Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
21 février 2006

 

1°) INSEE 2010 : toujours pas de volonté de clarté

Le projet de la direction pour l'INSEE en 2010, baptisé projet " Moyen terme ", est en sommeil. La raison en est simple : tout ne se passe pas comme prévu ou annoncé. Au plan national, les syndicats ont boycotté le comité technique paritaire (CTP) du 6 décembre 2005 pour dénoncer ce plan dont les objectifs avoués sont de réduire les effectifs et missions de l'INSEE.

Le menu de la direction est affiché : il est envisagé une baisse de presque 10% du personnel (au moins 500 personnes), une forte restriction des travaux de diffusion (fermeture des bureaux d'information, centralisation des documentations, réduction des moyens pour les publications, etc.) et une nouvelle concentration des travaux de production. Mais cette résistance du personnel a mis en évidence une chose : la direction n'a toujours pas défini les moyens pour atteindre les objectifs. En clair, plutôt que de réfléchir aux missions de l'INSEE et d'en déduire les moyens nécessaires en 2010 pour les accomplir, elle a d'abord fixé les moyens (les effectifs) et maintenant, c'est la grande braderie entre directeurs pour définir le contenu futur du travail de chaque DR !

La preuve de ce malaise : la direction pouvait reconvoquer le CTP du 6 décembre dans les 15 jours qui suivaient et faire adopter son projet (en cas d'égalité des voix, celles de la direction sont prépondérantes). Or, le prochain CTP est fixé… en juillet 2006, avec seulement des réunions à thèmes d'ici là : les pôles SAR en avril, l'action régionale en juin !

Au niveau de l'INSEE PICARDIE, le malaise est tout aussi sensible. Contrairement à ce qui a été dit par la direction locale tout au long de 2005, la DR est toujours sur la liste des destinataires d'un pôle SAR et non SES. D'ailleurs, la liste des travaux SAR qui seraient ainsi concentrés dans quelques DR et des DR d'accueil de ces pôles pourrait être annoncée en avril prochain.

Ensuite, les travaux venant d'autres DR que devaient récupérer l'INSEE PICARDIE sont loin d'être acquis : l'Ile-de-France ne souhaite plus déléguer ses travaux et le Nord-Pas-de-Calais s'accroche à son pôle Estel. Bref, on comprend qu'on " communique " moins actuellement sur l'avenir de la DR d'ici 2010.

Et pourtant, il y a urgence à définir et développer les travaux. En effet, nous aurons en 2006 l'arrivée de 12 personnes : 8 B de plus (1 interne, 6 externes, 1 mutation) et de 4 C (1 mutation, 3 détachements). Certes, ces effectifs vont permettre de combler les besoins de personnel de quelques services (surtout au SES) et les départs suite aux mutations et concours. Et si c'est un signe que nous retrouvons un effectif proche des 115 personnes, c'est positif. Un autre signe est l'organisation d'un concours externe de B en Picardie en 2006. Cependant, notre demande syndicale a toujours été de développer les effectifs en liaison avec l'augmentation des travaux. Il n'y a rien de pire pour la motivation des personnes qu'un service en sous-charge comme c'est déjà le cas parfois aujourd'hui. Dans de pareil cas, on voit toutes les limites que peut avoir la définition d' " objectifs de travail " sur l'année quand on n'a du mal à fournir un programme de travail consistant pour l'ensemble de l'année !

Espérons simplement que, dans les prochaines semaines, la direction de l'INSEE PICARDIE passera autant de temps à trouver les travaux pour occuper toutes les personnes de la DR qu'elle en a mis pour " promouvoir " et réaliser les entretiens d'évaluation. Autre souhait : que cela se fasse enfin dans la transparence, qu'on informe plutôt que de " communiquer ". Ainsi, toujours à propos des entretiens d'évaluation, le nombre de refus de ces entretiens à la DR est en fait d'une dizaine et non de trois. C'est ça la différence entre l'information et la communication…

2°) Emploi, salaires : l'argent existe

Pour justifier, la baisse des emplois et du pouvoir d'achat, dans la Fonction publique comme dans le privé, on nous fait le coup de la dette publique qui est trop grosse, de la Sécu qui est malade, etc. Pourtant, les richesses produites en France ne cessent d'augmenter. Mieux, depuis 3 ans, avec une croissance faible ou moyenne, bénéfices, profits et dividendes explosent. En 2005, le bénéfice de France Télécom atteint 5,7 milliards d'euros (+90%), de Danone 1,5 (+226%), BNP Paribas 5,9 (+25%), de Total 12 (+16%), Michelin 0,9 (+36%), Renault 3,4 (+19%), Alcatel 0,9 (+61%), etc. Dans le même temps, les dividendes reversés aux actionnaires de ces groupes augmentent de 20 à 30%, avec un sommet pour Arcelor : bénéfice de 3,8 milliards d'euros (+66%), dividendes +85% ! Voilà à quoi ont servi les licenciements 2005 de l'usine de Montataire (60). En effet, plutôt que d'investir, le groupe a préféré grossir le bas de laine de ses actionnaires.

