Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE
25 octobre 2006

 

 Échos du Moyen terme à l'INSEE PICARDIE
" Un chef doit savoir communiquer, même s'il n'a rien à dire ". Proverbe Peul

 

Le 5 octobre 2006, la direction de l'INSEE PICARDIE avait convié les chefs de service et de division à passer une petite journée à la campagne, à Berny-sur-Noye. En voici quelques échos.

Le thème de la journée était " de définir ensemble une stratégie collective ". A noter que cette réunion n'a pas été réalisée suite à une soudaine volonté de concertation au sein de l'INSEE PICARDIE. Selon les confidences toutes récentes d'un directeur régional, c'est un " exercice obligé ", fait à la demande de la direction générale. La seule marge de manúuvre du directeur régional serait de... fixer la date et le lieu !

Préambule

Le comité de direction avait concocté et présenté à la DG son propre projet d'avenir de l'INSEE PICARDIE en 2010 voici un an. Dans le scénario le plus optimiste, il était dit que " le SES augmenterait ses effectifs en récupérant à la DR de Saint-Quentin-en-Yvelines la gestion du département du Val d'Oise pour OLEE, des Enquêtes Ménages et Entreprises et ECMOSS. Un emploi supplémentaire serait maintenu au SED (PAO) grâce à une " compétence en matière de graphisme et de publication assistée par ordinateur (...) avec une réorientation vers les fonctions de conception d'outils et de pilotage de la sous-traitance " ! " Un an plus tard, plus grand chose de tout cela n'est valable car notre direction s'est faite retocquée, et son plan aussi, par la direction générale ! En clair, ce qu'on envisageait il y a un an ne tient plus la route. Pourtant, il faudrait prévoir ce qui va se passer dans 3 ans !

Acte 1

La matinée fut consacrée à un rappel des orientations générales prévues par l'Insee pour 2010 avec ce langage officiel qui vire facilement à la langue de bois : il faut partir des attentes de la société, tenir compte des progrès qui diminuent la charge de travail de certaines tâches pour " dégager des marges de manúuvre ", réduire les effectifs (environ 10%) (1)... Mais rassurons-nous : ce n'est pas pour nous puisqu'il n'y aura pas de réorganisation territoriale (ouf, la DR existera jusqu'au départ de l'encadrement ! Après, on verra !) et que les effectifs de l'INSEE PICARDIE seront stables d'ici 2010. La cible serait de 110 personnes. Pourtant, c'est moins qu'en 2004 (115) et, depuis, la baisse continue toujours (autour de 100 actuellement). Depuis, il est vrai que l'on sent le redressement : 1 seul poste ouvert en mutation pour 2007 à la DR sur 91 offerts ! De plus, la prochaine réunion des chefs de division pour le futur projet " INSEE 2015 " pourra se faire en un lieu plus petit car il est envisagé d'ici là de réduire le nombre de divisions de l'INSEE PICARDIE. Tant pis pour la promotion interne des B !

Il est signalé les quelques modifications de travaux ou d'organisations : refonte des statistiques d'entreprises (projet RESANE), développement des informations sur l'emploi et les revenus (SIERA), changement de nomenclature d'activités, création de pôles dans les SAR, le site Web Statistiques Locales (WSL) et refonte de la BRPP (Base des Répertoires des Personnes Physiques), deux projets " légèrement " en panne suite à des (gros) problèmes informatiques...

Et puis, on décline les impacts possibles de tout cela par service. Au SES, l' " automatisation des tâches " (du type, on réduit d'office de moitié les moyens consacrés à EPURE) permet de dégager des marges de manúuvre et les divisions OLEE et Entreprises seront celles principalement touchées par la réforme. Au SED, c'est plus que jamais le tout Internet (le slogan est désormais : Internet est la réponse), avec une politique tournée vers quelques publics prioritaires, ce qui va conduire à " l'uniformatisation des unités de diffusion " (en bon français, la fermeture des bureaux d'information). Côté nouveautés, un relookage du site Internet de l'INSEE, qui a un sérieux problème de lisibilité, et le fameux WSL. Enfin, les chargés d'études devront davantage " sortir de la DR " (un guide touristique de la région sera sans doute fourni). Au SAR, il est prévu la mutualisation des activités avec, déjà, la création de pôles (4 actuellement, dont 2 pour la paye, 1 pour les achats et 1 pour le contrôle de gestion) dont la direction estime l'impact faible sur la DR, l'externalisation des travaux à faire ayant déjà eu lieu. Il y aura moins de divisions et plus de polyvalence au SAR d'Amiens et on étendra les missions du CNGP (à force de le dire, cela se produira peut-être !).

Face à cette description d'un monde (presque) parfait, il y a eu des réactions. Exemples :

Il ne faut réduire davantage les effectifs du CNGP. Où en est-on de la réflexion (quelle réflexion ?) sur l'automatisation ou la sous-traitance du flashage des bulletins du recensement de la population ?

