Syndicat C.G.T.
INSEE PICARDIE

 

 

 

Exploitation des questionnaires collectés à l'Insee de Picardie

à propos de la réduction du temps de travail
  Novembre 1999

37 questionnaires ont été recueillis et exploités



CE QU'IL FAUT RETENIR

 

 

I. Temps de travail et aspirations individuelles

 

Parmi les répondants de la DR, 75% sont à temps plein. 57% aspirent à travailler 4 heures de moins par semaine 21% souhaiteraient pratiquer 32 heures hebdomadaires et 13% veulent continuer à travailler autant qu'aujourd'hui.

En cas de réduction du temps de travail, une forte majorité la consacrerait, en premier, à la " vie de famille-relations amicales " (65%) puis aux " loisirs personnels " (24%).

Près de 50% des répondants privilégieraient ½ journée de travail en moins, 27% préféreraient des journées de travail plus courtes et 19% des jours de congés supplémentaires.

La moitié des répondants serait prêt à travailler en horaires décalés selon les besoins du service (la moitié contre), mais une large majorité refuse une annualisation du temps de travail (68%) toujours selon les besoins du service ou de travailler le samedi (70%)

 

II. La réduction du temps de travail à l'INSEE

 

76% des agents pensent que la réduction du temps de travail à l'Insee devrait permettre de dynamiser l'Institut par l'embauche de jeunes et 70% d'embaucher des chômeurs.

1 agent sur 2 considère que la réduction du temps de travail devrait être l'occasion d'améliorer l'organisation du travail. Pour 57% des agents, la réduction du temps de travail pourrait engendrer une augmentation de la charge de travail individuelle, mais un peu plus de 50% pensent qu'elle ne déboucherait pas nécessairement sur une baisse de la production ou de la qualité du travail ou une désorganisation des services.

 

III. Réduction du temps de travail et compensation salariale

 

70% des agents refusent à la fois une baisse de salaire et une modération des augmentations futures et 65% pensent que cette mesure est envisageable avec un maintien du pouvoir d'achat pour tous.

Alors qu'une baisse de salaire ou une modération des augmentations futures seraient acceptées respectivement par 14 et 19% d'entre eux, 24% opteraient plutôt pour un maintien du pouvoir d'achat jusqu'à un certain niveau de salaire que certains situent au-delà de 15000F.

 

 

IV. Action pour la réduction du temps de travail

 

Près de 80% du personnel considèrent que la réduction du temps de travail à l'Insee serait une mesure nécessaire parmi d'autres ou indispensable. Toutefois, 16% la jugent toutefois pas très utile. Une majorité de répondants (67%) pensent que la réduction du temps de travail est une mesure qui nécessite des dispositions au niveau de la Fonction publique, 62% au niveau de l'INSEE. Pour une quasi-unanimité du personnel (87%), l'embauche de jeunes constitue une condition indispensable pour que la réduction du temps de travail soit une bonne chose. Ils sont d'ailleurs 55% des agents à la citer comme priorité n°1 parmi les six choix proposés dans le questionnaire.

49% des agents considèrent néanmoins que la compensation salariale pour tous serait une mesure positive, 46% estimant quant à eux qu'une solidarité entre hauts et bas salaires et une réorganisation des services sociaux devraient accompagner la réduction du temps de travail.

59% des agents sont prêts à participer à un mouvement en faveur de la réduction du temps de travail, 27% ne le sont pas. 14% ne se prononcent pas.

 

V. Les répondants : quelques renseignements supplémentaires...

 

- 57% des répondants sont des femmes, 41% des hommes.

- 37% des agents ont de 35 à 39 ans.

- 54% des répondants sont entrés à l'Insee avant 1985.

- 16% des agents vivent seul et 76% en couple.

- 30% n'ont aucun enfant à charge, 54% au moins un enfant à charge.

- 41% sont cadres C, 46% cadres B, 8% cadres A.

- 57% du personnel ont un temps de trajet journalier (aller-retour) inférieur à une demie heure.


Fonction publique

C.G.T., FSU et FO s'unissent pour l'emploi

La seconde loi sur les 35 heures, votée le 19 octobre dernier, n'intègre pas les fonctions publiques. Par conséquent, la réduction du temps de travail, pour ce qui nous concerne, est soumise à la bonne volonté du ministre de la Fonction publique, aussi bien pour la date que pour la façon de la mettre en oeuvre.

C'est pourquoi il est important d'agir et d'agir dans l'unité.

Aussi, les 3 principaux syndicats de la Fonction publique, C.G.T., FSU et FO, font cause commune sur les 35 heures, déterminés à peser sur le gouvernement afin qu'il mette la question des créations d'emplois au centre des négociations à venir. Ils l'ont réaffirmé lors d'une conférence de presse commune.

Les 3 syndicats veulent des " créations nettes d'emplois statutaires et le recrutement de titulaires pour rendre effective la réduction du temps de travail ", au-delà du seul remplacement des départs en retraite (43% des agents d'ici 10 ans). Ils exigent aussi la titularisation des précaires. Pour eux, la question de l'emploi pose celle de l'avenir du service public : avons nous trop d'infirmières, d'enseignants, de policiers ?

LA C.G.T., la FSU et FO s'unissent donc pour refuser le " principe de la non-création d'emplois érigé en véritable dogme par le gouvernement ". Comment reprocher aux patrons du privé l'absence d'embauches avec les 35 heures, si l'Etat, en tant qu'employeur, ne montre pas l'exemple ?