Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
24 avril 2008

 

1°) INSEE PICARDIE en sous-effectif

Selon les critères de la DG, l'INSEE PICARDIE est en sous-effectif. Il faudrait environ 10% de personnes en plus pour effectuer la charge de travail qui nous est impartie en 2008.

Cela est la conséquence de la forte baisse des effectifs enregistrée à Amiens ces derniers mois, suite au refus des PACTE et du pôle de paye par l'ancienne direction de la DR. Pourtant, il est possible d'obtenir des effectifs.

Ainsi, des demandes de détachement pour la DR, de C notamment, existent. On vante la mobilité dans les Fonctions publiques mais, concrètement, c'est toujours le blocage. De même, depuis plusieurs années, le nombre de B arrivant à Amiens ne compense plus les départs. Par ailleurs, depuis 3 ans, il est rappelé par la loi l'obligation d'embauche de 6% de personnel en situation de handicap. Naturellement, l'INSEE est loin du compte. Aussi, nous rappelons notre souhait de nouvelles embauches de personnels handicapés de catégorie C à Amiens (pour les A et B, cela se fait selon une procédure nationale).

En clair, il existe des pistes pour permettre à la nouvelle direction régionale d'inverser ou au moins d'atténuer la tendance observée avec la direction antérieure, qui avait fait le choix d'accompagner (anticiper ?) la baisse !

2°) RGPP : les premières mesures

Les premiers effets de la RGPP (révision générale des politiques publiques) commencent à être connus, à travers notamment les propositions de " modernisation " du ministère des Finances. Rappelons que cette politique vise, sous couvert de " rationalisation ", à réduire les missions et effectifs du service public.

A l'INSEE, cela se caractérise d'abord par la création d'une haute autorité chargée officiellement " de garantir l'indépendance du système statistique ". Il est précisé que cela ne change pas le statut de l'INSEE, qui reste rattaché au ministère des Finances. Sur ce point, l'évolution de la situation est à suivre de près. D'une part, cette autorité pourra, au fil du temps, prendre du poids et s'avérer contraignante pour l'INSEE. Par ailleurs, elle pourrait faire de l'ombre au CNIS - le conseil qui réunit producteurs et utilisateurs des statistiques en France et qui définit le programme statistique annuel de notre pays - en, par exemple, n'appuyant pas ses préconisations. Enfin, d'autres, comme la CFDT, souhaitent aller plus loin en transformant l'INSEE en agence déconnectée de la fonction publique, comme le suggère le rapport très " libéral " Attali. On voit que la façon dont sera créée cette haute autorité et son rôle sont loin d'être neutres. La CGT souhaite plutôt que soient renforcés les moyens du CNIS et que l'on crée une commission de contrôle à postériori de la statistique à la place de ce nouveau " machin ".

L'autre décision concrète est de rattacher le SESSI (statistiques industrielles) à l'INSEE. Là encore, la décision peut avoir des conséquences non envisagées à l'origine ! Le SESSI est situé à Paris et Caen. Une telle mesure peut donc, à terme, accroître la taille de l'INSEE Basse-Normandie si rapprochement physique il y a avec le SESSI, et faire que les " petites " DR se limitent à Besançon et… Amiens, si l'on exclut les DOM et la Corse. En clair, cela peut fragiliser la position de notre DR, si l'on ne se situe que dans une logique de baisses d'effectifs et de missions de l'INSEE en région.

Cette crainte peut être justifiée par la troisième orientation décidée, à savoir de mutualiser davantage les fonctions des DR et d'orienter davantage la production statistique régionale vers les besoins des collectivités publiques. En un mot : concentration et limitation des productions à des publics très ciblés, un moyen de les " sélectionner étant d'ailleurs de " facturer davantage nos prestations ". Certains pourraient traduire cela par " moins de prestations publiques pour gagner plus " ! Ces orientations devront certes être précisées. Elles sont d'ailleurs l'objet d'une mission de l'Inspection générale de l'INSEE, chargée de réfléchir à leur mise en œuvre. Mais celle-ci se fait dans un contexte peu favorable à l'élargissement de nos publics et de nos missions.