Dans le même temps, le gouvernement a nettement baissé l'imposition sur le revenu des hauts revenus ainsi que l'impôt sur la fortune. Aussi, ce n'est pas l'argent qui manque pour améliorer la situation en France, que ce soit pour le privé ou le public. C'est sa répartition qui est de plus en plus inégale. C'est tellement vrai que quelques grands patrons commencent eux-mêmes à souligner qu'avec ce divorce croissant entre les profits d'un côté et les investissements et l'emploi, le patronat, soutenu par le gouvernement, est en train de tuer la " poule aux œufs d'or ", à la manière de la pêche intensive qui épuise les réserves de poissons.

En tout cas, le discours " il faut se serrer la ceinture car on est tous sur la même galère qui ne va pas bien " ne tient pas. La vraie solidarité doit commencer par taxer ces profits pour redistribuer cet argent qui est d'abord, même si on veut le faire oublier, le fruit du travail des salariés.

3°) En bref

* Colloque. Le 29 mars, les syndicats CGT, CFDT et SUD de l'INSEE organisent à Paris un colloque sur le thème " La statistique au service de la démocratie " . La direction de l'INSEE vient de donner son accord pour que tout participant se voit créditer de son temps de travail et de déplacement. En revanche, les frais de déplacement ne seront pas remboursés, sauf pour les syndiqués de 2006, qui le seront par les syndicats. Une (nouvelle) bonne occasion de se syndiquer !

* Services sociaux. Le 20 mars prochain se réunira le conseil d'administration des Services sociaux des Finances de la Somme, au sein duquel la CGT a deux représentants. Ce sera l'occasion d'évoquer tous vos problèmes quotidiens, logement, restauration, garde d'enfants, colonies, prêts, etc., des réponses que ces services apportent ou pas et des améliorations souhaitées. D'ici là, n'hésitez pas à donner votre avis.

* Impôts. Cette année, le ministre des Finances a décidé d'innover en annonçant la déclaration d'impôt pré-remplie. L'expérience limitée à l'Ille-et-Vilaine en 2005 a montré que seules 10% des contribuables ont renvoyé une feuille non corrigée ! C'est dire que cela ne sera pas simple. Aussi, la revue " VO Impôts ", qui est sortie comme chaque année fin janvier, sera plus utile que jamais pour vous guider. En plus des nouveautés fiscales de l'année, elle donne des précisions pour corriger et remplir cette feuille. Elle est toujours disponible auprès des syndiqués CGT au prix de 6 euros.

* Journée dite de " solidarité ". Le retrait d'un jour de 7 heures de RTT au nom de la solidarité est injuste, on l'a déjà dit. D'autant plus injuste pour les personnes à temps partiel. En effet, sur quel texte ministériel s'appuie l'INSEE pour demander une journée de solidarité de 7h15 aux agents à mi-temps ? Car c'est bien à ce résultat absurde qu'aboutit l'application de la note de la DG sur le sujet. Explication : un agent à temps plein bénéficie de 12 jours de RTT de 7h30 chacun. Un agent à mi-temps bénéficie de 6 jours de RTT de 7h30 chacun. L'arrêté du 27 décembre 2005 qui fixe les modalités du jour dit de " solidarité " indique qu'il faut retirer un jour de RTT à un agent à temps plein et lui "rendre" 30 minutes pour qu'il accomplisse ses 7 heures de solidarité. Pour les agents exerçant leurs fonctions à temps partiel, le texte dit que " le temps accompli au titre de la journée de solidarité est proratisé en fonction de leur quotité de temps de travail. ". Mais alors pourquoi, à l'INSEE, ne rendre que 15 minutes à un agent à mi-temps à qui on enlève un jour de RTT ? Cela lui fait une journée de solidarité de 7h15, soit beaucoup plus qu'un agent à temps complet, puisqu'en fait, il ne devrait accomplir sa journée de solidarité qu'au prorata de son temps de travail. Il devrait donc légalement accomplir 3h30 de solidarité et non pas 7h15 ! Le calcul de l'administration fonctionnerait si au départ, un agent à mi-temps disposait de 12 "mi-jours" de RTT de 3h45 chacun. Auquel cas, il faudrait alors effectivement retirer 15 minutes de son "mi-jour" pour aboutir à 3h30 de solidarité. Bien sûr, ce raisonnement vaut pour les autres agents à temps partiel au prorata de leur temps partiel. Nous demandons la rectification de cette " anomalie ".