Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

LE COLLIMATEUR
31 mai 2005

 

 1°) Evaluation : le malentendu

Une trentaine d'entre vous ont rempli le questionnaire que nous vous avions soumis début avril à propos des entretiens d'évaluation. Merci de cette participation qui, compte tenu du bon taux de réponse, permet de noter quelques caractéristiques locales. Ainsi, le sentiment est assez partagé sur l'utilité ou non de l'entretien d'évaluation. Cela tient sans doute à ce que chacun ne lui donne pas la même signification : certains y voient un nouveau moyen de management, d'autres un instrument de contrôle supplémentaire. Deux choses se dégagent plus nettement. D'abord, si beaucoup pensent que " la direction vous considère engagé(e) par le contrat d'objectifs ", en revanche, la très grande majorité d'entre vous ne se sent pas engagé(e) par ce contrat vis-à-vis de la direction ! De plus, au-delà de certains objectifs individuels qui ont choqué, les répondants conçoivent l'entretien d'évaluation d'abord comme un entretien professionnel et, à ce titre, souhaitent qu'il soit déconnecté de la notation et que l'entretien ainsi conçu puisse être réalisé à d'autres moments et à la demande de l'agent, quand il ressent le besoin de faire le point sur les travaux ou sa carrière. Cela nous fait dire que, si certains peuvent s'y retrouver sur la forme, il y a une forte divergence entre la direction de l'INSEE et l'évalué(e) sur les objectifs qu'on assigne à un tel entretien !

2°) Lundi de Pentecôte, un jour pas ordinaire

Le 16 mai, lundi de Pentecôte, n'est toujours pas un jour comme les autres. Force est de constater que nombre de salariés ont manifesté leur opposition à la suppression de ce jour férié de diverses façons, de la grève à la journée de RTT. A l'INSEE PICARDIE, on a compté une quarantaine de personnes présentes (un tiers des effectifs environ), soit une présence comparable à celle du vendredi suivant le jeudi 5 mai de l'Ascension. Merci à toutes celles et ceux qui ont ainsi manifesté leur opposition à l'instauration de ce jour de travail gratuit, sachant qu'il existe d'autres moyens d'exprimer la solidarité de notre société vis-à-vis des personnes âgées et handicapées. A souligner, à propos de ce thème, le succès des salariés de Total qui ont réussi à maintenir du lundi de Pentecôte férié, preuve que la lutte syndicale paye.

A noter toutefois une différence notable à l'INSEE PICARDIE : la présence du comité de direction le 16 mai, ce qui n'était pas le cas le 6 mai. De même, le comité de direction était également totalement absent le 20 mai. Il est bon de le faire remarquer à un moment où la direction ne se gène pas pour faire certains rappels à l'ordre (quand cela l'arrange !). Pour le 20 mai, le directeur était en mission, le reste du comité de direction en formation. On aurait très bien pu interdire à un de ses membres d'y aller pour " raison de service ", au même titre qu'on a interdit à un agent d'aller en formation la semaine dernière alors que ses responsables hiérarchiques avaient validé son inscription à cette formation ! Comme toujours, deux poids, deux mesures.

Rappelons aussi que, puisque les convocations chez la direction se multiplient, ressemblant parfois à de véritables règlements de compte, vous êtes en droit de demander un délai avant la réunion et de vous faire assister par un représentant syndical, que ce soit au niveau de la direction que de votre service.

3°) Budget : le temps de vaches maigres

En raison du gel budgétaire, l'INSEE PICARDIE doit faire face à ses dépenses jusqu'en septembre avec seulement 60% de son budget ! Cela a conduit à différer les achats informatiques, à restreindre certaines dépenses, déplacements et formation notamment. On peut donc même craindre que certaines activités (travaux, publications) en subissent aussi les conséquences. De même, il faudra agir pour que l'INSEE obtienne le budget prévu et les crédits gelés soient débloqués. Là encore, le climat social pèsera beaucoup sur les décisions qui seront prises. Enfin, il faut veiller, comme chaque année, que si la direction régionale récupère en fin d'année les 40% du budget manquant, ceux-ci soient utilisés en fonction des besoins du personnel. Rappelons que nous avons demandé depuis longtemps à la direction que soit dressée une liste des demandes exprimées par les agents et services. Bien que la direction ait affirmé son accord, nous n'avons encore jamais vu une telle liste !