En matière de diffusion, les interrogations ont porté sur la perte de contact avec nos utilisateurs, la baisse possible des demandes des publics prioritaires, la concurrence des Etudes INSEE par le privé, la possible réduction des publications locales au profit de publications sur le Web, le problème d'Internet où nos publics n'ont plus de conseils, même écrits, où l'on met à disposition des produits " semi-finis ", et donc difficiles d'utilisation, des fichiers et des logiciels peu accessibles ou mal conçus, en résumé, un " Internet synonyme de baisse de qualité de service ". Cela a été l'occasion de dire quelques vérités, comme " il n'y a plus d'esprit de service public ", " on favorise les boîtes privées " qui n'ont plus qu'à mettre en forme l'information gratuite et remplacer l'INSEE dans son rôle de conseil et de première analyse ". A noter aussi les regrets que la DR n'ait pas postulé pour des pôles SAR quand l'occasion s'est présentée. Bref, il est temps pour la direction de changer de sujets ! Entracte.

Entracte

Apéritif, petits fours et repas picard aux frais de l'INSEE PICARDIE. Enfin du concret !

Acte 2

L'après-midi était consacré à déterminer les priorités de l'INSEE PICARDIE en 2010. Certaines digestions délicates, voire des assoupissements, n'expliquent pas seuls la difficulté à relancer la réunion. Pour voir une vision de l'avenir, il faudrait d'abord lever les incertitudes, nombreuses : la concurrence des URSSAF et Unedic avec nos travaux sur l'emploi, les menaces sur les enquêtes entreprises où on ferait plus de téléphone et moins de visite, la disparition de Sage, des PARI et PADI en matière de diffusion, l'avenir des publications papier et/ou des TEP, etc. De plus, les travaux nouveaux sont peu nombreux et rares sont ceux qui pourraient concerner la DR. Du coup, la conclusion est simple. Restent les délégations d'Ile-de-France inconnues "résultant d'une concertation dans le temps" (enquêtes entreprises ou ménages, EPURE ou autres) et un pôle : soit être une des 2 ou 3 DR ayant ECMOSS, soit un centre d'appel de 12 personnes, spécialisé dans la réponse aux entreprises (SIRENE, changement de nomenclature d'activité). CQFD !

Epilogue

La journée laisse l'impression d'être allé vers des conclusions déjà préétablies. Il y a un an, le comité de direction avait imaginé seul son programme pour l'INSEE PICARDIE en 2010. Un an après, cela semble être la même chose, sauf que la direction pourra considèrer, de son point de vue, que cette journée lui a permis de faire partager sa vision, à défaut de la faire approuver, par les chefs de division.

Naturellement, le déroulement assez fastidieux de l'après-midi, qui était censé préparer les propositions pour 2010 de la DR, montre que cela était loin d'être le cas. On le voit aussi à travers les difficultés pour beaucoup de tirer des enseignements de cette réunion et les interrogations suscitées sur les suites à y donner.

Cela est d'autant plus vrai que l'on sent que ce qui est envisagé ne va pas dans le sens du développement de la DR. Car, que reste-t-il de cette journée ? On est dans l'attente de délégations de travaux de la DR d'lle-de-France, qui dépendent de son bon vouloir et qui risquent d'être constituées de travaux dont elle ne veut plus. Parallèlement, on espère la création d'un pôle qui pourrait être celui d'ECMOSS, partagé avec une ou deux DR, dont Toulouse. D'ailleurs, notre information du Collimateur du 2 octobre 2006 affirmant les possibilités d'un pôle ECMOSS dans cette DR a été reprise par la direction lors la réunion. Comme quoi rien n'est prévu d'avance !

Et cela semble tout ! Car la seconde piste de pôle évoquée - un pôle Insee Contact (PIC : un centre d'appel) spécial entreprises - semble avoir du plomb dans l'aile, puisqu'il est déjà officieusement annoncé à Insee Infos Services (IIS) en remplacement du pôle " tout public " existant. En effet, comme nous l'avons dit dans le Collimateur du 18 septembre 2006, la charge des 3 PIC " tout public " actuels (IIS, Rouen, Strasbourg) est nettement moins importante que prévue. D'où l'idée de fermer à Paris un PIC tout public et de le remplacer par... un PIC spécialisé entreprises à Paris !

L'ennui, c'est que cette idée fait partie d'un rapport du 3 octobre 2006, confidentiel mais " tombé du camion ", diffusé aux directeurs régionaux AVANT la réunion du 5 octobre ! On nous dira bien que rien n'est fait jusqu'à la création de ce PIC. Pourtant, cela conforte l'impression que les dés étaient bien pipés lors de cette réunion. D'où le proverbe picard :

" Discourir à Berny-sur-Noye n'évite pas de se faire berner par un discours à la noix "

La suite au comité technique paritaire (CTP : réunion national syndicats-direction de l'INSEE), fixée par la direction générale de l'INSEE au 30 novembre pour évoquer l'INSEE en 2010. On vous en reparlera.

(1) Ca, c'est un classique de l'INSEE : pour justifier la baisse des effectifs, il met toujours en avant les gains de productivité qui permettent de " dégager des marges de manúuvre "... mais jamais de reconnaître financièrement les efforts des personnels pour y parvenir. Ainsi en 1993, on était en pleine réflexion sur l'avenir de l'INSEE en... 1997. La direction de l'INSEE disait déjà que " la période 1993-1997 sera soumise, pour l'ensemble des ressources (finances et personnels), à de très fortes contraintes ". Elle en avait alors profité pour réduire les projets de travaux. Mais, la direction avait dû revoir en partie son plan à la hausse car il a eu en 1995 un important mouvement social. Cela montre le chemin à suivre si l'on veut inverser le recul programmé de l'INSEE et du service public