Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

Le 23/03/2001

  Monsieur,

Nous souhaitons que votre visite à Amiens soit l'occasion pour vous d'apporter des réponses précises et concrètes aux nombreuses inquiétudes et incertitudes qui existent parmi le personnel de l'INSEE PICARDIE à propos de l'avenir de leurs travaux et de l'absence d'orientations pour les années à venir. Aussi, pour que notre rencontre soit la plus constructive possible, nous soumettons à l'avance quelques informations et propositions.

En premier lieu, ces incertitudes portent sur l'avenir des équipes SIRENE. Le départ de ce travail est annoncé depuis des mois -deux ans même-, sans qu'aucun calendrier sérieux ne soit avancé, ni même les modalités de ce transfert et de l'arrivée des nouveaux travaux devant compenser ce départ (enquêtes Ménages notamment). Nous demandons que la dernière date envisagée (quatrième trimestre 2000) soit confirmée par écrit, qu'un calendrier de ces transferts soit établi et que les décisions rendant effectif ce changement soient rapidement prises. C'est une question vitale pour la motivation des personnels travaillant aujourd'hui à SIRENE, mais aussi pour l'efficacité de l'Action régionale en Picardie. A titre d'exemple, le respect de l'arrivée des enquêtes Ménages à Amiens fin 2001 conditionne la réalisation en 2002 d'une extension demandée régionalement pour un montant de 2 millions de francs de l'enquête Santé.

Autre sujet de très grande inquiétude : la suppression du Centre National de Gestion des Publications (CNGP), principal pôle de compétence d'Amiens. Elle est proposée dans un rapport, appuyée par une note signée (n°048/H001 du 26 février 2001) du directeur de la Diffusion et de l'Action Régionale, sans la moindre discussion et concertation avec les partenaires sociaux (nous avons dû " récupérer " ce rapport et le diffuser alors qu'il était caché au personnel). Ce rapport se caractérise de plus par un net manque d'objectivité puisque l'une des parties prenantes (IIS) a directement participée à sa rédaction. Ce parti pris se concrétise, par exemple, par le fait que la dernière hypothèse H4 sur l'évolution du travail du CNPG envisage de transférer l'ensemble des travaux de la vente par correspondance et la gestion des abonnements de l'INSEE dans une direction régionale SAUF à Amiens. Nous désirons connaître les justifications de cette mise à l'écart, à priori, de l'INSEE PICARDIE, où, pourtant, on reconnaît un savoir-faire et une expérience en la matière.

Pire, si cette décision de supprimer le CNGP à Amiens avait été clairement justifiée par des considérations techniques (ce qui n'est pas le cas), aucune proposition n'existe pour fournir à l'INSEE PICARDIE de réels travaux compensatoires. Pourtant, le rapport préconise la suppression du travail de 5 personnes, auxquelles il faut en ajouter une sixième au moins, puisque ce départ aurait des incidences (confirmées par la direction de l'INSEE PICARDIE) sur les effectifs de la Régie, dont au moins 80% de l'activité dépend directement de ce même CNGP. Autrement dit, le directeur de la Diffusion et de l'Action Régionale préconise pour Amiens la suppression d'un pôle de compétence avec le travail de 6 personnes, sans autre contrepartie que renforcer d'une personne le lieu actuel de stockage des publications de l'INSEE à Amiens ! Piètres perspectives d'avenir pour l'INSEE PICARDIE.

Dans ces conditions, on comprend que le personnel de l'INSEE PICARDIE rejette les conclusions de ce rapport. Parce que, au contraire, il souhaite développer l'activité de la direction régionale, il demande que l'hypothèse du maintien du CNGP à Amiens, avec le travail lié à la gestion des abonnements, complété de celui actuellement réalisé à IIS en matière de vente par correspondance, soit examinée et privilégiée.

De plus, nous demandons est la satisfaction d'une revendication ancienne de la direction régionale de Picardie. Parallèlement au CNGP à Amiens, rappelons que l'INSEE PICARDIE abrite aussi le fonds d'archive des ouvrages de l'INSEE. Or, voici trois ans, il avait été question de former la personne s'en occupant aux techniques de reliure et de filmage afin de conserver, copier et/ou restaurer les ouvrages de ce fonds. Ce projet n'a malheureusement pas eu de suite, alors qu'un travail important est toujours à faire. Aussi, nous réclamons que ce projet soit à nouveau d'actualité, tant pour accroître l'intérêt de ce travail que pour garantir l'entretien et la sauvegarde de ce fond, véritable mémoire de la statistique française. Le fait que ce point n'ait pas été abordé dans le rapport de l'Inspection générale sur la gestion des ventes par correspondance par le CNGP, montre à nouveau les faiblesses de ce rapport.

