Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
31 mai 2009

 

La direction de l'Insee a réuni en région parisienne, les 26 et 27 mars 2009, 130 cadres supérieurs de l'Institut pour réfléchir aux " organisations stratégiques " de l'Insee à l'horizon 2015. Cette réunion a suscité beaucoup de réactions.

Ainsi, est-il bon de limiter la réflexion sur l'avenir de l'Insee à une poignée de personnes, alors que le résultat va engager l'ensemble du personnel de l'Insee ? Il y aurait-il une petite élite, chargée de " penser " et tous les autres, chargés d'exécuter la " bonne parole " ?

De même, sur la forme du séminaire, la direction a choisi de mettre ses " élites " au vert dans un hôtel 3 étoiles pendant 2 jours, alors que, dans le même temps, elle réunit en amphi les participants aux journées méthodologie de statistique ou de recensement de population. Vu le contexte actuel de crise, les grands " patrons " de l'administration, comme ceux du privé, ne devraient-ils pas être plus économes ?

Enfin, il y a eu la note de la secrétaire générale de l'Insee qui a écrit le 24 mars à propos des 27 et 28 mars, que " pour éviter tout débordement en l'absence des cadres dirigeants de leur établissement, je demande aux chefs de CNI et/ou aux directeurs régionaux d'assurer un contrôle renforcé aux salles machines ; sauf nécessité, personne à part la hiérarchie ne doit pouvoir y avoir accès ". C'est un véritable acte de défiance vis-à-vis du personnel de l'Insee.

Aussi, comment peut-on parler sérieusement de l'avenir de l'Insee quand on restreint le cercle de discussion et que l'on affiche ouvertement que l'on n'a pas confiance dans son personnel ?

En Picardie, les questions posées à M. Lequiller, chef de l'Inspection générale de l'Insee, sont restées deux mois sans réponse ; à celle de savoir s'il existera toujours une direction régionale en Picardie en 2015, il ne s'est engagé que jusque 2012. C'est ce qui se retrouve dans les propositions de la direction.

" Les DR seraient maintenues jusque 2015 " ; mais un point sera fait au fil du temps (et du départ des travaux et effectifs !) sur la " viabilité " des petites DR ! De tels propos sont inquiétants si on les rapproche de ceux de M. Hébert, prédécesseur de M. Lequiller, qui a clairement dit en 2006 que l'effectif de 100 personnes à l'INSEE PICARDIE était un " seuil minimal de fonctionnement ". Le moyen terme 2006-2010 avait d'ailleurs fixé une cible de 105 à 110 personnes pour notre direction régionale. Or, la proposition est, pour 2015, une baisse des effectifs de 18% en moyenne pour les DR d'ici 2015, soit une " cible " d'environ 80 personnes en Picardie !

D'ailleurs, les propositions de la direction visent à vider la DR de ses activités. En effet, à la disparition programmée de nombreux travaux à Amiens d'ici 2013 pour cause de délocalisation à Metz (OLEE, ECMOSS, CNGP, et conséquences des réformes prévues sur le SAR et la cartographie), s'ajoute aujourd'hui celle d'activités qui seraient regroupées dans des pôles : la conjoncture, le tourisme, les enquêtes entreprises. En plus, d'autres travaux seraient progressivement confiés à la direction régionale du Nord-Pas-de-Calais sous couvert d' " interrégionalité " (déjà actuellement la formation, les superviseurs nordistes pour réaliser le recensement de population 2010 en Picardie). Tout indique qu'avec un tel " programme ", on nous fabrique une DR de Picardie symbolique pour 2015, qui favorisera sa disparition pure et simple peu de temps après, si ce n'est pas avant !

Par conséquent, nous refusons ce projet de mort annoncée de la DR. Ce que nous attendons de la direction de l'Insee, c'est d'avoir en 2015 une direction régionale à part entière en Picardie, comprenant des travaux pérennes, à la fois de production, d'études, de diffusion et des tâches liées aux ressources humaines. Cela passe notamment par la création de pôles statistiques à Amiens. C'est cela avoir de l' " ambition " pour l'Insee en 2015 !

Certains s'inquiètent d'une réorganisation des régions dont la Picardie ferait les frais. Mais supprimer ses grandes entreprises et ses administrations, comme l'Insee propose de le faire à Amiens, n'est-il pas le " meilleur " moyen d'y parvenir ? C'est pourquoi défendre l'Insee en Picardie, c'est défendre notre service public, ses emplois et notre région !