3°) Succès des enquêteurs Prix de l'INSEE

Depuis plusieurs mois, les enquêteurs Prix de l'INSEE avaient averti la direction de l'INSEE de leur baisse du pouvoir d'achat et des dégradations de leurs conditions de travail. La direction n'a pas voulu entendre leurs revendications. Aussi, ils ont engagé début avril une action consistant à ne relever que partiellement les prix des produis frais et pas du tout celui des carburants. Dans le contexte d'inflation galopante de ces produits, on voit l'impact que cela peut avoir. Aussi, après seulement quelques jours, la direction a accepté :

· une augmentation de 10 % du barème de rémunération de tous les relevés de prix,

· une revalorisation des " relevés non observés " qui passeront de 0,15 à 0,50 euros pour tenir compte des difficultés spécifiques rencontrées par les enquêteurs prix,

· un examen, à intervalles annuels, du barème de rémunération des relevés de prix afin de faire évoluer les tarifs d'enquête comme l'inflation lorsqu'elle excède la croissance du point de la fonction publique,

· l'indemnisation des relevés de prix comme si ceux-ci avaient été faits, du fait de l'entrave à la mission de service public lorsque les enseignes refusent de laisser les enquêteurs accéder à leur magasin et la mise au point d'un plan d'actions vis-à-vis des enseignes afin de faciliter l'entrée d'un enquêteur dans un point de vente lorsque le magasin en refuse l'accès,

· la mise en place d'un groupe de travail chargé de simplifier le barème des enquêtes-prix ainsi que les questions de charge de travail et de son organisation.

4°) Pétition Carrières-Salaires

Les effectifs diminuent, les carrières sont bloquées alors que la durée de travail s'allonge suite à la hausse de la durée de cotisation pour avoir une retraite pleine, l'inflation annuelle atteint 3,2% mais il n'est prévu que 0,8% d'augmentation de nos salaires en 2008. Bref, cela se dégrade. Pourtant, des mesures financières existent ici et là. Ainsi, pour faire passer le rapprochement le rapprochement entre Impôts et Trésor, on a " trouvé " de l'argent pour des primes parfois substantielles pour faciliter cette mesure. Aussi, l'ensemble des syndicats de l'INSEE demande des mesures pour développer nos missions mais aussi pour améliorer nos carrières et rémunérations. Pour appuyer notre démarche, nous vous proposerons bientôt une pétition qui demande :

Sur les effectifs :

Pour maintenir et développer nos missions, nous demandons le recrutement et l'affectation d'un nombre de titulaires au minimum égal à celui des agents partant en retraite, et ce dans chaque établissement.

Sur les carrières :

- Pour les catégories B et C réduction du nombre de grades comme cela a été fait dans les corps de catégorie A ;
- 15 points d'indice par an pour les agents bloqués au denier échelon de leur catégorie ;
- Augmentation importante du nombre de places aux concours pour les passages de C en B, et de B en A ;
- Un déroulement de carrière permettant à chaque agent d'atteindre l'échelon le plus élevé de son corps : cela veut dire une augmentation du nombre de postes dans tous les grades concernés ;
- Transparence des procédures de " proposition au choix " de façon à ce que chaque agent en soit informé ; interdiction des critères illégaux (basés sur l'âge par exemple) ;
- Reconnaissance de l'expertise technique à l'égal des compétences managériales.

Sur les rémunérations :

- Rattrapage du pouvoir d'achat vis-à-vis de l'inflation ;
- Augmentation des salaires pour 2008 sur la base minimum de l'inflation prévue ;
- Transparence sur le mode de calcul des primes ;
- Mise à niveau des primes (comme cela a été fait pour les catégories A) à hauteur de 200 € par mois pour les agents B et C.

5°) En bref

1er mai. Bientôt le 1er mai qui coïncide cette année avec l'Ascension. Une demande a été faite, tant au niveau ministériel qu'à l'INSEE, d'une compensation pour ce cumul de jours fériés. La réponse est négative.