Toujours animés par la volonté de développer l'INSEE PICARDIE, nous proposons, à l'inverse de la suppression du CNGP, que l'on crée à Amiens un nouveau pôle de compétence, parfaitement complémentaire, dans l'esprit de l'Action régionale, des activités que l'on souhaite renforcer du CNGP. Nous proposons en effet que la direction régionale soit le siège du futur pôle mercatique en région, compte tenu de l'expérience ancienne acquise dans ce domaine, l'INSEE PICARDIE ayant été, notamment, en son temps précurseur de la création de la fonction de technico-commercial à l'INSEE. Les différents moyens de communication internes de l'INSEE s'en sont d'ailleurs l'écho à l'époque. Ces deux pôles, CNGP et Mercatique, complétés par un savoir-faire reconnu en matière d'enquêtes auprès des entreprises ou à développer en matière d'enquêtes auprès des Ménages, conforteraient l'engagement de l'INSEE PICARDIE dans le domaine de l'Action régionale. Cela serait aussi une reconnaissance des efforts accomplis jusqu'alors, garantissant ainsi des perspectives d'avenir qui lui font défaut actuellement.

C'est cette proposition d'organisation cohérente de notre direction régionale pour les années à venir que nous souhaitons voir examinée et adoptée. Elle a, à notre sens, beaucoup plus d'ambition et de cohérence que les perspectives actuelles qui conduisent, en tenant compte d'un côté, des travaux que la direction générale voudrait retirer d'Amiens et de l'arrivée de quatre nouveaux adjoints administratifs issus du dernier concours et de l'autre, des travaux arrivant (peut-être) pour compenser SIRENE, à avoir des travaux nouveaux pouvant occuper au mieux une dizaine de personnes alors que près d'une vingtaine serait sans affectation ! Ce serait aussi dans la logique de la direction générale qui semble vouloir appuyer le développement des directions régionales sur ces pôles de compétence et qui prouverait ainsi en choisissant Amiens et son expérience que cela n'est pas réservé aux " grosses " directions régionales.

Les inquiétudes sont également vives en matière d'avenir de la diffusion et des études à Amiens, au vu des orientations préconisées par la réforme OCRE. Les personnels de la diffusion sont opposés à la mise en place de centres d'appel, qui nuiraient tant à leur travail qu'au service rendu auprès de nos publics. Ils ont réaffirmé au contraire leur souhait d'un maintien à l'INSEE PICARDIE de toute la réponse courrier, d'une réponse en salle d'accueil qui doit demeurer ouverte à tous les publics et d'un accueil téléphonique avec fourniture de chiffres au téléphone. Ils ont clairement en cela repris à leur compte le contenu et les orientations adoptées par les agents d'accueil de l'INSEE Rhône-Alpes dans leur charte, un point de vue plus conforme à notre mission de service public.

En matière d'études, l'inquiétude est grande que les PSAR limitent les initiatives des autres directions régionales non PSAR en ce domaine, tant en matière d'investissements, de contacts ou de réalisations d'études. De plus, du point de vue service public, il ne paraît sain de couper les centres d'investissement du contact avec le terrain que seuls les intervenants des directions régionales peuvent avoir. Enfin, ce système peut conduire à dévaloriser les postes de chargés d'études non situés en PSAR, ce qui serait dommageable à l'image de marque de directions régionales comme Amiens, qui souffre déjà d'un problème d'attractivité et de reconnaissance. Nous demandons que la mutualisation des études adopte plutôt l'organisation préconisée dans la note du 14 mars 2001 sur OCRE pour le thème des synthèses locales, où, " par un souci de meilleur équilibre entre les régions ", on préféra une coopération entre plusieurs régions plutôt qu'un PSAR. Cela permettrait aussi de garder plusieurs points de contact avec le " terrain " que n'auront pas les PSAR. Nous demandons que l'on privilégie ce travail en réseau plutôt qu'une concentration de tous les moyens dans une seule et même direction régionale.

L'ensemble de ces préoccupations, non exhaustives (on pourrait ajouter l'avenir de la conjoncture régionale, de l'informatique, etc.), fait que, mis bout à bout, on ne perçoit pas de perspectives crédibles à court et moyen terme pour l'INSEE PICARDIE.

A propos d'informatique, nous avons demandé depuis janvier à la direction de l'INSEE PICARDIE la possibilité d'être, au plan national, direction régionale test de certaines applications informatiques. Cela ne serait que reconnaître les potentialités des informaticiens régionaux qui interviennent déjà régulièrement pour participer à la résolution de problèmes informatiques.

Aussi, il existe un profond décalage entre ces préoccupations et le contenu programmé de votre visite du 30 mars prochain. Outre les problèmes déjà évoqués, il aurait été, par exemple, plus judicieux d'avoir une réunion consacrée aux propositions concrètes de la direction générale, si elles existent, de l'organisation et des conséquences de OCRE dans une direction régionale de petite taille comme Amiens. Malheureusement, cette occasion nous semble manquée.

Espérant une nouvelle fois que notre rencontre sera l'occasion de réponses concrètes à nos préoccupations et d'une prise en compte favorable de nos propositions, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Directeur général, l'expression de nos meilleurs sentiments .