Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
24 septembre 2004

  Exemples de management à ne pas suivre

1°) Notation

Dans le cadre du nouveau système de " Notation-Evaluation ", la direction de l'INSEE PICARDIE est en train de communiquer aux dernières personnes de la direction régionale leurs objectifs … 2004 ! Il était temps. D'autant qu'il est prévu que l'évaluation individuelle de ces objectifs commence mi-octobre ! C'est un premier signe du manque de sérieux de cette opération. Mais ce n'est pas le seul.

D'une part, nous l'avons déjà signalé, cet entretien devait être réalisé par le chef de division, qui n'est pas le notateur de la personne. Cela conduit d'ailleurs nombre de chefs de division, en Picardie comme ailleurs, à refuser d'être l'évaluateur des personnels de leur division.

Ensuite, parmi les objectifs, certains ne pourront être atteints faute de crédits. On demande, au SES ou au SED, d'être plus sur le terrain mais les crédits de déplacements sont de plus en plus restreints. Nos travaux d'études et analyses se multiplient, mais on se demande si on pourra les publier (6 à 7 IPR, des IIP, un TEP prévus d'ici la fin d'année) ! Or, dans la définition des objectifs, rien n'est dit sur les moyens, tant humains que financiers.

Enfin, des objectifs ne peuvent être atteints si l'on ne prend pas en compte le travail de l'ensemble de la division où se trouve la personne, voire l'organisation d'un service entier. Par conséquent, évaluer cette personne sans prendre en compte le contexte n'a pas de sens.

L'absurde a d'ailleurs été atteint lundi dernier : le ministre de l'Economie, au nom de cette logique de résultats et de performances individuelles, a fait venir à Paris de l'ensemble de la France (y compris les DOM) les 600 douaniers (sur 20.000) qu'il a jugé les plus méritants. Dans un service public où le travail d'équipe est essentiel, c'est inquiétant. A noter aussi que, pour organiser la petite sauterie du ministre, il n'était plus question de restrictions budgétaires. De plus, la majorité des 600 douaniers " méritants " ne voulaient pas aller à cette réunion. Les récalcitrants ont été menacés de sanctions disciplinaires. Cela montre la conception du dialogue au ministère !

Rappelons que ce système est aussi fait pour attribuer, dès 2005, une prime de 400 euros à petite minorité de celles et ceux que les directions auront distingués comme étant méritants.

C'est pourquoi les syndicats de l'INSEE refusent ce système particulièrement discriminatoire et vous demandent de ne pas signer, ni les contrats d'objectifs, ni les compte rendus des évaluations. Ce sont en effet ces écrits, mis dans votre dossier, qui serviront de base pour écarter la majorité d'entre vous des bonifications de notation et autres primes. La direction de l'INSEE le fait déjà depuis des années sans avoir besoin, en plus, de la caution des intéressé(e)s !

2°) NBI : la transparence

Chaque année, vers le mois d'avril, les travaux nationaux annuels donnant droit à la NBI sont connus. La NBI, nouvelle bonification indiciaire, est une prime donnée à une personne qui travaille sur des tâches dont la liste est déterminée au plan national. Elle est attribuée souvent pour un an et est d'une valeur de 10 points d'indice par mois pour un C, de 15 points pour un B.

Cependant, c'est à chaque direction régionale d'établir pour la DG la liste des personnes travaillant sur les tâches sélectionnées. L'expérience passée montre que des personnes qui auraient pu avoir droit à cette NBI ont été " oubliées " de cette liste, volontairement ou pas. Aussi, nous demandons, par souci de transparence et de " bon " management, que les responsables de division où se trouvent les travaux désignés soient informés des listes établies par la direction de la DR, ainsi que les personnes bénéficiaires par un message rappelant le motif, la durée et le montant de cette NBI. Enfin, il est nécessaire, pour éviter les " oublis ", de connaître le nombre de bénéficiaires de la DR pour chaque tâche sélectionnée.

3°) Remettre les pendules à l'heure

Mi-mai, la direction sollicitait la CGT INSEE PICARDIE pour une information sur une mise à jour du règlement intérieur. Il s'agit, disait-elle, simplement de tenir compte de l'évolution de la législation. Toutefois, de petits changements n'ayant rien à voir avec l'évolution de la législation avaient été introduits. Ainsi, la fin de la plage variable passait de 18H30 à 19H. Pourquoi pas, disions-nous, " sauf qu'il est dommage que les horaires de la DR varient uniquement selon les besoins des différentes directions, pas selon les demandes des personnels ".

Le problème, c'est que la direction décide d'une mesure, mais, 4 mois plus tard, elle n'est toujours pas entrer en vigueur. Dans ces conditions, quelle crédibilité accorder aux annonces et propos tenus au cours de telles réunions ? Même constat à propos de la réorganisation des locaux où la direction décide de créer 2 bureaux dans l'ancien de la CREAO, en plein été sans concertation et sans réfléchir au travail et à son organisation des personnes désignées pour les occuper !

Enfin, nous avons sollicité la direction de l'INSEE PICARDIE dès la mi-août pour discuter, notamment, budget et LOLF. Il a fallu attendre un mois et demi pour avoir une réponse ! Aussi, il serait bienvenu, en matière de management, de commencer à montrer l'exemple au niveau de la direction, avant de préconiser les mesures du guide du manager aux autres.

4°) RP : on ne communique plus

Il y a un an, il fallait communiquer pour imposer l'idée que la nouvelle méthode de recensement de la population (RP) était la meilleure. Aujourd'hui, silence. La conférence de presse prévue fin septembre est annulée. Derrière les motifs officiels, la vraie raison est la difficulté à tenir une promesse trop vite faite : donner des estimations de population totale avant la fin de l'année des communes recensées début 2004. De même, faute de crédits, la campagne publicitaire sur le RP (spot de 10 et 30 secondes) de janvier et février pourrait être annulée. Pourtant, le film qui a été réalisé en 2003 a coûté 250.000 euros et l'INSEE en détient les droits pendant 3 ans.

A noter que ce problème de crédits n'est pas propre au RP. L'INSEE PICARDIE va sans doute devoir terminer sans crédits supplémentaires, c'est-à-dire fonctionner avec guère plus de 65% de son budget annuel. C'est ce que Sarkozy appelle développer le service public ! A noter aussi 2.200 emplois en moins aux Finances en 2005.

5°) L'Inspection générale des Finances à l'INSEE

Une lettre de mission signée du ministre mandate un Inspecteur général des finances pour faire une comparaison entre systèmes statistiques publics étrangers et l'INSEE. Ce qui est inquiétant, c'est que pour la première fois ce type de rapport sur l'INSEE est réalisé par un non statisticien (à l'opposé du rapport Malinvaud). La particularité du système statistique français est suffisante pour que les comparaisons avec d'autres pays montrent que l'on y consacre trop d'agents… en oubliant de dire que ses missions sont plus larges et complètes que dans beaucoup d'autres pays et que ses travaux sont de qualité. Cela n'est pas partout le cas comme le montre l'étude du Bureau International du Travail qui, par exemple, a calculé un taux de chômage de 4,9% en Grande-Bretagne, alors que l'institut de statistiques de ce pays n'en trouve que … 2,9%.

A noter que la mission, réclamée par Sarkozy, demande que l'on s'intéresse particulièrement au coût de l'INSEE et à son système régional …