C.G.T. INSEE PICARDIE



L'actualité

Retraites dans la Fonctions publique : les 7 mensonges du patronat

Le MEDEF mène campagne pour dénoncer les prétendus " privilèges " dont bénéficieraient les fonctionnaires en matière de droits à la retraite, dans le but d'harmoniser l'ensemble des régimes par le bas. Sources à l'appui, la CGT ne relève pas moins de sept contrevérités dans le discours patronal.

 

Les effets pervers des exonérations de charges sociales

 

Les politiques d'allégement de cotisations sociales tirent l'ensemble des salaires vers le bas. En effet, ces politiques ont eu un effet pervers en ce qu'elles sont une forme d'incitation à la multiplication d'emplois peu payés dans la mesure où ce sont justement ces emplois qui ouvrent droit à exonérations. Ajoutons qu'il y a là une forte pression contre les augmentations de ces bas salaires puisque, en cas de hausse, ceux-ci sortent du droit à exonération.
On peut constater les dégâts dans le secteur privé. En 1991, 8,6% des salariés étaient payés au SMIC, en 2000, ils étaient 13,6%. En 1993, le salaire médian représentait 1,72 fois le SMIC, il n'était plus que de 1,62% en 1999.

 

Les anciens érémistes retrouvent des emplois plus précaires à salaires plus faibles

 

Moins on indemnise le chômage, plus on contribue à faire baisser les exigences des chômeurs en terme de salaire, plus on contribue à dégrader la norme d'"emploi convenable", et à remettre en cause le principe d'un salaire minimum garanti. Consacré au RMI, le numéro de février 2002 d'Economie et Statistique, revue mensuelle de l'INSEE, en donne une illustration en comparant les salaires "demandés" par les chômeurs érémistes et par les demandeurs d'emploi qui touchent l'allocation ASSEDIC, globalement supérieure au RMI. "Les chômeurs au RMI ont un salaire de réserve plus faible que les autres chômeurs : deux sur trois demandent au plus le SMIC horaire pour travailler, alors que les deux tiers des autres chômeurs demandent au moins le SMIC horaire" écrit Laurence Rioux. "De même, le salaire finalement accepté par les chômeurs au RMI est nettement plus faible que celui accepté par les autres chômeurs, poursuitl'auteur de l'étude. C'est vrai pour le salaire horaire : 5,42 euros (35,55 francs) contre 6,61 euros (43,35 francs).Ca l'est encore davantage pour les salariés mensuels, puisque les anciens chômeurs au RMI sont plus souvent employés à temps partiel que les autres anciens chômeurs : 640,30 euros (4200 francs) contre 990,30 euros (6795 francs). " Ainsi, 54% des anciens allocataires du RMI gagnent moins de 533,60 euros (3500 francs) par mois, et 38% d'entre eux seulement dépassent les 762,25 euros ( 5000 francs). L'ensemble des articles dressent un bilan de treize ans de RMI. Pour les auteurs, l'allocation a certes permis d'alléger des situations de très grande pauvreté" mais, sur le plan de l'insertion, "le bilan reste mitigé : les emplois retrouvés sont souvent temporaires ( CDD ou emplois aidés), à temps partiel et rémunéré au SMIC horaire. Les emplois aidés, pourtant fréquents, débouchent rarement sur des CDI."

 Retraites : les propositions de la CGT

 

Le MEDEF affiche sa volonté de réduire le système de retraite par répartition jusqu'à ce qu'il rentre dans l'enveloppe financière que veulent bien concéder les entreprises. Face à cette offensive, il ne s'agit pas de nier les problèmes nouveaux que doivent affronter les régimes de retraites. Mais à l'opposé de tout catastrophisme, la CGT affirme qu'il est possible de construire les solutions qu'attendent les salariés et les citoyens : nous préférons miser sur la solidarité dans et entre les générations que sur l'individualisme et la " loi glacée " de la solvabilité.

Nouvelle polémique sur les chiffres du chômage

 

En novembre 2001, les médias et la presse ont fait grand bruit à propos de modifications imminentes du calcul du taux de chômage par l'INSEE : " En retenant une définition plus stricte, l'Insee s'apprête à baisser de 0,2 point le taux de chômage mensuel. Cette révision intervient à l'approche des élections, après 5 mois de hausse du nombre des demandeurs d'emploi(…)

La dégressivité des allocations chômage n'a pas favorisé le retour à l'emploi

Une étude de l'INSEE , publiée dans la revue mensuelle de l'Institut et portant sur l'assurance chômage en France entre 1986 et 1996, compare les effets du système d'allocation dégressive à celui qui prévalait avant 1992, où l'indemnisation ne connaissait qu'une seule baisse, lors du passage de l'allocation de base à celle de fin de droits. Les auteurs montrent que la dégressivité instaurée au prétexte qu'elle aurait encouragé le retour à l'emploi n'a pas joué ce rôle. Elle a, au contraire, renforcé les inégalités : ainsi, le taux de retour à l'emploi des femmes est inférieur à celui des hommes. Cet écart s'est creusé avec la mise en place de l'allocation dégressive : le taux de reprise d'emploi des hommes de 40 à 50 ans est 1,7 fois supérieur à celui des femmes du même âge après 1992. Il était de 1,5 fois suupérieur auparavant.

