionale en 2010 (dont fait partie le directeur de la DR) précise les autres " gains d'efficacité possibles (comme) l'externalisation de certaines fonctions type PAO si elles sont financées par des partenaires ". En clair, les dossiers issus d'un partenariat ne seront plus réalisés à l'INSEE. Dans cette perspective, la PAO passe de 4 à 3. Enfin, " l'accueil du public serait réorganisé autour d'un accueil sur rendez-vous " (en clair, on ferme le bureau d'information), puisque Internet devient le seul moyen de diffusion.

Pour le SES, la baisse des effectifs serait de 3, de 45 à 42 à 2010. Pour y parvenir, les divisions " Recensement de population " et " Cartographie " seraient fusionnées, avec 2 personnes au total en moins d'ici 2010. La division " OLEE " passerait de 10 à 8, celle des " Enquêtes Ménages " de 9 (début 2005) à 8 en 2010, la division " Entreprises " de 11 à 13 en raison d'un (possible mais pas certain) renforcement du pôle ECMOSS.

Naturellement, ce qui n'est pas dit, c'est que tout cela est fait pour répondre uniquement à une logique comptable : il faut d'abord moins d'effectifs. Derrière les " gains de productivité " se cachent en fait des reculs sur le nombre et la qualité des travaux, l'uniformisation du travail (SED = Internet, kits et publics " sélect ", SES = retour à la production de masse, moins de précision et de qualité et fin de la première analyse, SAR = moins de proximité), le recours de plus en plus important à la sous-traitance et, plus généralement, la remise en cause de certaines de nos missions. Et, bien sûr, on ne dit rien des conséquences en interne d'une telle réforme. Moins d'effectifs, c'est moins de possibilités de mobilité géographique, c'est plus de tensions pour les travaux exceptionnels, tel la supervision du recensement de population : à Amiens, à 115, on n'arrive pas à avoir 25 personnes et les travaux des divisions sont perturbés, qu'en sera-t-il à 100 ?

2°) Le second scénario. Comme la mode est de " positiver " les mauvaises nouvelles (moins d'emplois et de missions, mais plus de poudre aux yeux), le comité de direction de l'INSEE PICARDIE propose un second scénario pour minimiser l'impact du premier.

Il conduit tout de même à diminuer la baisse, puisque les effectifs seraient réduits à 108 en 2010, au lieu de 101. Comme l'imagination n'est pas au pouvoir, il s'agit simplement d'aller " piquer " le travail du voisin. Ainsi, le SES augmenterait ses effectifs de 45 à 48 en récupérant à la DR de Saint-Quentin-en-Yvelines la gestion du département du Val d'Oise pour OLEE (2 emplois en plus), les Enquêtes Ménages (2 emplois en plus) et les enquêtes Entreprises et ECMOSS (2 emplois en plus). Un emploi supplémentaire serait maintenu au SED (PAO) grâce à une " compétence en matière de graphisme et de publication assistée par ordinateur (…) avec une réorientation vers les fonctions de conception d'outils et de pilotage de la sous-traitance " !

Ce scénario n°2 est naturellement incertain. Mais que ce soit les solutions 1 ou 2, la caractéristique de ce projet est, d'abord, la priorité absolue à la baisse des effectifs, ensuite, l'incapacité de la direction de proposer le moindre travail nouveau (comme si tous les besoins statistiques étaient satisfaits) et, enfin, l'abandon total de toute ambition pour la direction régionale de Picardie. Désormais, on se contente de décliner au niveau de la région les produits nationaux, c'est tout. Consternant et, surtout, peu motivant pour le personnel, pourtant de plus en plus qualifié !

Bien entendu, ce projet est inacceptable, d'autant que certains d'entre vous nous ont fait déjà part d'autres pistes. Nous en discuterons ensemble bientôt. En attendant, la saga de l'été continue…

A suivre. Episode 3 ou " La rentrée n'est pas été morose pour tout le monde… "