4°) Règlement intérieur

La volonté d'harmonisation touche l'INSEE, en particulier en matière de règlement intérieur. Et, comme souvent, on essaye d'aligner tout le monde sur ce qui est le moins favorable aux personnels. Ainsi, au nom d'une " mise en conformité " avec la durée légale du travail, la direction de la DR a tenté de remettre en cause l'heure de crédit les veilles de fêtes et la demi-journée fête des mères. Grâce à votre réaction, cela a pu être évité, mais il nous faudra rester vigilant pour l'avenir. On retiendra surtout de cette mésaventure l'absence de transparence dans les décisions de la direction (on l'avait déjà observé pour l'attribution de la NBI) et le fait qu'on y consacre plus de temps et de moyens qu'à s'occuper de la gestion quotidienne de la DR et de ses travaux. Là encore, merci au personnel d'avoir relayé l'action "Fête des Mères".

5°) Dutreuil, le retour !

Le ministre de la Fonction publique fixait, fin janvier, la hausse de nos salaires à 1% pour 2005. 2 grèves plus tard, M. Dutreuil accordait 1,8%, soit, pour la 1ère fois depuis 6 ans, la perspective du maintien de notre pouvoir d'achat. Aujourd'hui, il veut " réformer " les grilles de la Fonction publique, en remettant en cause du statut des fonctionnaires. Nous y reviendrons.

Mais, pour connaître les vrais objectifs de notre ministre, il suffit de regarder qui sont ses " conseillers ". Ainsi, son " comité d'évaluation des stratégies ministérielles de réforme " comprend un ancien ministre italien, qui a remis en cause le statut des fonctionnaires de son pays, un certain Daniel Bernard… ancien PDG de Carrefour, qui s'est fait virer pour mauvais résultats avec 39 millions d'euros, soit 2500 ans de SMIC brut ! On y trouve aussi M. Mer, ancien ministre des Finances et candidat à la présidence du patronal français (MEDEF). Que du beau monde connu pour se faire un maximum d'argent et leur opposition au service public !

6°) Divers

* Indemnités de déplacement, ça urge. Les dernières mesures de revalorisation des indemnités de déplacement datent de 2001. Or, depuis, les prix de la restauration ont augmenté de 7,5%, ceux des nuitées de 14% ! Et c'est sans parler des carburants pour ceux qui utilisent leur véhicule personnel. Aussi, il est temps de rehausser les tarifs.

* Elections. Le renouvellement des représentants en CAP des contrôleurs de l'INSEE fin mars 2005 s'est traduit par une stabilité des résultats par rapport à ceux de 2004 : les listes CGT-SUD obtiennent 54,2% au plan national (+1,1%). En Picardie, la liste recueille 63,2% (+10,8% par rapport à 2004). Merci de cette confiance.

* 100000. Ce n'est pas dans Insee en Direct, mais, sans faire de bruit, le site Internet de la section CGT de l'INSEE PICARDIE devient une référence. Il a franchi le cap des 100000 connexions. S'il est un lieu d'information sur ce qui se passe à l'INSEE, il présente aussi des analyses critiques sur les principaux projets de la direction de l'INSEE et une autre vision de l'économie régionale à travers la revue " Economie Picarde ". Mais c'est aussi un point d'entrée pour celles et ceux qui souhaitent contacter l'INSEE. Ainsi, nous avons eu des demandes de statistiques provenant de Pologne, du Maroc et même de Corée du Sud ! Un des classiques de notre site est désormais la demande de conseils pour passer les concours de l'INSEE, qui ont débouché sur 3 réussites, dont une personne en poste à Amiens ! Enfin, les demandes les plus régulières portent sur des problèmes administratifs, provenant de titulaires, contractuels ou enquêteurs de l'INSEE, notamment de nouveaux arrivants. Alors, à bientôt sur http://perso.wanadoo.fr/cgt-insee-picardie !

* Locaux. La direction de l'INSEE PICARDIE a renoncé, pour 2005, à son projet de réaménagement des locaux, les Services sociaux restant à leur place actuelle.

* Réserve électorale. L'INSEE Picardie n'a pas publié avant le référendum l'IPP sur le taux de chômage dépassant les 11% en Picardie. La DR du Travail a pourtant publié son bulletin, disant que les chômeurs avaient diminué de 0,3% dans la région. Ainsi, le " devoir de réserve " ne semble s'appliquer que quand le chiffre n'est pas favorable au pouvoir !