Accidents du travail sous-estimés

Une enquête nationale menée entre mars 1997 et mars 1998 auprès de 20000 salariés interrogés directement en dehors de leur entreprise révèle une sous-estimation des accidents du travail en France et suggère la définition d'un outil statistique moins restrictif que celui de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM). Publiée dans la revue Travail et Emploi d'octobre 2001 de la DARES (service statistique du Ministère du Travail), elle montre que 8,5% des salariés interrogés ont répondu avoir eu "un accident même bénin au cours des 12 derniers mois les ayant obligés à se faire soignés", soit 1650000 personnes (1350000 pris en compte par la CNAM), dont 911000 nécessitant un arrêt de travail (et seulement 691000 selon la CNAM). L'écart est d'autant plus notable que l'enquête ne prend pas en compte les accidents mortels (672 en 1998 selon la CNAM), les accidents les plus graves ainsi que des cas de "poly-accidentabilité".

Tests génétiques au travail : attention danger

 

Si vous pensez que la sélection génétique des travailleurs, c'est de la science fiction, vous n'y êtes pas du tout. L'imagination cauchemardesque de George Orwell n'est pour rien dans ce projet bien réel du MEDEF qui vient de subir un premier recul, mais reste pleinement d'actualité avec la révision des lois sur la bioéthique.

Les astuces de l'ANPE pour gonfler ses offres

Les résultats des chiffres des offres d'emploi collectées par l'ANPE et des chômeurs placés sont en partie contestés. Ils seraient surévalués par un " système pernicieux et très ancré " à l'ANPE : celui du " bidouillage des chiffres " du service public de l'emploi, soumis par sa tutelle, le ministère de l'emploi, à " des objectifs démesurés au mépris de la manière dont ils seront atteints "

Comment calculer la richesse nationale ?

Aujourd'hui, le calcul de la richesse créée ne prend en compte que les échanges monétaires, les moyens pour créer cette richesse et non les fins, et repose essentiellement sur des biens matériels standardisés. En revanche, il ne mesure pas le contenu et la qualité de la croissance, minimisant ainsi ce qui est porteur du développement humain.

Nouveaux droits contre les licenciements

Le droit à l'emploi est inscrit dans la Constitution française. Il ne sera effectif que si la loi consacre un nouveau statut au travail salarié. C'est tout le sens des propositions que formule la CGT.

Les principaux représentants syndicaux des médecins et des salariés proposent un projet alternatif de réforme de l'assurance maladie

Prenant acte que le système conventionnel d'assurance maladie est dans l'impasse, la Confédération des syndicats médecaux français (CSMF) , le syndicat des médecins libéraux (SML) , la fédération des médecins de France (FMF), les syndicats CGT-FO, CGT, CFTC, CFE-CGC se sont d'accord sur un projet ambitieux d'une véritable réforme de l'Assurance Maladie. Pour la première fois, les bases d'une véritable "refondation sociale" ne reposent pas sur les propositions du MEDEF.

Pourquoi les statistiques des accidents du travail sont-elles faussées

Les statistiques pour 1999 des accidents du travail et des maladies professionnelles montrent que les atteintes à la santé au travail s'aggravent (+4,2% par rapport à 1998). Ces chiffres sont pourtant bien loin de refléter la réalité des accidents dans les entreprises. En effet, elles reposent sur les déclarations des employeurs, acceptées par la Sécurité sociale, qui ont tendance à diminuer l'ampleur du phénomène. En outre, elles sont partielles et incomplètes.

Les entreprises picardes n'investissent pas

Le discours des chefs d'entreprises sur la pénurie de main d'œuvre masque la principale raison qui explique le fait que certaines entreprises sont en sur-régime ou ne peuvent satisfaire certaines commandes : les entreprises, surtout en Picardie, souffrent d'un manque d'investissements. C'est ce que montrent les enquêtes de la Banque de France et de l'INSEE.

Le devenir des retraites ne se résume pas à la recherche d'un simple équilibre financier

 

L'allongement de la durée de cotisations retraites à 45 ans, comme le propose le MEDEF, ne feraient que creuser encore plus les inégalités des salariés face à la retraite. En fait, le financement de la retraite est d'abord un problème de population active et de pleine utilisation des capacités humaines. De même, il faut réformer les cotisations des entreprises, en modulant leur contribution : il s'agirait d'accroître le taux des cotisations des entreprises qui diminuent l'emploi alors qu'elles augmentent profit et richesse produite

"Il n'y pas de pénurie de main d'oeuvre !"

Dominique Taddei, du Conseil économique et social, conteste la vision sociale-libérale du plein-emploi. Dans un entretien, il montre que les blocages de la croissance des entreprises françaises résultent plus du déficit d'investissements que du manque de main d'oeuvre. Cela tient au fait que les profits records sont surtout allés dans les placements financiers. Pour les difficultés de recrutement, les solutions résident dans la formation, les conditions de travail et la revalorisation des salaires.

Faux chômeurs ou vrai dérapage statistique ?

A la mi juillet 2000, une étude publiée par l'INSEE annonçait que 57% du "non-emploi" serait en France volontaire. Depuis, cet argument est largement exploité pour tenter de justifier la fin du SMIC et la remise en cause du RMI, ainsi que l'impossibilité de revenir au plein emploi. Une étude biaisée, dont les faiblesses scientifiques mettent mieux en valeur ses objectifs et résultats très politiques, encensés par le Medef


 

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